[EPIC] Godzilla : Un spectacle jubilatoire et impressionnant

godzilla3Un des films les plus attendus de l’année débarque enfin sur nos écrans. Après l’oubliable remake de Roland Emmerich, 60 ans de légende et, au total, 28 adaptations cinématographiques (produites par Toho), le film de Gareth Edwards est-il à la hauteur de nos attentes ?
Véritable film catastrophe, Godzilla va bien au-delà du simple film de monstre(s) en créant une véritable histoire tangible autour de ses personnages et en confrontant l’homme, si minuscule, face au déchaînement d’une nature qu’il essaie de contrôler. Fidèle aux origines japonaises du monstre et truffés de références, Godzilla rend hommage à la légende et au genre « kaiju eiga », dans un film épique, spectaculaire et à la fois poignant, grâce à un scénario misant sur une tension dramatique et haletante, tout en offrant un visuel époustouflant. Le blockbuster de l’année ? C’est très possible.

Le pitch : Le physicien nucléaire Joseph Brody enquête sur de mystérieux phénomènes qui ont lieu au Japon, quinze ans après un incident qui a irradié la région de Tokyo et déchiré sa propre famille. Refusant de s’en tenir à la version officielle qui évoque un tremblement de terre, le scientifique revient sur les lieux du drame accompagné par son fils Ford, soldat dans la Navy. Au même moment, la nature se déchaîne et un secret jusqu’alors bien gardé va bientôt mettre en danger l’humanité…

L’année dernière, Guillermo Del Toro remettait au goût du jour le « kaiju eiga » (les films de monstres) avec Pacific Rim. Un film que j’avais alors applaudi, en parlant de créatures titanesques et d’un blockbuster estival impressionnant. Mais ça, c’était avant.
Refaire un film sur Godzilla, c’est probablement un des paris les plus risqués de ces dernières années, depuis le remake de King-Kong par Peter Jackson en 2005, pas seulement parce qu’il s’agit d’un monstre géant, mais surtout à cause de tout ce qu’il représente. En effet, le tout premier film sorti en 1954, réalisé par Ishiro Honda, était surtout une manière d’exprimer le ressentiment d’un pays encore meurtri par les attaques atomique à Hiroshima et Nagasaki, lors de la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant, au fil du temps et après de nombreuses adaptations, le message porté par cette créature légendaire est on ne peut plus vivant, puisqu’il continue de dénoncer les agissements de l’homme envers la nature. C’est ce sujet implicite, mais néanmoins très puissant, qui a donné à Godzilla une dimension autre que le simple blockbuster, devenant ainsi une référence et s’inscrivant durablement dans la culture populaire.
Avec autant d’éloges et un monstre aussi culte, oser faire un nouveau film sur Godzilla, relève du défi presque inconscient, et ce n’est pas Roland Emmerich qui dira le contraire, puisque sa version de 1998 continue de susciter des réactions extrêmes. Résultat, cette nouvelle version de Godzilla, signée par le jeune Gareth Edwards (Monster, en 2010) était aussi attendue que crainte.

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« The arrogance of man is thinking nature is in our control… and not the other way around. »

Doté d’un réalisme saisissant, Godzilla conquiert dès les premières minutes, grâce à une histoire à échelle humaine, aussi bien au niveau du scénario que visuellement. En effet, plutôt de balancer du monstre en veux-tu en voilà, le film mise avant tout sur une origin story approfondie et crédible attachée aux personnages, en démarrant 15 ans auparavant, alors qu’un homme tente encore de déchiffrer les mystères cachés derrière les événements d’Hiroshima. Sa quête de vérité va déclencher des réactions en chaîne, menant directement jusqu’à Godzilla tout en explorant plusieurs thèmes qui vont rendre la trame toujours plus captivante. Sur fond de catastrophe naturelle et au cœur d’une crise familiale touchante, le film pose également une atmosphère angoissante et menaçante, entre conspirations et mises en garde écologique. Le temps a passé depuis les années 50 et pourtant ce Godzilla version 2014 revisite les mêmes angoisses, autour des armes chimiques, biologiques et/ou nucléaires, et continue d’exprimer les mêmes craintes, se demandant si un jour la nature ne va-t-elle pas finir par se venger. Du coup, le film nous embarque sans effort du Japon aux États-Unis, faisant sans cesse monter la tension tandis que, petit à petit, l’aspect purement dramatique du film laisse place au coté blockbuster.

