[CRITIQUE] American Assassin, de Michael Cuesta

Nerveux, criblé d’action et de testostérones, American Assassin propose une intrigue certes classique mais bien rodée, rendant l’ensemble aussi efficace que divertissant. Michael Cuesta livre un film assumé et relativement crédible, qui se démarque des récents opus du même genre qui cherchaient trop à duper le spectateur. Ici, American Assassin adapte un anti-Bond, sur fond de revanche et de terrorisme, dans un ensemble haletant et agréablement surprenant, porté par un casting convaincant et une énergie mordante. Que demander de plus ?

Le pitch : Nouvelle recrue d’une équipe d’élite officiant pour le contre-espionnage américain, Mitch Rapp va suivre un rude entraînement mené par Stan Hurley, formateur légendaire de la CIA. Face à une vague d’attaques terroristes sans précédent à travers le monde, les deux hommes vont devoir s’attaquer à Ghost, un individu aussi dangereux qu’insaisissable, ayant pour intention de déclencher une guerre nucléaire.

À première vue, American Assassin semble avoir déjà été fait maintes fois, et en y réfléchissant un peu, c’est certainement le cas. Mais si la recette est connue, le résultat varie souvent selon la capacité du réalisateur à transformer une intrigue cousue de fils blancs en une course contre la montre engageante et rythmée. Après un parcours entre drames indépendants (12 and Holding…) et séries à succès (Six Feet Under, Dexter, Homeland…), Michael Cuesta s’était déjà essayé au thriller d’action, teinté d’espionnage et de complots, avec l’anecdotique Secret d’État (2014). 3 ans plus tard, le réalisateur revient avec American Assassin et une intrigue pas plus innovante que la précédente, mais bien mieux maîtrisée et divertissante.

Adapté d’une série de romans « Mitch Rapp » écrits par Vince Flynn, American Assassin colle à l’actualité en proposant un thriller d’action mêlant terrorisme et espionnage, à travers un personnage recruté en dehors des clous, défiant des personnages tels que James Bond et autres Ethan Hunt.
En effet, dès les premières minutes, American Assassin affiche ses clichés de façon assumée avant de se reposer dessus pour faire avancer son intrigue, marqué par l’esprit de vengeance de son héros bien déterminé à jouer les justiciers, avant d’être recruté par la CIA pour suivre un entraînement top secret. On va pas se mentir, ce n’est pas ce film qui va révolutionner le genre, mais on ne peut pas dire que les récents thriller d’action et d’espionnage qui ont tenté la carte de la complexité aient été de grands succès (Conspiracy, Atomic Blonde…). Du coup, le film de Michael Cuesta fait du bien, avec son histoire linéaire, assumée et suffisamment exploitée, tandis que c’est finalement la réalisation et la mise en scène qui fait toute la différence. American Assassin choisit une tonalité nerveuse, ponctuée par des rebondissements et des scènes d’action qui viennent dynamiser la trame. 

Pas de fioriture, de bons sentiments ni de romance pour ralentir la cadence, Michael Cuesta évite de sombrer dans les pièges trop faciles et se focalisent sur ses personnages et leurs vendettas personnelles. D’ailleurs, c’est justement là qu’American Assassin s’émancipe, avec son ambiance un peu poisseuse. Le film ne prend pas de pincettes : moins spectaculaire qu’un John Wick et un chouilla plus réaliste qu’un Jason Bourne, American Assassin utilise le caractère impulsif et rongé par la colère de son héros à travers des affrontements moins cleans, mais plus réalistes et – huhu – percutants, rappelant les derniers James Bond circa Daniel Craig. Michael Cuesta livre un film simple, maîtrisé et surtout assez divertissant pour passer outre son scénario globalement très safe.

Au casting, un trio accrocheur et convaincant avec un Michael Keaton (Spider-Man : Homecoming, Le Fondateur, Spotlight…) détonnant aux cotés d’un Dylan O’Brien (Le Labyrinthe, Le Labyrinthe : La Terre Brûlée, Les Stagiaires…) qui assure (surtout quand on sait que Chris Hemsworth devait initialement avoir le rôle) et d’un Taylor Kitsch (True Detective, The Normal Heart, Savages…) beaucoup trop rare sur grand écran. Pour la touche féminine, si Sanaa Lathan (Insaisissables 2, Contagion…) tient la route, Shiva Negar (Alphas, The Art Of More…) fait ses premiers pas sur grand écran, avec un rôle qui n’a rien à envier dans cette trame hyper masculine.

En conclusion, classique et déjà vu, oui, mais bien fichu et hyper efficace : American Assassin accroche grâce à un rythme nerveux et maîtrisé, entre actions et testostérone. À voir !

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