[CRITIQUE] Comme Un Avion, de Bruno Podalydès

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Léger et agréable, Comme Un Avion est une parenthèse bucolique et sympathique, sur l’art oublié de se laisser porter par le courant (littéralement). Autour d’un personnage balbutiant, le film de Bruno Podalydès ne paie pas de mine et est parfois un peu gauche, mais le coté pétillant de ses personnages décalés et le ton estival de Comme Un Avion crée un ensemble envoûtant et amusant. Un bon moment.

Le pitch : Michel, la cinquantaine, est infographiste. Passionné par l’aéropostale, il se rêve en Jean Mermoz quand il prend son scooter. Et pourtant, lui‐même n’a jamais piloté d’avion… Un jour, Michel tombe en arrêt devant des photos de kayak : on dirait le fuselage d’un avion. C’est le coup de foudre. En cachette de sa femme, il achète un kayak à monter soi‐même et tout le matériel qui va avec. Michel pagaie des heures sur son toit, rêve de grandes traversées en solitaire mais ne se décide pas à le mettre à l’eau. Rachelle découvre tout son attirail et le pousse alors à larguer les amarres…

3 ans après Adieu Berthe, Bruno Podalydès est de retour avec un nouveau film, continuant ainsi de mettre à l’honneur des personnages ordinaires, aux histoires plus ou moins banales, tout en distillant quelques pointes d’originalité pour rendre le tout attrayant. Là où les films tentent toujours d’imprimer des leçons de vie à travers de grands messages à tendance philosophiques, c’est dans sa simplicité que Comme Un Avion distrait, sans entourloupe, ni réflexion forcée. Si on ne peut échapper au concept du film franco-français très caricatural, avec son coté bobo des villes qui part à la rencontre du « peuple », le film de Bruno Podalydès s’éloigne rapidement de ce stéréotype en n’appuyant jamais le contexte social de son film.
Comme Un Avion met en scène un personnage aussi passionné que rêveur, dont la nouvelle passion va le pousser à entamer une aventure en solitaire, sous le regard légèrement goguenard de son épouse. Rapidement, Bruno Podalydès vogue au-delà de son sujet matérialiste (et un peu fétichiste), pour s’articuler autour de l’excentricité de son personnage principal, lunaire et drôle souvent malgré lui. De sa nouvelle obsession pour les kayaks à son attitude décalée, Comme Un Avion parvient à tisser une comédie relaxante et sans prise de tête, suivant un parcours atypique au cours d’une aventure sur les flots. Entre nature et découverte, le film de Bruno Podalydès est une invitation à l’évasion, proposant une histoire dépaysante. Fleurant bon les vacances d’été, Comme Un Avion sublime l’ordinaire à travers cette parenthèse surprenante et pourtant déroutante. À travers une lenteur et des moments de flottements étudiés, Bruno Podalydès illustre parfaitement l’idée de se laisser vivre et d’aller à la rencontre de l’inconnu. Le film éclot au cours de discussions anodines et de scènes contemplatrices, trouvant toujours des situations comiques pour faire sourire. Pourtant, devant tant de simplicité, Comme un Avion risque d’en décevoir plus d’un à cause de sa passivité. En effet, beaucoup risquent de ne voir que du vide alors que Bruno Podalydès filme une bouffée d’air frais intangible qui, derrière toute cette paresse et ses personnages bon vivants, sonne rapidement une nécessité, rappelant que parfois, c’est en se laissant aller qu’on finit par découvrir une vérité insoupçonnée, qui va nous permettre d’avancer, voire même d’évoluer. Plus qu’une réflexion, Comme Un Avion est à méditer.

Au casting, Bruno Podalydès (Adieu Berthe, 100% Cachemire…) incarne le premier rôle, insufflant à son personnage un caractère passif et simplet auquel il faut rapidement s’attacher (sous peine de ne pas adhérer au film). À ses cotés, on y retrouve beaucoup de femmes très solaires : Agnès Jaoui (Au bout du conte, Du vent dans mes mollets…) reste naturelle, délaissant sa tendance à virer « mémère », Sandrine Kiberlain (Elle l’adore, Neuf mois ferme…) est trop rapidement reléguée au second plan, tandis que Vimala Pons (Vincent n’a pas d’écailles, Terre Battue…) apporte jeunesse et espièglerie à l’ensemble. Denis Podalydès (Libre et assoupi, L’amour est un crime parfait…) et Michel Vuillermoz (Papa ou maman, L’affaire SK1…) sont également de la partie, tandis que Pierre Arditi (Adieu Berthe, Ensemble c’est trop…) s’offre un rôle tordant.

En conclusion, Bruno Podalydès livre une comédie originale, à la bonne humeur agréable et contagieuse. Si le film est parfois un peu lent, Comme Un Avion a des allures de carte postale, proposant évasion et bonhomie. Frais et pétillant, Bruno Podalydès illustre l’art de se laisser porter par le courant, au sens propre comme au figuré, délivrant un film qui se regarde sans effort et avec le sourire. À voir.

C'est pas l'homme qui prend la mer...

C’est pas l’homme qui prend la mer…

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