[CRITIQUE] Spider-Man : New Generation, de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman

Le pitch : Spider-Man : New Generation présente Miles Morales, un adolescent vivant à Brooklyn, et révèle les possibilités illimitées du Spider-Verse, un univers où plus d’un peut porter le masque…

Après 5 films cinéma et deux reboots, Peter Parker est la version de Spider-Man la plus connue du public. Il était donc temps d’introduire un autre homme-araignée presque autant apprécié par les lecteurs de comics, Miles Morales, un autre Spider-Man vivant dans un univers parallèle. Et c’est à travers un des formats qui lui réussit le mieux, l’animation donc, que Sony choisit de raconter ses aventures dans Spider-Man : New Generation (Into The Spider-Verse).

Alors que la notion d’univers partagé est devenue old school, que chaque adaptation super-héroïque commence à aborder le sujet du multiverse (les séries CW, notamment The Flash, ont déjà maîtrisé l’art de voyager dans différents mondes alternatifs) et que les poids lourds comme Marvel Studios teasent la même notion (le microverse d’Ant-Man…), c’est Spider-Man : New Generation qui fonce dans le tas en proposant une aventure délirante et effervescente où plusieurs porteurs du masque se retrouvent dans la même réalité. Et le hasard malheureux aura voulu que l’une des meilleures adaptations de ce héros sorte l’année où il a perdu ses deux créateurs, Steve Ditko et Stan Lee.

Oui, vous avez bien lu : l’une des meilleures adaptations ! Écrit en bonne partie par Phil Lord et Chris Miller, le duo terrible qui a réalisé La Grande Aventure Lego avant de se payer le luxe de se retirer d’un projet Star Wars, Spider-Man : New Generation porte haut les couleurs du héros Marvel à travers un film original, divertissant, spectaculaire et drôle qui réunit les codes du comics ainsi que des touches de pop culture et pas mal d’easter eggs pour étoffer un ensemble excellent. De Peter Parker à Miles Morales, en passant par Spider Gwen Woman et bien d’autres, Spider-Man : New Generation change de l’origin story déjà remâchée pour explorer un nouveau décor et surtout un nouveau héros.
Au-delà de proposer un gamin futé, drôle et métissé afro-latino-américain, le film de Peter Ramsey (Les Cinq Légendes…), Bob Persichetti et Rodney Rothman est une petite pépite de bonne humeur et d’aventures ébouriffantes, relevée par des twists jubilatoires et des super-méchants suffisamment sombres pour apporter la juste dose de tension à l’histoire. Explosif et coloré, Spider-Man : New Generation ouvre l’imaginaire illimité du multiverse à travers des personnages inédits sur grand écran – dont un de mes favoris, Spider-Gwen – tout en explorant les pouvoirs et capacités des héros, à travers la transmission du savoir et la cohésion d’équipe. Le passage à l’âge adulte se fait sous la forme de l’apprentissage et de la maîtrise de ses pouvoirs (et responsabilité), faisant de Miles Morales un Spider-Man toujours accessible et attachant.
De plus, l’histoire permet de faire écho à d’autres méchants Marvel, parfois sous des formes plus proches des comics, parfois nouveaux comme le sinistre Rôdeur, certains plus connus pour avoir affronter d’autres super-héros ou d’autres plus familiers mais dans une version alternative. Du coup, en étant aussi dense et étoffé, le film conserve un rythme incroyable et dynamique qui ne laisse aucun temps mort et amuse de bout en bout. Qu’on ait aimé les films ou non, Spider-Man : New Generation n’oublie pas les fans de la première heure en nous régalant avec des clins d’œil et des easter-eggs furtifs mais jubilatoires.

Visuellement, on est encore dans le positif : l’approche graphique mêle numérique et traditionnel dans un patchwork coloré qui joue avec les profondeurs de champs pour donner un effet 3D. Spider-Man : New Generation est ambitieux et met la barre haute pour se démarquer des autres films d’animation sans perdre son ADN super héroïque. Le visuel est hyper vibrant, immersif et cool, permettant aux différents Spider-Men de faire l’étalage de leurs pouvoirs sans être bridés par le réalisme.
Cependant, toutes ces idées aussi bien narratives qu’esthétiques font que le film devient ultra dense et cela se ressent dans les dernières minutes. En effet, la boucle se boucle dans un inévitable affrontement final qui finit par déborder de tous les cotés sous l’effet d’un trop plein de personnages, d’actions, de couleurs et de fils conducteurs à terminer. Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman se retrouvent confrontés aux limites du genre en réalisant un film globalement réussi, certes, mais qui frôle la cacophonie visuelle avec un final difficile à lire à cause d’un style d’animation un poil trop particulier.

Au casting vocal, et en version originale s’il vous plait, plusieurs stars se bousculent au portillon, dont Nicholas Cage (Mandy, Snowden…), Mahershala Ali (Moonlight, Les Figures de L’Ombre…), Zoë Kravitz (Les Animaux Fantastiques 2, Big Little Lies…) ou encore Liev Schreiber (Ray Donovan, Outsider…). Dans le trio de tête, Shameik Moore (Dope, The Get Down…) donne de la voix pour Miles Morales, Jake Johnson (The New Girl, La Momie, Jurassic World…) est un des Peter Parker sans hurler constamment cette fois, Chris Pine (Wonder Woman, Un Raccourci dans le Temps…) s’invite aussi dans la peau de l’homme-araignée et Hailee Steinfeld (Pitch Perfect 3, New York Melody…) redevient cool en jouant Spider Gwen (sans chanter une seule fois).
Evidemment, le rendez-vous avec le caméo le plus attendu des films de super-héros est à l’honneur et pour la première fois de façon posthume, avec Stan Lee.
D’autres surprises sont également au rendez-vous, mais chuuut, je n’en dirais pas plus.

En conclusion, si certains crient déjà au meilleur film Spider-Man, je préciserai tout de même que l’animation permet plus de liberté qu’un film en prises de vues réelles. Ceci étant dit, Spider-Man : New Generation est un film d’animation génial, débordant d’idées et d’énergie, qui fait honneur à l’un des super-héros les plus populaires… tout univers et toute génération confondues ! Foncez !

PS : restez bien jusqu’à la toute fin du générique pour une scène bonus jubilatoire (non, ce n’est pas le trailer de Spider-Man Far From Home) 🙂

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