
Le pitch : Découvrez comment notre monde est devenu silencieux. Avant les évènements liés à la famille Abbott, une jeune femme nommée Sam tente de survivre aux prémices de l’invasion des créatures à New York.
Après deux films réalisés par John Krasinski, la saga Sans Un Bruit fait son retour avec un préquel, relatant le jour fatidique de l’invasion. La réalisation passe aux mains du méconnu mais prometteur Michael Sarnoski (Sabrina, Pig…). Ce nouvel opus s’éloigne de la famille Abbott pour se concentrer sur Samira (Lupita Nyong’o), une femme atteinte d’un cancer en phase terminale. Un choix audacieux qui tranche radicalement avec l’image familiale qui incarnait les précédents films.

Michael Sarnoski nous offre un film d’invasion extraterrestre unique. Éloigné des codes blockbusteriens comme Independence Day, La Guerre des Mondes, Premier Contact ou encore Edge of Tomorrow, Sans Un Bruit : Jour 1 conserve son ADN horrifique, grâce à la menace soudaine et omniprésente de ces créatures terrifiantes qui imposent le silence. Sans explosion massive ni héros caricatural, le film mise à nouveau sur le survival, en suivant une poignée de survivants ordinaires dans un New York désolé.

Fort de l’héritage des deux premiers opus, Sans Un Bruit : Jour 1 n’a pas besoin de longue introduction ou d’explication pour installer sa menace. Michael Sarnoski distille juste assez d’informations pour nous donner envie de suivre le parcours de Samira et de son adorable chat. Tandis que le monde se mure dans le silence, le film nous plonge immédiatement dans une ambiance angoissante et oppressante. Chaque mouvement des personnages est une source de tension, amplifiée par les apparitions brutales des monstres, ce qui ajoute une touche finale (et jubilatoire) à ce tableau anxiogène.
Cette nouvelle itération de Sans Un Bruit se fait plus accessible en s’attachant à des personnages ordinaires qui s’allient pour survivre. Entre une Sam mourante, un Eric terrifié, et un chat intrépide (mais pas trop), le film crée une empathie certaine pour ses personnages animés par la peur, ce qui l’ensemble plus palpable et accessible. On s’identifie à eux, oscillant entre la panique pure et le fatalisme, contrairement au film précédent où la notion de famille transformait ses personnages en héros protecteurs malgré eux. Là, il est plus simple de s’imaginer aux cotés des personnages, entre inconnu et désarroi.

Sous le prétexte d’une ultime part de pizza, Sans Un Bruit : Jour 1 se déploie sur la pointe des pieds dans une Grande Pomme devenue un huis-clos à ciel ouvert. Michael Sarnoski réussit à éviter la redite en insufflant un souffle nouveau à une intrigue que l’on pensait avoir explorée sous tous ses angles. Ce préquel n’apporte peut-être pas de nouvelles informations sur la nature des extraterrestres, mais il distille une poésie désenchantée dans une toile apocalyptique saisissante et captivante. Arrivant discrètement dans un paysage cinématographique saturé où tous les succès hollywoodiens attendus se sont effondrés au box-office, Sans Un Bruit : Jour 1 frappe juste avec un récit efficace, frissonnant et réjouissant.

Au casting, la sublime – mais émaciée pour le rôle – Lupita Nyong’o (Black Panther – Wakanda Forever, 355, Us…) porte le film sur ses épaules, accompagnée par un Joseph Quinn (Stranger Things, Overlord…) attachant dans un rôle masculin à contre-courant dans ce genre de film. A l’affiche également, Djimon Hounsou (Gran Turismo, Shazam 2, The King’s Man : Première Mission…), présent dans le film précédent, est de retour, tandis que Alex Wolff (Oppenheimer, Old, Hérédité…) et Alfie Todd (House of the Dragon, Andor…) complètent un ensemble réduit. Mention spécial au chat, pro d’apnée et ultra-calme.
En conclusion, Sans Un Bruit : Jour 1 renouvelle habilement l’univers de la saga avec une perspective nouvelle et audacieuse. Le film de Michael Sarnoski propose une continuité intéressante de la série tout en apportant une profondeur rafraichissante à un récit apocalyptique. Ceci dit, j’ai tout de même hâte de voir John Krasinski reprendre les rênes de son bébé pour le quatrième opus, prévu pour 2025 (pour l’instant). À voir.

