
Le pitch : Après avoir échoué à rejoindre l’équipe des Avengers, Wade Wilson passe d’un petit boulot à un autre sans vraiment trouver sa voie. Jusqu’au jour où un haut gradé du Tribunal des Variations Anachroniques lui propose une mission digne de lui… à condition de voir son monde et tous ceux qu’il aime être anéantis. Refusant catégoriquement, Wade endosse de nouveau le costume de Deadpool et tente de convaincre Wolverine de l’aider à sauver son univers…
Il s’en est passé des choses depuis la sortie de Deadpool 2 en 2018 : Disney a racheté la Fox, Thanos a été vaincu, il y a eu la pandémie Covid-19, les Jeux Olympiques ont lieu en France et quasiment plus personne ne s’intéresse au film de super-héros. À vrai dire, Deadpool & Wolverine est probablement l’un des rares films récents à émoustiller un temps soit peu le public, vu l’état branlant du paysage super-héroïque depuis que Avengers a plié le (End)game en 2019. Autant dire que l’avenir du “Merc with a mouth” semblait incertain au sein de l’écurie Disney, jusqu’à ce que Kevin Feige, le patron public du MCU, assure, au détour d’un Comic Con, que Deadpool rejoindra le giron Marvel Studios et qu’on avait pas fini d’en entendre parler.
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C’est donc six ans plus tard que l’anti-super-héros briseur professionnel du 4e mur fait son retour sur nos grands écrans, accompagné par son idole de toujours : Wolverine, soit le retour de Hugh Jackman dans le rôle titre, sept ans après le point final génial qu’était Logan. Personne ne meurt donc jamais grâce au multivers bien commode du MCU, qui reste une grande famille, le prouvant encore ici alors que Ryan Reynolds (Deadpool) propose son pote réalisateur Shawn Levy (Adam à Travers Le Temps, Free Guy, Les Stagiaires, Crazy Night, Real Steel, La Nuit au Musée…), pour réaliser ce troisième opus qui a tout de même des allures de point final.

Habitué des comédies d’action, Shaun Levy adopte sans effort l’univers effervescent de Deadpool, ponctué de caméos, de références pop-culturelles plus ou moins subtiles et surtout porté par un sale gosse ultra-bavard. Si vous ne l’aviez pas compris depuis le premier Deadpool, ce film n’est pas fait pour vous si vous n’appréciez pas son humour trashounet, qui mêle aussi bien des références au film à la vie réelle et personnelle des acteurs. Alors que ce nouvel opus s’avère moins lourdingue, Deadpool & Wolverine reste ce plaisir à la fois sucré et trop gras, qui tantôt fait rire et tantôt agace par son trait sur-épaissi. Le film a du mal à se mettre en branle, malgré une ouverture musclée (et musicale), car il faut d’abord se défaire de la diarrhée verbale du héros qui fait office d’exposition aux forceps, jusqu’au moment où son acolyte bourru, Wolverine, accepte de faire équipe avec lui.

Quelques emprunts à la série Loki plus tard, Deadpool & Wolverine trouve son rythme, animé par une abondance de blablas, de gros mots et de bastons pour faire avancer la trame. L’ensemble est facile à suivre, le cerveau se repose au vestiaire, tandis que le véritable atout du film réside dans les surprises que la narration distille au fur et à mesure de l’intrigue. En effet, l’impact de Deadpool & Wolverine dans le MCU ne laissera aucune trace : Shawn Levy propose une parenthèse sympathique, c’est même plutôt un film de transition qui sert plus à faire ses adieux à l’univers super-héroïque de la feue 20th Century Fox. Résultat, à la manière d’un Spider-Man : No Way Home, Deadpool & Wolverine fait du fan service réjouissant qui fera applaudir les fans du genre, alors que certains visages plus ou moins oubliés refont surface, que le film lâchera des taglines mémorables ou reprendra des poses que notre imagination n’espéraient plus voir un jour sur grand écran. Et tant pis si vous vous êtes fait spoilé avant de voir le film !
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Admettant ouvertement le ralentissement de l’intérêt des films de super-héros et la sur-utilisations du multiverse comme va-tout complaisant, Deadpool & Wolverine assume sa transition vers le MCU mais ne fait aucune promesse. Shawn Levy signe un chapitre final d’une trilogie foxienne et même si on imagine bien le retour de Deadpool auprès des (nouveaux) Avengers, rien n’est moins sûr… sauf la remise à zéro des compteurs, en ce qui concerne l’avenir des X-Men et des 4 Fantastiques.

