Biopic

Lincoln : un biopic conformiste et fastidieux

Comme toujours, le nouveau Steven Spielberg est toujours très attendu et encore plus lorsqu’il sort de sa zone de confort. Ajoutons à cela les 12 nominations reçues aux Oscars 2013 et tout cela fait de Lincoln un des films les plus prometteurs de ce début d’année. Oui mais voilà, en s’attaquant à l’adaptation des derniers mois de la vie de ce légendaire Président, on était en droit de s’attendre à un mélange savant entre conspirations politiques et retranscription innovante de la guerre de Sécession qui faisait rage à ce moment là. Malheureusement pour nous les Frenchies, Spielberg a préféré s’attarder sur les longs (très longs) échanges politico-sociaux entre Lincoln et ses pairs, pour transformer son œuvre en un biopic conformiste au traitement romancé et nébuleux ayant des allures de documentaire… Dommage, car le film se distingue largement par sa réalisation fluide et maîtrisée, ainsi que par une photographie léchée et sophistiquée, qui confère à Lincoln une classe et une élégance indiscutable et universelle.

Comédie, Romance

Happiness Therapy : Drôle et piquante, mais un peu trop prudente

Ce n’est pas tous les jours qu’une comédie dramatico-romantique fait autant parler d’elle. Peut-être est-ce parce que Happiness Therapy a cartonné aux Etats-Unis, comme en témoignent les 8 nominations reçues aux Oscars cette année ? Ou est-ce tout simplement parce qu’on est aspiré par la folie ambiante et l’heureux chaos qui règne tout au long du film ? Personnellement, je penche plutôt pour la seconde réponse. Le tout nouveau film de David O. Russell (The Fighter, 2010) est une jolie surprise qui, sans pour autant sortir des sentiers battus, nous entraîne dans une ronde hystérique et effrénée nous faisant voyager d’une émotion à l’autre, à l’image de ses personnages atypiques. Malgré quelques longueurs et un dénouement discutable, Happiness Therapy séduit grâce à une histoire captivante aux personnages touchants et agréablement déjantés.

Cérémonies, Césars

Césars 2013 – Nominations

Vendredi matin sont tombées les nominations aux Césars 2013. Encore une fois, les déceptions et les surprises sont aux rendez-vous, et on n’hésite pas à récompenser la suffisance et le sur-jeu Apparemment, il n’y a pas assez de films qui valent le coup en 2012 et on retrouve les mêmes dans toutes les catégories ou presque… En effet, c’est (pour moi) un énorme choc que de voir le film Camille Redouble nommé 13 fois (!!!), face aux monstres De Rouille et d’Os, Holy Motors et Amour. C’est assez surprenant, surtout pour un film aussi fade et sans véritable performance aussi bien technique qu’artistique. On notera aussi le fait que Florent Emilio-Siri a tout simplement été oublié dans la catégorie “Meilleur réalisateur” pour le superbe film Cloclo, (alors que Benoît Magimel a été nommé !). Pour finir le tableau : apprenez que Jamel Debbouze sera le président de la cérémonie. Si aux Oscars on mise plutôt sur le show (off) à tendance mélo, aux Césars, clairement, on penche plutôt vers la condescendance et les nominations entendues et prétentieuses. Quel monde imparfait !

Comédie, Romance

Max : Quand la magie de Noël joue les prolongations

A la fois franc et attendrissant, Max, le nouveau film de Stéphanie Murat (Victoire, 2004) est une déclaration sincère à la vie et ses petits bonheurs. Doté d’un casting surprenant mais efficace, le fim met en scène des sentiments opposés qui se côtoient et s’attirent pour finalement s’apprivoiser. Max est une petite bulle de tendresse et de chaleur, qui malgré ses quelques maladresses, prolonge l’esprit de Noël en plein mois de janvier

Séries TV

[Série US] The Carrie Diaries ou les origines inintéressantes de Sex and the City

Sex And The City a été une série phare du début des années 2000, adaptée des chroniques de Candace Bushnell, comme un étendard levé et rassemblant une génération de femmes (et d’hommes) assumant leur individualité et leur liberté sexuelle, avec un humour perspicace, relevé par une pointe de cynisme acide. Ouvertement effrontée et sans limite, la série, diffusée sur HBO (la chaîne démarre actuellement la seconde saison de Girls) a suivi pendant 6 saisons le parcours amoureux de 4 femmes qui n’avaient pas froid aux yeux et qui osaient parler librement de sexe et de leurs visions so two-thousand des relations hommes-femmes. En parallèle du succès de la série, un autre wagon vint rapidement s’accrocher à la locomotive déchaînée et en route vers la gloire : celui des fashionistas. Rapidement, le style acéré et le sens aigu de la mode de ces quatre femmes toujours dans le vent, notamment celui de Sarah Jessica Parker, aka Carrie Bradshaw - l’héroïne de la série-, devint une référence et les plus grandes marques se pressèrent bientôt pour pouvoir les habiller. Oscar de la Renta, Chanel, Dior, Lacroix, Manolo Blahnik… Autant de noms prestigieux se bousculaient au portillon au moment où, non seulement la série obtenait ses lettres de noblesse, mais aussi au moment où les stars du petit et du grand écran commençaient tout juste à présenter fièrement leurs tenues signées sur les tapis rouges hollywoodiens.

