[CRITIQUE] Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, de James Gunn

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Très attendu au tournant, James Gunn a la lourde tâche de faire une suite aussi réussie que le premier volume. Ayant visiblement eu carte blanche, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 se révèle bien plus fun et plus coloré, tout en troquant le coté épique pour approfondir ses personnages et créer un récit plus intime et moins dans l’esbroufe. Voguant dans un entre-deux déroutant, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 ne déçoit pas : débridé, drôle et pêchu, le film de James Gunn perd peut-être l’effet de surprise du premier opus mais propose une histoire aboutie en évitant brillamment la redite.
Et je pense qu’il est sincèrement temps de créer un Groot pour de vrai : j’en veux un !!

Le pitch : Musicalement accompagné de la « Awesome Mixtape n°2 » (la musique qu’écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l’équipe alors qu’elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel.

2 ans et demi après l’énorme succès des Gardiens de la Galaxie en 2014, la bande de « A-holes » sont de retour sous la houlette de James Gunn pour un nouvel opus, ancrée dans une Phase 4 haute en couleurs et annonciatrice de changements. Alors que les films de super-héros semblent tous vouloir changer de cap en étant moins solennels et en se détournant des traitements trop traditionnels, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 conserve les points forts du premier film (l’humour, la coolitude des personnages et Groot) et les amplifient, notamment dans une première partie explosive. Dès les premières minutes, on en prend plein les yeux et les oreilles à travers un visuel débridé et étourdissant, tandis que la bande-originale boostée par les années 80 finit de cristalliser des scènes spectaculaires. James Gunn trouve le bon ton, sans jamais abuser de ses atouts de départ : le festival hyper coloré reste lisible en toute circonstance, même avec l’avalanche massive d’effets spéciaux, et bien que Groot continue d’être la star du film, il n’en fait jamais trop et laisse la place aux autres personnages de briller. Et d’ailleurs, les personnages sont justement placés au centre de ce volume 2.

En effet, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 c’est surtout le plaisir de retrouver les autres visages familiers du premier opus, tel que Nebula et Yondu, tandis que l’intrigue du film vient peu à peu se recentrer autour du thème de la famille. Et c’est à partir de là que le film déroute : après un premier essai validé qui a cartonné grâce à son caractère novateur et décomplexé qui misait autant sur la découverte que l’humour, James Gunn avait la difficulté de devoir faire, a minima, tout aussi bien en évitant la répétition. Là où beaucoup de films numéro 2 reprennent les mêmes et recommencent scolairement, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 choisit de creuser un peu plus ses personnages. Alors que l’intrigue principale tourne autour de Star-Lord qui retrouve son père, Ego, le film explore également les histoires personnelles des autres Gardiens, exposant ainsi les failles des uns et des autres pour finalement mieux mettre en avant la notion de famille de substitution. Finalement, si Nick Fury avait poussé les Avengers à s’unir une première fois – à travers la mort de Coulson, ici le film questionne le passé de ses héros, de la place du père à celle du leader, avant de les unir malgré leurs différences, à travers un besoin plus puissant que l’honneur ou l’héroïsme. Ce nouveau volet a une volonté plus intimiste qui surprend et si le fond est intéressant, cela prend souvent le pas sur la forme : James Gunn veut prouver que son premier film n’est pas qu’un one-shot et dose de façon égale le fond et la forme, du coup l’ensemble est si dense qu’il frôle parfois la surchauffe.

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Évidemment, vu le nombre de storylines et de récits cumulés, James Gunn a du faire un choix : sacrifier le coté épique du film pour miser sur le fond afin de maintenir le cap. Souvent étourdissant, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 reste toujours aussi fun et divertissant, mais en traitant des sujets parfois douloureux, l’ensemble perd un peu de sa bonne humeur en cours de route.
Oui, James Gunn a fait du bon boulot : faire une suite à un film de super héros connu pour être drôle n’est pas forcément une tâche aisée (hello Deadpool 2, on t’attends au tournant toi aussi), surtout quand le public devient à la fois exigeant et lassé. En optant pour un ton un poil plus dramatique, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 étonne par son écriture juste et créative (l’adaptation de Ego est simplement géniale) à laquelle nous n’étions pas habitués, tout en continuant de faire évoluer ses personnages en parallèle du MCU. Plus sérieux, oui, voire un peu tristoune vers la fin, mais dans la déconne quand même : James Gunn n’a plus besoin de faire de l’esbroufe et s’offre le luxe de raconter une véritable histoire étonnante et ancrée dans l’univers cosmique, de Marvel, toujours imperméable aux aventures des Avengers.

