[CRITIQUE] Last Christmas, de Paul Feig

Sortez vos bouillottes et autres chocolats ou vins chauds : la saison des films de Noël est arrivée au cinéma. Last Christmas est une romance mignonne et chaleureuse, dans laquelle une rencontre va permettre à des personnages en suspens de retrouver un sens à leur existence. Entre meet cute et bons sentiments, le film de Paul Feig se pelotonne dans la guimauve sucrée et faussement british, quitte à décevoir ceux qui – comme moi – espéraient retrouver l’humour auquel le réalisateur nous avait habitué.

Le pitch : Kate traîne derrière elle une série de mauvaises décisions et erre dans Londres au son des grelots accrochés à ses bottes de lutin, seul emploi qu’elle ait réussi à décrocher dans une boutique de Noël. C’est pourquoi elle n’en croit pas ses yeux quand elle rencontre Tom qui semble voir en elle bien plus que ce qu’elle laisse paraître. Alors que la ville se pare de ses plus beaux atours pour les fêtes de fin d’année, rien ne semblait les prédisposer à nouer une relation. Mais parfois, il suffit de laisser opérer la magie de Noël, d’ouvrir son cœur et d’y croire…

Décidément inspiré par des films mettant en scène des femmes aux premières loges, Paul Feig s’essaye à différents genres pour dessiner ces mêmes héroïnes à la fois ordinaires mais toujours un poil perchées : comédie potache avec l’hilarant Mes Meilleures Amies, film d’espionnage subversif avec le très bon Spy, la science-fiction pop avec son reboot controversé SOS Fantômes ou encore le thriller glamour avec L’Ombre d’Emily. Cette fois, le réalisateur américain s’intéresse aux films de Noël à l’accent plus ou moins british avec Last Christmas, racontant l’histoire d’une jeune femme un peu paumée qui va rencontrer un jeune homme mystérieux.

Entre comédie très romantique et charme de saison, Last Christmas nous entraîne dans un récit coloré et attachant dans lequel les péripéties s’enchaînent, au détriment de notre ancienne Mother of Dragons que l’on découvre souriante et insouciante (et anglaise). Ou presque, car derrière la légèreté affichée, le film explore un traumatisme grave qui motive les (mauvais) choix de notre héroïne, déchirée entre une histoire familiale imposante et une certaine perte d’identité ou de sens. Last Christmas est une invitation à chérir les siens et chaque minute du temps qui passe, tandis que les fêtes de Noël inspire à vouloir aider son prochain. Le film égrène les bons sentiments dans une ambiance chaleureuse et pas désagréable pour un sou, tandis que nos personnages, plutôt attachants, se retrouvent pour une conclusion originale (et chantante).

Si l’ensemble est globalement satisfaisant, il faut avouer que Paul Feig nous a déjà proposé mieux. Connu pour ses comédies désopilantes ou marquées par un humour certain même dans un thriller glacé, le réalisateur étonne en conservant une approche très sage et romantique pour conter un film de Noël qui, avouons-le, aurait tout aussi bien pu faire l’affaire sur une plateforme de VOD. Malgré sa conclusion un poil surprenante, Last Christmas propose une histoire relativement conformiste et classique, débordante de guimauve tout en tentant de nous accrocher à ce duo souriant qui se rencontre presque par magie. De plus, le décor londonien ne fait qu’accentuer la différence entre la romcom américaine, trop découpée et attendue, et la romcom british, plus espiègle et décalée : Paul Feig tente l’exercice mais en dehors de ses personnages un poil caricaturaux et l’accent anglais (en VO), Last Christmas n’est qu’une énième redite d’un genre déjà très formaté.
Et bien sûr, vous reprendrez bien un peu de George Michael : la bande-originale est ponctuée par la chanson éponyme et autres morceaux de l’artiste et/ou du groupe Wham!… sans que cela ait une véritable incidence sur l’histoire.

Ceci étant dit, j’ai trouvé la conclusion très touchante à la pointe de mélancolie suffisante, rappelant que derrière toutes ses lumières et autres joyeusetés, Noël peut aussi être une période sombre pour certains.

Au casting : brune et anglaise, Emilia Clarke (Game Of Thrones, Terminator Genisys…) babille joyeusement tout au long du film, redoublant de fausse maladresse pétillante pour rendre son personnage suffisamment adorkable (mi-adorable, mi-dork (cloche, grosso modo)) pour séduire. Autour d’elle, Henry Golding (L’Ombre d’Emily, Crazy Rich Asians…) joue les Jonathan Smith (#lesvraissachent) attachant et curieux, tandis qu’Emma Thompson (Men In Black International, Late Night…), également co-scénariste, et Michelle Yeoh (Crazy Rich Asians, Morgane…) se réservent discrètement les meilleures parts du gâteau.

En conclusion, si vous aimez les films de Noël et que vous trouvez qu’il n’y en a pas assez en ce moment à la télé ou sur Netflix, Last Christmas doit être votre prochaine sortie en salles. Paul Feig signe une romance mignonne et sucrée qui se regarde agréablement pour passer un bon moment, mais sans rester en mémoire. À tenter pour un public averti.

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