[CRITIQUE] Affamés, de Scott Cooper

Le pitch : Dans une petite ville minière de l’Oregon, une institutrice et son frère policier enquêtent sur un jeune écolier. Les secrets de ce dernier vont entraîner d’effrayantes conséquences.

Pour son nouveau film, Scott Cooper (Hostiles, Strictly Criminal…) s’essaye au genre horrifique avec Affamés, adapté d’une nouvelle « The Quiet Boy » écrite par Nick Antosca – qui lui-même participer à l’adaptation. Sombre et inquiétant, le film se niche dans une petite ville désenchantée aux décors peu amènes et s’articule autour du point de vue d’une institutrice qui tente de comprendre un de ses élèves en difficulté.
Dès l’introduction, Affamés s’annonçait alléchant avec une ouverture sombre et frissonnante dans les tunnels d’une ancienne mine. Jouant avec l’obscurité et le hors-champs, Scott Cooper crée de légers moments de frissons savoureux avant de nous embarquer dans le cœur de son récit. Malheureusement, les choses se corsent rapidement et pas dans le bon sens du terme. Alors qu’Affamés s’étale et s’éternise, tout en cherchant à étoffer sa protagoniste principale, Scott Cooper a vite fait d’ennuyer tant son format devient prévisible et cocooné dans des codes attendus.

Entre jumpscares et grognements, Affamés met du temps à entrer dans le vif du sujet ou plutôt à l’expliquer, mais là où le film devient problématique c’est que son reveal s’articule sur une légende amérindienne… sans qu’aucun des personnages (ou presque) soient natifs ! Rien ne semble relier les personnages à cette sombre histoire de monstres et l’explication fait l’effet d’un cheveu dans la soupe. Appropriation culturelle, much ? Alors si l’excuse est ce personnage anecdotique qui vient fournir des réponses au passage, malheureusement, cela ne suffit pas vraiment à rendre Affamés plus crédible. Le film s’enlise dans un récit creux et une démonstration peu convaincante, qui se solde par un final expéditif trop facile. Dommage car Scott Cooper avait de bons ingrédients pour réaliser un film d’horreur solide, mais confond suspens et lenteur. Du coup, au lieu de créer de la tension, le film donne l’impression de tourner autour du pot à travers une intrigue souvent superficielle, qui tente de distiller du drame familial aux forceps pour nous attacher à des personnages finalement peu sympathiques, malgré toute la bonne volonté du casting.

Au casting justement, Keri Russell (The Americans, The Free State of Jones, La Planète des Singes : L’Affrontement…) tente de porter le film mais son personnage est trop accaparé par ses problèmes et sa relation avec son frère, campé par un Jesse Plemons (Jungle Cruise, Je Veux Juste en Finir, Judas and the Black Messiah…) peu engagé. Le jeune Jeremy T. Thomas livre une performance plutôt impressionnante pour son âge.

En conclusion, j’ai trouvé Affamés plutôt moyen, desservi par des jumpscares trop faciles et une touche d’appropriation culturelle injustifiée. Scott Cooper livre un film contemplatif qui manque de profondeur et d’un vrai storytelling pour embarquer le spectateur dans l’horreur. À tenter.

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