Globalement, Deadpool & Wolverine est un pur divertissement dédiés aux fans de ces supers-héros et de l’amitié entre Hugh Jackman et Ryan Reynolds, car les clins d’œil ne se limitent absolument pas à aux faits d’armes de leurs alter-egos. D’ailleurs, en tendant bien l’oreille, on comprendra rapidement que le film ne s’impose aucune limite (allant même, par exemple, jusqu’à faire une allusion au divorce de Hugh Jackman). Le film tient ses promesses de comédie, d’action et de trashouille. Alors que certains craignaient un film aseptisé à cause de sa nouvelle affiliation à Mickey, Deadpool & Wolverine met les bouchées doubles, voire triples, pour garantir l’ADN politiquement incorrect du film. Injures dans tous les sens, allusions sexuelles et tueries explicites, hémoglobine à gogo en face cam et roulage de pelles avec un chien défiguré, le film coche toutes les cases deadpooliennes et en ajoute même de nouvelles pour assurer que non, non, rien à changer. La preuve, le film décroche son interdiction aux moins de 12 ans.

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J’ai été soulagée de voir que la scène largement usée dans les bandes-annonces n’était pas le seul moment où nos héros se castagnent (entre eux ou contre d’autres personnages). Si j’ai aimé certains effets de style destinés à créer un effet “waouh”, je note tout de même que de nombreux affrontements sont illisibles, notamment les scènes où Shawn Levy essaie de faire du Joss Whedon en proposant une bataille entre deux camps, rappelant un peu Avengers – L’Ère d’Ultron, mais avec un résultat bien moins maitrisé. D’ailleurs, en y regardant de plus près, de nombreux effets spéciaux sont défaillants, notamment par l’absence visible des super-pouvoirs des personnages secondaires (il y a des griffes que j’aurais aimé voir un peu plus, par exemple) ou une réalisation tout simplement brouillon. Est-ce que tout l’argent du fim est passé dans le cachet de Hugh Jackman ? Rappelons-nous que Deadpool s’est toujours moqué du fait d’avoir des seconds couteaux X-Men par manque de budget. Les scènes d’actions de Deadpool & Wolverine sont peut-être le résultat de ce que donne un tel investissement, allez savoir…

Au casting : évidement Ryan “Deadpool” Reynolds (Blue et Compagnie, Spirited, Free Guy…) partage l’affiche avec Hugh “Wolverine” Jackman (The Son, Reminiscence, The Greatest Showman…), deux acteurs qui incarnent tellement bien leurs personnages qui en sont devenus indissociables (quoique… *wink wink*). Leur amitié à la ville rend leurs interactions un poil plus savoureuses et c’est vraiment un plaisir de voir ces deux personnages ensemble à l’écran – voir même plus fun que le duo Deadpool et Cable, d’ailleurs. Autour d’eux, Emma Corrin (The Crown, L’Effet Veuf…) joue les Scarlett Witch chauves et laisse trainer ses mains partout, sauf sur un rasoir qui aurait permis d’éviter d’avoir des effets spéciaux aussi moches sur son crane extrêmement lisses, tandis que Matthew Macfayden (Succession, La Ruse…) cherche à tirer son épingle du jeu.
On retrouve aussi, en toile de fond, Morena Baccarin (Greenland…), Leslie Uggams (American Fiction…), Rob Delaney (Argylle…), Karan Soni (Spider-Man : Across the Spider-verse…) ou encore Brianna Hildebrand (Lucifer…) et Stefan Kapičić (Le Dernier Voyage du Demeter…).
Il y a évidemment des caméos, mais ça, on en parlera plus tard.

En conclusion, vous l’aurez compris Deadpool & Wolverine, c’est surtout du fan service réjouissant qui n’apportera rien au schmilblick – si ce n’est la reconnaissance d’une Phase 4 ratée et de la sur-utilisation du multiverse à toutes les sauces. Shawn Levy met un point final à une (première ?) trilogie qui rend finalement hommage à plus de 20 ans de super-héros selon la Fox, avec ses bons moments, comme ses nombreux loupés. Merci Deadpool. À voir.

PS : évidemment, on reste attentifs pendant le générique de fin et jusqu’au bout. Et rendez-vous ici pour plus de spoilers !