Action, Western

Django Unchained : Un régal Tarantinesque !

Quand Quentin Tarantino sort un nouveau film, c’est toujours un jour de fête (en tout cas pour moi). Attendu comme un cadeau de Noël commandé depuis des mois, Django Unchained débarque enfin sur nos écrans et nous délivre enfin d’une attente qui commençait à nous ronger depuis mi-2011. Tarantino, c’est un peu l’enfant instable et insatiable d’Hollywood qui apparaît toujours là où on ne l’attend pas et qui ne peut se contenter d’une seule histoire, tant il déborde d’idées et de références. Ses films sont un peu comme des matriochki : d’abord il y a l’intrigue que tout le monde connait, mais une fois que le film commence, d’autres histoires se révèlent, toujours liées à la première, mais qui se développent parfois dans le désordre (Pulp Fiction, Kill Bill), d’autres fois en parallèle (Inglourious Basterds). Si Django Unchained fait partie de la deuxième catégorie, la patte Tarantinesque est toujours aussi vive, théâtrale et fracassante. Une fois le film lancé, Django Unchained ne s’arrête plus, allant toujours plus haut, ne cessant jamais d’étonner ni d’amuser son spectateur. Déjanté, drôle, hallucinant, surprenant, violent, sanglant… Autant d’adjectifs qui siéent à Django Unchained, le western-spaghetti remis au goût du jour par un Tarantino qui, une fois de plus, nous émerveille…

Drame

The Master : Puissant, brillant… mais frustrant !

Une réalisation maîtrisée, un Joaquin Phoenix magistral face à un Philip Seymour Hoffman incroyable, une mise en scène léchée alliant une photographie superbe et des faces-à-faces puissants et frissonnants… The Master avait tous les ingrédients du pur chef-d’oeuvre. Car Paul Thomas Anderson (There will be blood, 2007) n’en est pas à son coup d’essai et il signe ici l’une de ses pièces maîtresses, assumant entièrement son statut de perfectionniste… Peut-être trop ? En effet, The Master subjugue par bien des points, mais la sophistication prononcée du film prend largement le pas sur l’émotion. Frustrant.

Sci-fi

[archive] Aliens vs Predator – Requiem (2008)

3 ans, eh oui, 3 ans se sont écoulés depuis la sortie d’Alien Vs Predator, et devant la déception des fans inconditionnels des deux créatures Sci-Fi les plus célèbres, il était normal que l’on ait le droit à un deuxième coup d’essai. Et bien celui là est presque mieux, si on compare avec le premier opus, mais tout aussi risible si on compare avec la saga Alien et les films Predator… Mais bon, c’est bien parti, on y croit. Aliens Vs Predator - Requiem est un mauvais mélange entre une teen comédie et un film d’épouvante : superficiel, pauvre et attendu. Et pour ceux qui auront noté la particularité du titre (le “s” dans Aliens), non ce n’est pas une erreur.

Golden Globes

Golden Globes 2013 – Palmarès

Au niveau des récompenses, il y a eu peu de surprises mais beaucoup de grande satisfaction. Cette année, les grands gagnants sont Ben Affleck pour Argo (au grand dam de Zero Dark Thirty et Lincoln !) et Quentin Tarantino pour Django Unchained, coté cinéma, alors que coté séries Game Change fait une entrée fracassante et Homeland confirme son statut de série culte, à l’instar de Breaking Bad. Rien pour Intouchables, ni De rouilles et d’os, c’est Amour de Michael Haneke qui, évidemment, rafle la mise, tandis que Les Misérables coupe l’herbe sous le pied de Hapiness Therapy.

Épouvante-horreur

Maniac : Une surprise déroutante et morbide… mais plutôt bien fichue !

Étrange, dérangeant mais surtout captivant, Maniac, le dernier film de Franck Khalfoun (2ème sous-sol en 2007) a le don de surprendre par son atmosphère glauque, étouffante mais efficace. En nous mettant dans la peau d’un tueur, Maniac nous entraîne dans un film d’épouvante assez réussi et décalé, entre appréhension et fascination morbide.

Oscars

Oscars 2013 : ras le bol de la « french touch »

C’était le grand jour, le jour où Hollywood s’est levé tôt (5h30 du matin, heure locale) pour découvrir les nominés aux Oscars 2013. La sentence est tombée : après le bordel The Artist l’année dernière, apparemment ils n’ont pas voulu remettre ça. Avec un petit sous-entendu “c’est encore nous les meilleurs”, les Oscars encense Lincoln, de Steven Spielberg, boude The Master, de Paul Thomas Anderson et offre une place d’or à Amour, de Michael Haneke… Mais aussi : un film de super-héros dans les meilleurs effets visuels, deux contes de fées “evil twin” s’affrontent dans la catégorie “meilleurs costumes” et une petite fille de 9 ans nominée dans la catégorie “meilleure actrice” !