Néanmoins, il faut reconnaître que le résultat est toujours aussi cool et bien inspiré. James Gunn réinvente le space opera en en faisant un terrain de jeu nourri par l’enfance : entre des références comics toujours bien placés (la planète !) et un univers où les années 80 restent très présentes à travers une approche toujours liée au divertissement, comme des affrontements en vaisseaux spatiaux qui ressemblent à une partie géante de jeux d’arcade à l’ancienne (je pense d’ailleurs à la référence au jeu Galaga dans Avengers…). S’ajoutent à cela la créativité au niveau des décors et des tableaux, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 voyage dans un imaginaire bien fourni, cohérent et souvent extraordinaire, laissant ainsi peu de place à l’ennui. James Gunn s’est visiblement éclaté à la réalisation Peut-être un peu trop car le film est visuellement si dense que je trouve qu’il lui manque une ou deux scènes charismatiques – à part le générique de début.
Vu que James Gunn est déjà confirmé pour un troisième bébé, il n’y a plus qu’à attendre… probablement en écoutant la très bonne bande-originale Awesome Mixtape n°2, omniprésente dans le film !

Au casting : Chris Pratt (Passengers, Les Sept Mercenaires…) reprend la tête des Gardiens, entouré par Zoe Saldana (Live By Night, Star Trek : Sans Limite…) et Dave Bautista (Bus 657, Spectre…), à l’aise dans leurs rôles qui sont à présent installés, parfois un peu trop (Drax est bien plus détendu et prompt à rire que le premier film, çafait bizarre). Bradley Cooper (War Dogs, Joy…) donne de la voix pour un Rocket Raccoon toujours plus cool et Vin Diesel (Fast and Furious 8, xXx: Reactivated…) est cette fois moins reconnaissable en Baby Groot, mais le CGI rend le personnage suffisamment génial pour oublier ce détail.
Autour d’eux, d’autres habitués volent parfois la vedette aux héros : Sean Gunn monte en grade (merci frérot), Michael Rooker (The Walking Dead…) anime pas mal le film et Karen Gillan (The Big Short…) est encore plus badass (que Zoe Saldana), tandis que chez les petits nouveaux : Kurt Russell (Fast and Furious 8, Les Huit Salopards…) pue la classe en planète (!), Pom Klementieff (Old Boy, Paris À Tout Prix…) joue une Mantis adorable et Elizabeth Debicki (Agents Très Spéciaux, Everest…) est plus portée par son look que remarquable.
Il y a aussi pas mal de caméos, dont évidemment Stan Lee et celui annoncé de Sylvester Stallone, mais chuuuut… on reviendra là-dessus.

En conclusion, alors que je m’attendais à retrouver un film à la fois drôle et épique, James Gunn va légèrement à contre-sens en choisissant de développer un peu plus ses personnages, plutôt que d’en faire des clowns à gag unique. Si c’est une bonne chose, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 déroute, car il propose un film dense et haut en couleurs (dans tous les sens du terme), face à une histoire portée par l’humour, certes, mais aux sous-textes parfois tristes. Bien qu’il soit un cran en dessous du premier film pour cause de too-much et de manque d’epicness, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 reste, évidemment, un cocktail dynamique et accrocheur devant lequel on ne peut que s’éclater, les mirettes grandes ouvertes. À voir (en IMAX, si possible).

Ps : Oh, et il y a bien une… non, deux… euh… 1, 2, 3… Ah oui, il y a CINQ scènes bonus dans le générique final ! Des courtes, des moins courtes, juste du fun et parfois du lourd… Bref, restez bien jusqu’à la toute fin du générique, ne quittez pas non plus le générique des yeux. 

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