[CRITIQUE] Spider-Man: No Way Home, de Jon Watts (sans spoiler)

Le pitch : Pour la première fois dans son histoire cinématographique, Spider-Man, le héros sympa du quartier est démasqué et ne peut désormais plus séparer sa vie normale de ses lourdes responsabilités de super-héros. Quand il demande de l’aide à Doctor Strange, les enjeux deviennent encore plus dangereux, le forçant à découvrir ce qu’être Spider-Man signifie véritablement.

Il est là, enfin ! Le film de super-héros le plus attendu depuis Avengers – Endgame est enfin disponible sur nos écrans et répond à des mois d’attente et de rumeurs les plus folles. Cela en valait-il la chandelle ? En un mot comme en cent : OUI.
Après deux premiers opus sympathique mais toujours un poil en deçà de nos attentes, Jon Watts (Spider-Man: Homecoming, Spider-Man: Far From Home…) revient avec un troisième volet de son Spiderman mi Sony, mi Marvel Studios qui opte à fond pour le fan service tout en faisant évoluer son personnage vers une tonalité plus mature. Et oui, fini l’enfance, place à l’âge adulte dans un parcours initiatique qui ne se fera pas sans douleur, car si jusque-là cette troisième version de l’homme-araignée avait évité de revenir sur l’origin story de Peter Parker, dans Spider-Man: No Way Home le film parvient à se la réapproprier pour faire murir son personnage.
Mais d’abord, revenons au point de départ…

>>> Spoilers, explications, références… par ici <<<

Le film démarre juste après les événements, ou plutôt, la fameuse scène post-générique de Spider-Man: Far From Home où le retour flamboyant de J. Jonah Jameson dévoilait à tout le monde la véritable identité de Peter Parker – sous l’influence de feu Mysterio. Démarre alors un tourbillon d’événements (et de rencontres !) qui vont forcer nos personnages principaux à se recentrer sur eux-mêmes, jusqu’au moment où le héros fera appel à la magie en espérant tout régler. Evidement, rien ne se passera comme prévu.
Dans sa première partie, Spider-Man: No Way Home se repose sur les ingrédients clés de cette franchise, à savoir la naïveté adolescente et impulsive d’un jeune héros rapidement dépassé par les événements. Sous couvert d’humour et de malentendus, le film force le trait sur l’immaturité de Peter Parker au risque, malheureusement, de le rendre parfois agaçant tant il est parfois difficile d’excuser le manque de recul de notre héros (surtout après tout ce qu’il a vécu depuis sa première apparition dans Captain America – Civil War). Le film de Jon Watts repose donc sur un scénario qui s’articule autour de décisions improbables et parfois capillotractées, uniquement dans le but d’intégrer au forceps la notion du multiverse. Contrairement au film d’animation Spider-Man: New Generation qui proposait une intrigue quelque peu similaire mais plus intelligente, le film de Jon Watts cède grossièrement à la facilité pour rendre son histoire possible. Du coup, la satisfaction est là, mais reste teintée par les faiblesses d’une écriture un chouille paresseuse. De même, coté réalisation, Jon Watts ne propose pas de vision particulière et il me manquera toujours les séquences de voltiges à couper le souffle qu’avaient pu proposer les films de Sam Raimi et de Marc Webb à l’époque, tant le réalisateur pose un regard numérique sur une action majoritairement tournée en mode nocturne. C’est un peu dommage.

Heureusement – et malheureusement pour Spidey – l’ambiance bienveillante et naïveté va drastiquement s’assombrir pour amener le récit vers le cœur de son sujet, l’inévitable et douloureux passage à l’âge adulte, et permettre à son héros de véritablement se révéler tout en tirant un trait sur l’enfant insouciant qu’il a pu être. Et c’est là que le film de Jon Watts devient un véritable fan-service sur patte absolument jubilatoire, tirant profit du meilleur du multiverse (connu à ce jour). Entre surprises et retrouvailles affolantes, Spider-Man: No Way Home s’accomplit dans un troisième acte délirant qui ravira tous les fans (ou presque) de l’homme-araignée à travers un affrontement multiple qui pullule de moments géniaux et d’images qu’on attendait depuis longtemps. Véritable hommage au héros le plus connu dans sa version papier, Jon Watts parvient à composer avec plusieurs personnages et à renouer avec des storylines bien connues pour à la fois boucler cette trilogie, mais également panser les plaies laisser ouvertes par les films précédents (circa Raimi et circa Webb). Si la première partie du film m’avait rendue sceptique, la seconde propose tout ce qu’on attendait (voire rêvait !) de ce film, et même de l’émotion salutaire dans un cocktail final qui, certes, montre quelques faiblesses en terme de réalisation et parfois de lisibilité, mais reste tout de même un joli point final à la carrière adolescence de ce Spider-Man ère Tom Holland.

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Au casting, Tom Holland (Le Diable, Tout Le Temps, En Avant, Les Incognitos…) reprend du service et reste ce personnage accessible et sympathique qu’on aime (même si on hésite pas à lui faire tomber le t-shirt dès l’ouverture). Autour de lui, Zendaya (Euphoria, Dune, Malcolm & Marie…) et Jacob Batalon (Flocons d’Amour…) s’activent pour jouer les side-kicks humoristiques, pour mieux alléger la trame (peut-être un peu trop). Après RDJ, c’est Benedict Cumberbatch (Brexit, The Power of the Dog, Désigné Coupable…) qui joue les représentants du MCU garde-fous, malheureusement, son personnage est mis en retrait, tout comme Benedict Wong (Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux…). Habitués à la franchise, Marisa Tomei (Frankie…) et Jon Favreau (The Mandalorian…) sont également de la partie, tout comme quelques apparitions de Tony Revolori (The French Dispatch…) et Angourie Rice (Mare of Easttown…).
Coté petits « nouveaux » : Alfred Molina (Spiderman 2…), Jamie Foxx (The Amazing Spider-Man 2…), Rhys Ifans (The Amazing Spider-Man…) et Thomas Haden Church (Spiderman 3…) et l’incroyable Willem Dafoe (Spiderman…) sont de retour dans le Spiderverse, tandis que J.K. Simmons (The Tomorrow War…), trop rare, reprend son rôle également.
Evidemment, des surprises sont au rendez-vous, mais chuuuuuuuuut je n’en dis pas plus.

En conclusion, comme beaucoup de blockbusters et produits Marveliens, la perfection n’existe pas. Mais est-ce vraiment ce qu’on attend d’un film Spider-Man ? Jon Watts répond aux attentes avec un film ambitieux, multiple et délirant qui propose du fan service jubilatoire qui ne peut que satisfaire les aficionados des films Spiderman, que l’on soit team Raimi, team Webb ou team Watts. Malgré ses faiblesses scénaristiques et une réalisation parfois faiblarde (souvent desservie par des scènes d’action nocturnes), Spider-Man: No Way Home fait bien plus que le job. À voir, évidemment.

PS : il y a deux scènes post-génériques. On en reparle ici !

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