[CRITIQUE] X-Men Apocalypse, de Bryan Singer (sans spoiler)

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Plus de spoilers, easters eggs et autres références ? C’est par ici

On prend les mêmes et on recommence… Ou presque. Après un Days Of Future Past qui remettait les compteurs à zéro, Bryan Singer est de retour avec X-Men Apocalypse où les mutants affrontent un vilain emblématique : celui qui se présente comme étant le tout premier mutant. Globalement, X-Men Apocalypse a répondu à mes attentes : du grand spectacle super-héroïque efficace, du fan service toujours plaisant, des héros que je retrouve ou découvre avec plaisir et enfin des X-Men qui agissent en équipe. Le film cumule des scènes visuellement grandioses et époustouflantes mais finit par trop se reposer sur un traitement plus souvent démonstratif que dynamique. Résultat, X-Men Apocalypse est une mise en place de presque deux heures qui s’étire avec beaucoup d’emphase, certes salutaire mais souvent trop ronflante. À force de confier les X-Men au même réalisateur, ce nouvel opus a un coté répétitif dans son approche narrative car on remue encore une fois les mêmes problématiques, du coup ce fabuleux bad guy qu’est Apocalypse devient un roi du discours alors que ses ambitions véritables passent peu à peu à la trappe. Il serait peut-être temps de passer le flambeau (ou de rappeler Matthew Vaughn) ?

Le pitch : Depuis les origines de la civilisation, Apocalypse, le tout premier mutant, a absorbé de nombreux pouvoirs, devenant à la fois immortel et invincible, adoré comme un dieu. Se réveillant après un sommeil de plusieurs milliers d’années et désillusionné par le monde qu’il découvre, il réunit de puissants mutants dont Magneto pour nettoyer l’humanité et régner sur un nouvel ordre. Raven et Professeur X vont joindre leurs forces pour affronter leur plus dangereux ennemi et sauver l’humanité d’une destruction totale.

En 2014, Bryan Singer signait son grand retour chez les X-Men avec un casting important aux allures de réunion de famille. Si les retrouvailles faisaient plaisir, elles n’ont pas été sans remous : la version Rogue Cut sortie plus tard en DVD avec 30 minutes de film en plus était finalement meilleure que la version ciné. « Qu’à cela ne tienne ! » s’écria Bryan Singer dans mon imagination, « Je reviendrais avec un nouveau film qui sera le plus long de tous les films X-Men ! » La foule sceptique applaudit alors du bout des doigts avant d’encadrer le mois de mai 2016 sur leurs calendriers : « Nous verrons bien, murmura la foule, parce que tu passes quand même après Zack Snyder et les frères Russo la même année ». Bryan Singer se gaussa avant de lancer un coup de coude amical à Simon Kinberg qui remplissait déjà un chèque en blanc… et moi je m’égare !

Nouveau film, nouvelle timeline : nouveau départ ! X-Men Apocalypse se situe dans les années 80, quelques années après les événements vus dans Days Of Future Past et c’est l’occasion de souffler un vent de renouveau dans l’équipe des X-Men. Si l’on retrouve les personnages découverts dans First Class, Bryan Singer dessine une nouvelle génération d’X-Men en introduisant des mutants bien connus dans une version plus jeune. Du coup, en parallèle du réveil d’Apocalypse qui promet des heures plus sombres, le film de Bryan Singer renoue avec l’énergie des premiers films en inscrivant une bonne partie de ses scènes dans l’école du professeur Xavier. Grâce à ces ados qui découvrent leurs pouvoirs, qu’ils les maîtrisent ou non, X-Men Apocalypse répond à une des attentes premières des amateurs de films de super-héros : donner envie d’avoir des pouvoirs et donc s’identifier aux personnages. Du coup l’aspect fun des super-pouvoirs souligne une ambiance plutôt légère, sémillante et traversée par des traits d’humour qui contrastent avec la tension dramatique qui augmente avec le réveil d’Apocalypse et ses sessions intensives de recrutement. En effet, Bryan Singer inscrit son super vilain dans une vague de violence graphique et brutale, laissant de nombreux cadavres sur son passage et réveillant le coté sombre de Magneto. Un changement intéressant qui met en place une noirceur salutaire (et appétissante) autour du film, l’inscrivant dans une volonté commune de voir des films de super héros plus agressifs.
Dans une première partie réussie, Bryan Singer ressuscite les points forts de la saga X-Men : en plus de retrouver et de découvrir de nouveaux personnages, le film cumule les scènes jubilatoires et spectaculaires qui en imposent visuellement, tandis que le tableau s’obscurcit de plus en plus.