Un film Godzilla, c’est comme un rêve de gosse qui devient réalité et ça, Gareth Edwards l’a bien compris. Le film joue cruellement avec nos nerfs, avec un suspens parfois insoutenable et surtout en teasant le monstre plusieurs fois de suites. Si cela est légèrement frustrant, le film se rattrape largement au cours des dernières minutes du film, offrant alors un affrontement final aussi haletant que visuellement sensationnel. Alors que le film ne manque pas de références à la légende, c’est surtout l’inspiration « spielbergienne », dans la réalisation avisée de Gareth Edwards, qui donne de l’ampleur au spectacle, avec ses clins d’œil à Jurassic Park et aux Dents De La Mer. On se sent tout petit devant autant de force et de puissance, bouche bée devant ce spectacle fascinant et colossal. Godzilla fait tout simplement plaisir à voir, que ce soit au niveau du look que dans les mouvements de la bête (merci, en partie, à Andy Serkis), rappelant si bien le Godzilla d’Ishiro Honda et les « kaiju eiga » où les monstres écrasaient des répliques miniatures des villes alentours.
L’ambiance du film est presque apocalyptique, grâce à une photographie métallique et un jeu de lumière habile. Le chaos est omniprésent, reflété dans chaque personnage ahuri, chaque plan gigantesque et chaque mouvement de caméra, dont l’œil minuscule souligne l’ampleur des dégâts. La mise en scène est calibrée dans les moindres détails, plaçant ainsi le spectateur aux premières loges en restant à hauteur humaine, afin de mieux retranscrire l’immensité du spectacle qu’il propose, offrant ainsi une succession de plans magistraux d’une beauté à couper le souffle (la première apparition du monstre, la scène avec les parachutistes et les fumigènes rouges…). Gareth Edwards livre un Godzilla à la hauteur, et plus encore, de nos attentes, ancré dans une histoire réaliste et cohérente.

Un seul bémol finalement, assez critique, c’est que toute la charge émotionnelle du film est focalisée autour de Godzilla, véritable dieu vivant et créature emblématique par excellence. Du coup, les relations entre les personnages (humains) passent un peu à l’as. Si le personnage de Bryan Cranston parvient à nous toucher, la relève assurée par Aaron Taylor Johnson et Elizabeth Olsen marque peu les esprits (sûrement échauffés par les apparitions toujours plus alléchantes de Godzilla).
Ceci étant dit, le casting brille par son extrême justesse, si Bryan Cranston (Breaking Bad, Total Recall, Argo…) reste un des personnages les plus mémorables, le couple Aaron Taylor-Johnson (Kick Ass 1 et 2, Chatroom, Savages…) et Elizabeth Olsen (Martha Marcy May Marlene, Silent House…) reste agréable à suivre car ils ont la lourde tâche, finalement, d’être nos yeux et nos oreilles pendant tout le film. À l’opposé de ce duo chargé en émotion, Ken Watanabe (Mémoires d’Une Geisha, Inception…) et Sally Hawkins (Fleur du Désert, Blue Jasmine…) maintiennent une dynamique scientifique, certes un peu froide mais nécessaire.

En conclusion, retenez bien le nom de Gareth Edwards, un réalisateur prometteur à suivre. Godzilla 2014 est une pure tuerie (oui, j’ose !), un véritable régal grandiose et phénoménal, à la portée de tous. Le film est à la fois un blockbuster époustouflant et la continuation d’une légende au message puissant, intelligent et actuel. Ce sera difficile de faire mieux !

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