[CRITIQUE] 355, de Simon Kinberg

Donc là, on nous vend un film en mettant en avant l’échec précédent du réalisateur… Intéressant.

Le pitch : Une arme technologique capable de prendre le contrôle de réseaux informatiques tombe entre de mauvaises mains. Les agences de renseignements du monde entier envoient leurs agentes les plus redoutables là où l’arme destructrice a été localisée : à Paris. Leur mission : empêcher des organisations terroristes ou gouvernementales de s’en emparer pour déclencher un conflit mondial. Les espionnes vont devoir choisir entre se combattre ou s’allier…

Il faut croire que pendant le tournage de X-Men : Dark Phoenix rien ne laissait présager le four que ça allait devenir, puisque Jessica Chastain n’a pas hésité à donner l’idée d’un film d’espionnage au réalisateur Simon Kinberg, puis à y figurer. C’est ce que la légende raconte en tout cas, autour de la création de 355 dont le nom s’inspire du mythe de l’agent(e) secret qui répondait à ce code durant ses infiltrations (on retrouve également ce personnage mystérieux dans l’excellente bande-dessinée Y, Le Dernier Homme par exemple (mais évitez la série !)).
Ayant l’ambition de proposer un film d’action digne de concurrencer des franchises comme James Bond, Mission Impossible ou autre Jason Bourne, le film propose une course contre la monde à travers le globe (ou le cadran pour les platistes ^^), porté par des femmes badass et un rythme solide. Grâce à Jessica Chastain en tête d’affiche, je me suis facilement laissée portée l’intrigue et ses rebondissements. En plus d’une équipe de choc, 355 ne lésine pas sur ses efforts pour offrir des scènes d’actions décoiffantes, sans jamais féminiser inutilement ses protagonistes pourtant pleines de charme.

À l’arrivée, le film de Simon Kinberg propose un récit survolté, autour de la quête d’un énième outil technologique qui pourrait renverser des nations s’ils tombent entre de mauvaises mains. Certes, ce n’est pas très original, surtout lorsque l’héroïne principale monter une équipe et agit doit agir encore plus en secret. Complots et trahisons se mêlent à une trame relativement sans surprise mais suffisamment boostée par des rebondissements pour ne pas ennuyer. Même 355 se déroule par à-coups, avec sa façon d’enchainer l’action puis les temps de pauses impromptues (comme si on allait vraiment croire que l’intrigue était résolue au bout de 30 minutes…), ce qui donne un coté redondant et un poil toujours trop amateur à sa mise en abime.
De plus, à force de trop rechercher l’action, Simon Kinberg force le trait sur le caméra épaule, ce qui rend les affrontements aux corps à corps ou même les fusillades complètement illisibles car tout est filmé trop près. Par conséquent, les efforts de chorégraphie et de mise en scène passent à la trappe, ce qui est dommage car je ne rechigne jamais devant une bonne séance de castagne ! Heureusement, un dernier twist salvateur permet de dynamiser le rythme saccadé auquel on s’était habitué, comme pour s’assurer que le public restera bien éveillé jusqu’à la fin.

Globalement, 355 s’avère être un divertissement tout à fait correct, mêlant action et espionnage conjugués au féminin, sans pour autant être desservi par un « male gaze » ou une hyper féminisation limitante (comme l’avait fait Elizabeth Banks avec son Charlie’s Angels ou encore Gary Ross avec Ocean’s 8). OK, les héroïnes sont des femmes et les femmes ont certains atouts qui peuvent servir au cours de l’action (comme se fondre dans la masse ou détourner l’attention), mais finalement, Simon Kinberg a la bonne idée de ne conserver uniquement l’aspect utilitaire du genre au lieu d’en abuser. Quitte à adopter un concept déjà existant, c’est plutôt pas mal et ça se regarde sans effort. Il faut dire qu’après son premier film où il a officiellement été crédité en tant que réalisateur, X-Men : Dark Phoenix, c’est un bon en avant de voir un de ses nouveaux projets avec des acteurs qui n’ont pas jeté l’éponge en cours de route.

Au casting justement : Jessica Chastain (Ava, Ça : Chapitre 2, Miss Sloane…) règne sur le film, aussi captivante que solide dans ce rôle de femme d’action forte et ne recule pas devant les défis. Autour d’elle, Lupita Nyong’o (Black Panther, Little Monsters, Us…) apporte de la matière grise au groupe – ou plutôt explique son rôle tout au long du film – et Diane Kruger (The Operative, Bienvenue à Marwenn, In The Fade…) joue les têtes brulées, tandis que Penelope Cruz (Madres Paralelas, Cuban Network, Escobar…) m’a, pour une fois, plu alors qu’elle est à contre-emploi du personnage de femme fatale dans lequel on a l’habitude de la voir dans ce genre de film. Fan Bingbing (X-Men Days of Future Past…) fait également son retour au cinéma après des mois de disparition, mais il faudra attendre un peu pour la voir.
Coté yang, ce sont Sebastian Stan (The Falcon And The Winter Soldier, Le Diable, Tout le Temps, Destroyer…), Edgar Ramirez (The Undoing, Jungle Cruise…) et Jason Flemyng (X-Men First Class…) qui complètent l’ensemble, tandis que John Douglas Thompson s’offre une parenthèse loin de Broadway.

En conclusion, si vous aimez les films d’action et d’espionnage à la Jason Bourne, que le film Anna de Luc Besson ne vous a pas déplu et que l’effet team de choc à la Mission Impossible vous parle, 355 surfe sur des vagues similaires. Le résultat est imparfait, notamment en terme de réalisation, mais ne manque finalement pas de cachet et fait le job de nous embarquer dans son effervescence. L’ensemble du casting est le point fort du film, notamment pour le duo Chastain-Stan que j’aurai aimé voir encore plus. À voir, pourquoi pas (surtout si vous avez déjà supporté le film Bloody Milkshaske cet été, la moitié du chemin est fait).

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