[CRITIQUE] Jamais Entre Amis, de Leslye Headland

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Avec un titre et un pitch aussi entendu, Jamais Entre Amis avait l’obligation de surprendre pour sortir du lot. C’est chose faite ! Grâce à un duo aussi drôle qu’attachant, le film de Leslye Headland joue la carte de l’anti-glamour et apparaît comme le cousin moderne de la comédie culte de Rob Reiner, Quand Harry Rencontre Sally, osant mêler raisons et sentiment avec le grain de folie nécessaire pour ne pas sombrer dans l’ennui. Résultat on s’amuse, peut-être même que certains s’informeront 😉 et on craque littéralement pour ce couple un peu givré mais adorable !

Le pitch : Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l’université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu’ils sont devenus des champions de l’infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s’engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s’entraider dans leur quête du véritable amour.

Il n’y a pas si longtemps, certaines comédies romantiques ont tenté de surfer sur la mode des fuck-buddies, ces plans cul réguliers (oui, comme la chanson) qui finissent par se découvrir au naturel entre deux 5 à 7 avant de tomber follement amoureux. Mila Kunis et Justin Timberlake dans Sexe Entre Amis avaient affronté Natalie Portman et Ashton Kutcher dans Sex Friends en 2011 sur le même sujet, proposant aussi bien l’un que l’autre des duos trop parfaits, à la coolitude forcée et au glamour bien trop éloigné de la réalité. Les plans culs, pourquoi pas, de là à tricoter une romcom là-dessus, c’était un peu trop demandé. Avec les histoires d’amour impossible, les amitiés-amoureuses sont également le point de départ idéal pour lancer une comédie romantique qui saura atteindre un large public (même si ces films véhiculent l’idée fausse que l’amitié homme-femme n’existe pas, mais c’est un autre sujet). L’année dernière, Michael Dowse avait réouvert la brèche avec Et (beaucoup) plus si affinités, avec un Daniel Radcliffe amoureux d’une Zoe Kazan déjà prise, mais qui accepte de rester ami avec elle. Le résultat est frais et mignon comme tout.

Ici, Jamais Entre Amis revisite le concept avec un double atout : un appel du pied évident au film culte Quand Harry Rencontre Sally de Rob Reiner et un scénario à la fois épicé et moderne qui parvient à créer la surprise pour étonner son public. La réalisatrice de l’infâme Bachelorette, Leslye Headland fait cette fois l’excellent choix de proposer des personnages ordinaires, voire des caractères sentimentalement perturbés, sans pour autant forcer le trait, évitant ainsi la caricature limite vulgaire (comme cela avait été le cas dans Bachelorette). Elle, se languit d’amour depuis des années pour un homme qui n’assume pas leur relation tout en étant incapable de rester en couple sans être infidèle, tandis que lui enchaîne les relations sans avenir, quitte à précipiter leur fin. Ce duo improbable décide de freiner leurs pulsions pour rester simplement amis et confident.
Certes, Jamais Entre Amis ne renouvelle pas le genre, mais le film se démarque grâce à ses échanges colorés et ses gags hilarants. J’ai adoré le naturel des personnages et la facilité avec laquelle on peut se reconnaître dans l’un de leurs travers, du coup on accroche rapidement à ce duo pétillant, plein d’humour et de répartie. Leslye Headland aborde des sujets osés et savoureux, en passant de la masturbation à la consommation de drogue sans jamais devenir vulgaire ou trashouille, car le film conserve une légèreté à toute épreuve. À l’écran, le duo fonctionne à merveille et la complicité semble naturelle, explorant ensemble leurs déboires sentimentaux tout en restant conscients au final de leur attirance physique. On échappe donc au faux déclic où les sentiments apparaissent comme par magie et qui ont souvent tendance à créer une rupture entre la comédie et la romance dans ce genre de film. Au contraire, Jamais Entre Amis reste aussi vif et éclairé du début à la fin, et ce malgré un certain nombre de personnages secondaires qui se bousculent à l’écran et les décors d’un New York estival et discret.
Seul bémol peut-être, l’autre couple, faux wing-mens et vrais cheerleaders, qui épaissit parfois, et inutilement, le trait, jusqu’à s’étaler dans le générique final.

Au casting : Jason Sudeikis a fait du chemin depuis Les Miller – Une famille en herbe et Comment Tuer son Boss 2, et maîtrise un peu mieux son personnage pour le rendre plus attachant que goujat. La vraie star du film c’est la fabuleuse Alison Brie (Community, BoJack Horseman et Unikitty dans La Grande Aventure Lego…), une vraie révélation, aussi jolie qu’adorablement déjantée, qui apporte beaucoup de fraîcheur avec sa voix aiguë qui détonne avec son look versatile. Autour, nous retrouvons Jason Mantzoukas (Nos Pires Voisins…) et Katherine Waterston (Inherent Vice…) en couple inébranlable, mais aussi Adam Scott (Bachelorette…), Natasha Lyonne (Orange Is The New Black…), Adam Brody (Life Partners…) et Amanda Peet (Arnaque à la carte…). Et tiens, Marc Blucas est également de la partie (pour les fans de Buffy !).

En conclusion, Jamais Entre Amis est la comédie rafraîchissante de la rentrée. Si Leslye Headland ne renouvelle pas le genre, ses personnages attachants et ses dialogues épicés forment un ensemble hilarant et léger qui permettent au film de sortir de l’ordinaire. À voir !

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