Romance

[CRITIQUE] Marry Me, de Kat Coiro

Le pitch : Katalina Valdez, surnommée Kat, est une star mondiale de la chanson et elle est célèbre pour le couple très glamour qu’elle forme avec le jeune Bastian, lui aussi chanteur star. Alors qu’ils font la promotion de leur futur succès Marry Me, Katalina et Bastian ont prévu d’annonce leur prochain mariage lors d’une cérémonie retransmise en direct et devant des millions de fans. Quelques instants avant la très médiatisée cérémonie, Katalina découvre que Bastian l’a trompée. Elle se rend malgré tout sur scène, bouleversée. C’est alors qu’elle trouve un inattendu réconfort dans le regard d’un inconnu dans la foule, Charlie. Sur un coup de tête, elle décide de l’épouser.

« Valentine is coming » et comme souvent, le cinéma le célèbre avec une romcom rose bonbon, pleine de paillettes, de bons sentiments et d’amour véritable, le tout saupoudré par un casting gratiné. Cette année, c’est la chanteuse Jennifer Lopez qui s’illustre dans le film Marry Me, réalisé par Kat Coiro. Elle y joue une chanteuse (surprise) superstar (re-surprise) qui compte se marier en grande pompe et sur scène avec son partenaire, lui aussi chanteur superstar (sic). Le film met le paquet en terme de glamour, de sur-médiatisation et de bling-bling plus ou moins sulfureux (notez les tenues de scènes), autour d’un personnage adulé et au rythme d’une bande-annonce rapidement agaçante. Vous l’aurez compris, Marry Me est le nouvel ego-trip à peine voilé de la chanteuse pop qui rêve une carrière Beyoncé-esque sur grand écran (je ne suis même pas fan de Beyoncé, mais avouez qu’il y a un monde entre J-Lo et Beyoncé), tout en soignant son image bien lisse et très souriante, bien loin de sa réputation de diva aux exigences ubuesques. Chargée de réaliser tout cela, c’est Kat Coiro qui saisit l’opportunité de revenir sur le grand écran, après une longue carrière dans l’ombre de séries télé (Brooklyn Nine-Nine, Shameless US, Modern Family, l’insupportable Girl5Eva et prochainement She-Hulk).

Sans surprise, Marry Me cherche a en mettre plein la vue et abat des cartes prévisibles pour filer tout droit vers une conclusion confortable et énamourée. Du faste de la scène à l’intimité d’un amour qui éclot sous nos yeux, le film de Kat Coiro coche toutes les cases pour nous faire croire à cette rencontre improbable entre une superstar de la chanson et un professeur de maths anonyme, à grands renforts d’écrans cristallisant les dramas amoureux à travers les réseaux sociaux – au cas où on aurait oublié que l’héroïne est une superstar. Revisité maintes fois, le genre de la comédie romantique déborde de rencontres impossibles aux allures de contes de fées plus ou moins modernes depuis Coup de Foudre à Notting Hill, mais il faut avouer que cette recette inépuisable fonctionne presque à tous les coups, si tant est qu’on sache éviter les pièges.
Ici, dans Marry Me, rien à signaler si ce n’est la présence vampirisante de l’actrice principale dont l’image est formatée à chaque étape du film. Le seul véritable défaut du film reste, selon moi, la bande-originale infâme qui transporte l’ensemble. De la chanson titre et ses sonorités aigües trop autotunées jusqu’aux autres chansons de seconde zone calqué sur le même modèle, Marry Me remâchouille sans imagination des hits pop sans saveur dont seule une balade finit par se démarquer. Attention les oreilles, donc.
Ce qui peut être renversant, en réalité, c’est d’imaginer tout l’argent dépensé pour les différents looks de la chanteuse, largement plus soignés que l’histoire en elle-même.

Au casting, c’est donc Jennifer Lopez (Queens, Seconde Chance, Un Voisin Trop Parfait…) qui mène la danse. Si la chanteuse en jette du haut de ses 52 ans, cela reste un film sans risque, visiblement lissé à son image – ou plutôt l’image proprette qu’elle souhaite projeter. À ses cotés, elle retrouve Owen Wilson (Loki, The French Dispatch…) – avec qui elle partageait l’affiche dans Anaconda ! – qui cachetonne gentiment en se faisant plaisir, tandis que le chanteur Maluma (Encanto…) vient également faire sa promo.
Autour, on retrouve John Bradley-West (Game of Thrones, Moonfall…) et Sarah Silverman (Ralph 2.0, Battle of the Sexes…) en side-kick transparents, tandis que Jimmy Fallon s’offre un ou deux caméos.

En conclusion, vous attendez de l’amour fleur bleue, du drama et des paillettes, Marry Me c’est tout cela à la fois. Kat Coiro livre un film clé-en-main porté par la renommée de son actrice principale, qui fait le job et compote une romcom pleine de guimauve et suffisamment de bling-bling pour mettre des étoiles dans les yeux (ou pour s’y refléter, au choix). À voir, si on aime le genre et – important – si vous supportez un minimum Jennifer Lopez (sinon, vous êtes maso).

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