[CRITIQUE] Le Livre de la Jungle, de Jon Favreau

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Poursuivant leur lancée destinée à donner une nouvelle vie à ses célèbres dessins animées, les studios Disney proposent une version live du Livre de la Jungle, initialement adaptée du roman de Rudyard Kipling. À l’instar du film Maléfique, celui de Jon Favreau ne réinvente rien mais à la particularité de combiner avec adresse la magie tendre des films Disney avec le mystère un poil obscure du conte. Résultat, ce nouveau Livre de la Jungle offre un divertissement surprenant, au réalisme saisissant grâce à des effets spéciaux somptueux, permettant de retomber en enfance tout ajoutant le soupçon de frisson nécessaire pour éveiller la curiosité. Rien de nouveau sous la lune, donc, si ce n’est un film impressionnant et des mélodies qui restent en tête bien longtemps. Il en faut peu pour être heureux, non ?

Le pitch : Les aventures de Mowgli, un petit homme élevé dans la jungle par une famille de loups. Mais Mowgli n’est plus le bienvenu dans la jungle depuis que le redoutable tigre Shere Khan, qui porte les cicatrices des hommes, promet d’éliminer celui qu’il considère comme une menace. Poussé à abandonner le seul foyer qu’il ait jamais connu, Mowgli se lance dans un voyage captivant, à la découverte de soi, guidé par son mentor la panthère Bagheera et l’ours Baloo. Sur le chemin, Mowgli rencontre des créatures comme Kaa, un python à la voix séduisante et au regard hypnotique et le Roi Louie, qui tente de contraindre Mowgli à lui révéler le secret de la fleur rouge et insaisissable : le feu.

49 ans après le film de Wolfgang Reitherman, c’est au tour de Jon Favreau (Iron Man 1 et 2, #Chef…) de nous proposer sa version du Livre de la Jungle. Une annonce qui, à l’époque, ne m’avait pas vraiment secouée. En effet, les dessins animés de notre enfance ont actuellement une nouvelle vie au cinéma, qu’ils soient signés par les Studios Disney (La Belle au Bois Dormant, Cendrillon et bientôt La Belle et la Bête…) ou d’autres maisons de production (l’autre La Belle et la Bête, Blanche-Neige et le Chasseur…). Si certains en profitent pour révéler un autre point de vue – celui de Maléfique, par exemple, parfois il est tout simplement bon de retrouver l’histoire originale. Là encore, la chose n’est pas aisée : Cendrillon, par exemple, avait beau reprendre la trame du conte culte, le résultat rivalisait de niaiserie alors que le dessin animé continue de m’enchanter malgré mon grand âge. Et oui, comment adapter un dessin animé en prises de vues réelles en évitant la redite, en conservant un peu de magie ET en ajoutant une pointe de mystère pour épicer l’ensemble ?

Il semblerait que Jon Favreau ait trouvé la recette pour arriver à ce résultat. Si tout le monde connait l’histoire du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, cette nouvelle version parvient à la raconter presque à l’identique. L’astuce : quelques petits changements qui donnent de l’ampleur à une trame enfantine. Ainsi le film donne vie et parole à un royaume animal impressionnant, créant un lien immédiat avec certains personnages plus en retraits dans le dessin animé : Raksha, la mère louve adoptive de Mowgli et Akela, le chef de meute, sont plus présents à l’écran, inscrivant le héros dans son éducation et l’importance que peut avoir la jungle à ces yeux, mais c’est surtout à travers un Shere-Khan vraiment inquiétant que Le Livre de la Jungle abat ses atouts majeurs. Sans virer au film au noir, Jon Favreau rappelle la loi de la jungle à travers une tension fascinante qui émane du tigre menaçant, et, en le présentant dès le début du film, crée un véritable point de départ à l’aventure de Mowgli (contrairement au dessin qui laisse planer le mystère les 3/4 du temps).
Certes le film ne raconte rien de nouveau et les personnages adaptés par Disney possèdent un capital sympathie auquel on accroche avec facilité, mais ce qui change la donne, c’est que le visuel du Livre de la Jungle est réellement bluffant. En effet, le challenge du film, c’était surtout d’avoir qu’un personnage humain et le reste animal : les effets spéciaux sont si bien faits que je me suis plusieurs fois demandé s’il y avait vraiment de véritables animaux sur le plateau. Mais non, le jeune Neel Sethi (Mowgli) a joué en majorité devant des écrans verts et le résultat est tout simplement impressionnant et réaliste. Même si, au final, Le Livre de la Jungle pourrait ne pas vous conquérir, le film est d’une beauté à couper le souffle, entre une photographie superbe et des animaux plus vrais que nature, alliant l’élégance féroce de Bagheera, le coté patapouf mais imposant de Baloo ou encore la musculature sinueuse de Kaa… avec des accents de tendresse et de danger habilement mesurés.

