[CRITIQUE] Good Boys, de Gene Stupnitsky

Le pitch : Après avoir été invités à leur première fête, Max, Thor et Lucas, 12 ans, paniquent complètement parce qu’ils ne savent pas comment embrasser. À la recherche de conseils, Max, flanqué de ses deux inséparables amis, décide d’utiliser le drone de son père – auquel il n’a évidemment pas le droit de toucher – pour espionner la voisine et son petit ami. Mais tout prend une très mauvaise tournure quand le drone est détruit. Désespérés de devoir le remplacer avant le retour du père de Max, les garçons sèchent les cours pour se lancer dans une véritable odyssée, ponctuée par des choix plus catastrophiques les uns que les autres, allant du vol accidentel de drogue, à une partie de paintball désastreuse au milieu d’une fratrie universitaire, tout en tentant d’échapper à la police et à de terrifiantes adolescentes.

Produit entre autres par Seth Rogen et Evan Goldberg qui ont livré des films tel que Supergrave, Nos Pires Voisins et Sausage Party, ainsi que Lee Eisenberg plus connus pour l’adaptation US de The Office ou la série Hello Ladies, la fine équipe revient avec une version enfantine de leur premier succès, Good Boys, réalisé par Gene Stupnitsky (The Office, Hello Ladies, Bad Teacher…). Le film suit l’histoire de trois garçons qui vont vivre une journée rocambolesque où, peut-être, ils finiront par pouvoir aller à une soirée cool et embrasser des filles.

L’essence de Supergrave colle à la peau du film de Gene Stupnitsky qui calque à l’à-peu-près son intrigue à celle de la comédie de 2007, en moins poussive et moins vulgaire, mais à l’humour tout aussi (pré)adolescente et un trio à la mécanique similaire. Porté par l’adorable Jacob Tremblay, Good Boys suit les péripéties de trois amis du monde moderne qui vont se confronter à leurs premiers émois et une découverte allégée du monde des adultes ados. Si le sexe, la drogue et les gros mots sont au centre de cette aventure, le film s’assure de surtout conserver la naïveté enfantine pour faire jouer la double lecture et garder une ambiance légère sans jamais rebuter.

Si « les internets » et la télé-réalité ont indéniablement créé un gap avec notre enfance et la génération 2010, Good Boys souligne avec brio le besoin d’appartenance qui chamboule les croyances préadolescentes, déchirés entre l’envie d’être cool et celle de rester soi-même. Alors que les désirs des gamins prennent des proportions énormes, le film s’amuse intelligemment avec la vision du monde à dix ans et la réalité parfois grinçante. Gene Stupnitsky reste au niveau de ses personnages principaux et l’histoire va quelque peu dénoncer une perte de l’innocence inquiétante des adolescents d’aujourd’hui en comparaison aux héros de Supergrave à l’époque. Si à l’époque Jonah Hill, Michael Cera et Christopher Mintz-Plasse formaient déjà un trio atypique, ils tentaient de franchir le fossé qui les séparaient du monde des adultes, le vrai, ce qui, pour des ados, semblaient plutôt sain (malgré l’univers trashouille du film). Dix (douze) ans plus tard, Good Boys souligne une génération devenue trop précoce et une moralité vacillante qu’on est en train de laisser aux plus jeunes en guise d’exemple à suivre.

Cependant, si cette réflexion sous-jacente filtre souvent à travers les comédies potaches du duo Goldberg-Rogen (et c’est ce qui fait que j’apprécie beaucoup leurs films, comme Sausage Party d’ailleurs), cela n’empêche absolument pas de passer un excellent moment. Entre aventures, naïvetés et rebondissements en série, Good Boys ne rate aucune occasion de faire mouche en proposant un rythme affolant qui n’aurait pas à rougir devant certains blockbusters de cet été, tandis que le film offre des moments d’hilarité gratinés et inspirés (parfois même par certains films d’horreur récents). De plus, la cuteness du trio rend l’ensemble hyper digeste, les personnages deviennent attachants au fur et à mesure que le film avance, car au-delà de leurs péripéties souvent capillotractées, Good Boys soulève de vraies préoccupations. Alors que l’un doit faire face au divorce de ses parents, l’autre tente de cacher sa passion pour se faire accepter, le film évoque de manière intelligente des sujets difficiles sous couvert d’amitié inébranlable et découverte du bisou.

Au casting, on retrouve donc Jacob Tremblay, ce jeune talent découvert dans Room en 2012 a tâté le terrain dans différents genre (Oppression, Wonder, The Predator) et trouve enfin un rôle de son âge où il peut incarner un gamin de 10 ans avec tout l’imaginaire et l’innocence qui va avec. À ses cotés, deux découvertes : Keith L. Williams (Kidding…) et Brad Noon (Boardwalk Empire…) complètent un trio équilibré oscillant entre le coté trouillard de l’un et l’envie de briser les règles de l’autre. Autre gamin notable, c’est Izaac Wang qui incarne Soren, le leader de la coolitude en sixième.
Chez les plus grands, on retrouve Molly Gordon (Booksmart…) et Midori Francis en ados terribles, tandis que Stephen Merchant (Hello Ladies, Logan, Millenium : Ce Qui Ne Me Tue Pas…) s’offre une apparition dans des scènes à hurler de rire.

En conclusion, quelque part entre South Park et Supergrave, le film de Gene Stupnitsky surprend agréablement en livrant une comédie littéralement collégienne, souvent potache mais mesurée dans le politiquement incorrect. L’humour trash à hauteur d’enfants, ça paraissait risqué mais Good Boys s’en tire haut-la-main surtout parce que, il faut bien l’avouer, ces gamins sont hyper attachants. À voir !

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