[CRITIQUE] Revenge, de Coralie Fargeat

Trois riches chefs d’entreprise quarantenaires, mariés et bons pères de famille se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle dans une zone désertique de canyons. Un moyen pour eux d’évacuer leur stress et d’affirmer leur virilité armes à la main. Mais cette fois, l’un d’eux est venu avec sa jeune maîtresse, une lolita ultra sexy qui attise rapidement la convoitise des deux autres… Les choses dérapent… Dans l’enfer du désert, la jeune femme laissée pour morte reprend vie… Et la partie de chasse se transforme en une impitoyable chasse à l’homme…

I spit on your grave : très violent mais jubilatoire !

Sorti en 2010 et, bien sûr, interdit aux moins de 16 ans, j’avais le film I Spit On Your Grave (le remake du film Œil pour œil, de Meir Zarchi, sorti en 1978) dans le collimateur. N’étant pas très fan du style « rape and revenge » que je trouve trop pervers et souvent réservé à un public masculin, j’ai pris mon temps avant de le voir et finalement, je ne suis carrément pas déçue. Certes, le film est carrément voyeur et pas mal tordu, mais contrairement à ce qu’on peut croire, le voyeurisme est dans les deux sens et donc ouvert à un public mixte. Ici, la victime devient le bourreau, plus sadique que ses agresseurs. Résultat, quand l’heure de la revanche a sonné, I Spit On Your Grave brille par son originalité et un dosage juste entre un peu de gore et beaucoup de frissons. Grâce à une photographie aux tons bruts et à une mise en scène habile, le film de Steven R. Monroe est surprenant, captivant et horriblement efficace. L’envie de détourner le regard est toujours présente, mais au final, on se prend carrément au jeu machiavélique (et justifié) de l’héroïne. Décomplexé, I Spit On Your Grave offre une plongée en enfer décomplexé et savoureusement effrayante.