Le Livre de la Jungle m’a beaucoup plu, d’abord parce que c’est une réussite visuelle totale et j’ai été séduite par le réalisme et la beauté des animaux, ensuite parce que le film de Jon Favreau est un excellent compromis avec le conte pour enfants, en éliminant quelques scènes du dessin animé pour permettre aux plus grands de le redécouvrir dans une ambiance un poil plus sombre et dynamique. Cependant, l’empreinte de Disney n’est jamais loin et, en plus de reprendre l’aventure de Mowgli avec brio, on y retrouve également les chansons phares du dessin animé (pas toutes !), laissant un souvenir prenant bien après le visionnage. D’ailleurs, la fameuse chanson de King Louie est complètement lavée de son sous-texte un peu vaseux de l’époque, et c’est tant mieux ouh-ouh-ouh !

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Au casting humain, il faudra compter sur le jeune Neel Sethi, reprenant brillament le personnage heros à la fois intrépide et naïf qui n’en fait parfois qu’à sa tête, dans une performance remarquable vu ses conditions de tournages (fonds verts). Coté casting vocal original, Bill Murray (The Grand Budapest Hotel, Moonrise Kingdom…) est parfait en Baloo, tout comme la voix de Ben Kingsley (The Walk, Exodus: Gods And Kings…) va comme un gant à Bagheera. Loin de sa performance dans Her, Scarlett Johansson (Lucy, Avengers : L’Ère d’Ultron…) est accessoire en Kaa, tandis que Christopher Walken (Jersey Boys, Sept Psychopathes…) est excellent en King Louie. Mais celui qui s’en sort à merveille, c’est encore une fois Idris Elba (Beasts Of No Nation, Mandela, Pacific Rim…), qui a déjà dévoilé ses talents de doubleur dans Zootopie, s’illustre cette fois en incarnant le terrifiant Shere-Khan d’une voix calme, grave et frissonnante ! J’en redemande.

En conclusion, alors que les adaptations de dessins animés en prises de vues réelles se succèdent, cette version du Livre de la Jungle tire son épingle du jeu. Jon Favreau sublime le conte bien connu, loin des histoires féeriques de princesses, en se réappropriant l’histoire avec un point de vue plus sombre et plus terre-à-terre, sans jamais se départir d’une énergie bonhomme qui rend l’ensemble aussi dynamique qu’attrayant. C’est un vrai plaisir que de redécouvrir ce nouveau Livre de la Jungle, surtout parce qu’il est visuellement fantastique. Si à première vue le projet d’Andy Serkis, Jungle Book: Origins (prévu en 2017) semblait plus alléchant, Jon Favreau crée la surprise et place la barre bien haute. À voir !

3 réflexions sur “[CRITIQUE] Le Livre de la Jungle, de Jon Favreau

  1. Pour ma part, Le Livre de la jungle est un bon film. Je trouve que la scène mettant en évidence le python est particulièrement bien réalisée. D’ailleurs, ta critique me donne l’envie de le revoir !

  2. Une critique bien écrite à laquelle j’adhère ! Je suis bien d’accord sur le fait que Shere Khan soit intimidant, comme il le faut. Pour le Roi Louie, j’étais vraiment enthousiaste lorsque les premières notes de sa chanson ont commencé à jouer. Par contre, je n’ai pas été fan du fait qu’il reste immobile pour la chanter. Même si ça se justifie par le fait qu’il bouge, et soit intimidant, lorsqu’il attaque. Il paraît que Kaa est plus présente dans la vo que la vf, c’est un mythe ou est-ce vrai ? Dans la vf,à vrai dire, elle parle quelques minutes lors de l’analepse, et c’est tout ! Bref, c’était un bon petit film, qui rappelle des souvenirs, c’était chouette !

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