[CRITIQUE] Bloodshot, de Dave Wilson

Le pitch : Ray Garrison est un soldat tué en mission, et ramené à la vie par RST Corporations, l’entreprise qui l’a transformé en super-humain. Des nanotechnologies coulent désormais dans ses veines, ce qui le rend invincible. Il est plus fort que jamais et capable de guérir instantanément de ses blessures. Mais RST Corporation ne contrôle pas que son corps… Ils ont également la main sur son esprit et ses souvenirs. Ray ne peut distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas – mais sa mission est désormais de le découvrir.

Le super-héros Bloodshot est né dans les comics Valiant Comics, une maison indépendante qui a créé un univers partagé, composé de super et d’anti-héros dont X-O Manowar, Harbinger, Archer & Armstrong et Bloodshot. La maison Valiant, pour la petite histoire, a été fondée notamment par un ancien directeur de la rédaction de Marvel Comics, John Shooter, et a bien failli disparaître dans les années 90, avant de renaître de ses cendres en milieu des années 2000.
Personnellement, je ne connaissais pas ces comics avant d’avoir vu le film de Dave Wilson et pourtant le pitch me rappelle bien d’autres personnages super-héroïques. En effet, Bloodshot parle d’un homme qui a servi de cobaye expérimental dans un projet secret et se voit offrir une nouvelle chance de se venger, grâce à ses capacités surhumaines. On pense forcément à Wolverine à ses débuts ou autre Spawn dans les grandes lignes, ou encore d’anciens rôles avec lesquels Vin Diesel s’est fait connaître, à savoir Riddick (surtout dans Pitch Black) ou encore xXx (bien avant sa réactivation).

Bloodshot ne brille donc pas par son originalité mais à le mérite de se reposer sur une intrigue dynamique et une imagerie attrayante qui, malgré des effets spéciaux souvent approximatifs, donnent pas mal d’allure à l’ensemble. Avec son identité faite de rouge écarlate et de noir et blanc (moins bleutée que ce que laisser présager la bande-annonce), Dave Wilson tente de polir son premier long-métrage avec une aventure stylisée qui donne une autre envergure aux scènes d’actions moins explosives mais qui sortent parfois de l’ordinaire (avec la farine) ou font de gros appels du pied à d’autres films de super-héros (la scène de l’ascenseur, hello Captain America). Cependant, cela peut avoir un effet décevant pour les amateurs de genre face à un personnage de ce calibre : entre les gros bras et la capacité de se régénérer, Bloodshot aurait pu proposer bien plus en terme de spectacle. Ici, il n’y a véritablement que deux scènes qui valent le détour (citées plus haut), le reste n’est que blabla, menaces et grimaces sans véritable intérêt. Dommage que Dave Wilson n’ait pas su atteindre le Michael Bay qui sommeillait en lui (ou pas).

Dans l’ensemble, le film de Dave Wilson ne réinvente pas la roue : gros bras patibulaires, faux amis et vrais ennemis s’entrechoquent dans un récit de vengeance, de manipulations et autres trahisons, assaisonné de nanotechnologie et d’intelligence artificielle pour rendre le gimmick plus moderne et sci-fi. Le film parvient à conserver un rythme accrocheur, soit grâce à l’action mais aussi grâce au développement de l’intrigue qui comporte son lot de petit twists sympathiques. Mais malgré ses airs de déjà-vu, j’ai passé un bon moment devant Bloodshot qui se découvre comme un film pop-corn efficace (sans pour autant faire tomber les mâchoires, cela dit) dont j’ai apprécié les tentatives d’effets de styles visuels – notamment la scène de la farine ou même les essais de moneyshots à travers des (nombreux) ralentis symboliques et plein d’esbroufes, quitte à rendre l’abus de CGI trop visibles.

Slowmotion + personnages redessinés en CGI = mauvaise idée

Au casting, c’est donc Vin Diesel (voix officielle de Groot, papa de la saga Fast and Furious, xXx: Reactivated, Le Dernier Chasseur de Sorcières…) qui porte le rôle titre. Habitué des rôles de gros durs à mono-expression faciale, l’acteur est à l’aise dans le genre. On dira ce qu’on veut sur lui : certains acteurs font toujours le même registre et le font très mal (hello Gerard Butler), mais Vin Diesel parvient à rester solide dans ces rôles qui ont l’air sans effort mais qui ne le sont pas tant que ça au final. Et puis ce n’est pas faute d’avoir tenté un autre registre, mais il reste bankable dans ce genre de film, voilà tout. Bref, j’aime bien Vin Diesel et sa voix rocailleuse.
Autour de lui, Guy Pearce (Marie Stuart, Reine d’Ecosse, Brimstone…) mène une équipe d’action men interchangeables, entre le sexy Sam Heughan (Outlander, L’Espion Qui M’a Larguée…) et le transparent et novice Alex Hernandez, tandis qu’Eiza Gonzalez (Hobbs and Shaw, Alita: Battle Angel…) échappe au cliché du love interest sans pour autant briller dans son personnage et que Toby Kebbell (Destroyer, La Planète des Singes, Kong: Skull Island…), comme souvent, s’illustre dans un personnage accessoire (sauf quand il s’agit de Koba, évidemment). Autour, heureusement, le ton sera rehaussé par Lamorne Morris (Game Night, Yesterday…) qui apporte un humour bienvenu dans cet ensemble souvent trop cliché et figé dans la caricature.

En conclusion, Dave Wilson s’essaie à l’exercice difficile de l’origin story avec Bloodshot, un super-héros moins connu que ceux de Marvel ou DC mais qui possède une fanbase solide (si on en juge par le sauvetage de la maison d’édition). Pourtant, malgré les efforts de mise en scène pour compenser le manque d’originalité général de l’intrigue (sans parler du fait que le film est privée d’une sortie cinéma mondiale à cause du Covid-19), Bloodshot frôle le caractère anecdotique en se réfugiant dans un moule attendu trop safe et une galerie de personnages aussi clichés qu’interchangeables. Le divertissement est là, mais peu suffisant pour susciter l’envie de voir une suite. À tester.

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