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Seulement voilà, en voulant constamment repartir de zéro, Bryan Singer doit créer de nouvelles bases. Du coup, X-Men Apocalypse souffre de mise en place à rallonge alors que le vilain prépare son plan et ses nouvelles recrues, à grands renforts de speechs motivants et de démonstrations de l’étendue de de pouvoirs. Et c’est bien là le problème : le film se repose trop souvent sur le caractère démonstratif de ses scènes que sur l’action. Visuellement, le film est excellent et les effets spéciaux mettent en valeur le pouvoir de chaque mutant. Mais la mise en place est parfois trop pompeuse ou ronflante tandis que l’introduction de certains personnages (ou caméos) vire carrément à l’esbroufe, à travers des ralentis trop attendus ou des encouragements directs qui tardent à être entendus. Résultat, le spectacle est au rendez-vous et le film de Bryan Singer continue de marquer des bons points en apportant des éléments qui manquaient à l’appel depuis le reboot de la franchise : du combat en équipe (ENFIN) à la révélation des véritables pouvoirs de certains personnages que nous suivons pourtant depuis le début. En multipliant le fan-service, le film offre des scènes purement jubilatoires qui sauvent largement l’ensemble, mais il faut attendre un bon moment avant qu’X-Men Apocalypse passe à la vitesse supérieure.

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Pourtant, si X-Men Apocalypse remplit son contrat et offre un divertissement à la hauteur de la saga, il faut reconnaître qu’en plus d’être un cran en dessous de Days Of Future Past (et bien derrière First Class qui reste mon favori de ce reboot), le fait d’avoir Bryan Singer à nouveau à la barre laisse entrevoir des faiblesses d’imagination dans l’écriture du film. Pour commencer, ce nouvel opus abandonne complètement une piste lancée dans le film précédent (dans la première scène post-générique), ce qui fausse un peu un événement central d’X-Men Apocalypse. Puis une autre erreur du même genre se reproduit en cours de route, alors que le film se termine ignorant joyeusement quelques petites choses qui se baladent encore dans l’espace (j’en parlerai dans mon article spoilers, promis), tandis que derrière cette déferlante de pouvoirs poussés au maximum, certains détails paraissent étranges ou trop commodes (comme le fait d’avoir attendu 6 films pour réaliser que le métal est composés d’éléments organiques… hm-hm).
Mais au-delà de tout cela, ce qui est le plus gênant c’est la redondance des thématiques dans les films X-Men. Certes, le conflit entre les humains et les mutants est inévitable, tout comme la relation compliquée entre Magneto et le Professeur X mais… pfff… encore ? Après des décades de comics et autant de super vilains, X-Men Apocalypse remue une nouvelle fois les mêmes sujets, sans véritable nouveauté, ignorant par la même occasion les potentielles intrigues liées aux nouveaux personnages que les films X-Men ne cessent d’introduire sans véritablement les utiliser. Du coup, les éventuels retournements de veste en cours de route deviennent trop prévisibles (même s’ils sont tout de même exécuté avec beaucoup de panache, avouons-le) et le méchant du film, annoncé comme une énorme menace, se perd dans des ambitions peu abouties (sans parler du fait que, pour ceux qui sont à jour sur la saison 4 d’Arrow, cela pourrait avoir un furieux air de déjà-vu… encore une fois).
Et enfin, dernier reproche (histoire de ne pas en rajouter une louche sur la longueur du film), si Bryan Singer a réduit le nombre de personnages-phares à l’écran, il n’en maîtrise pour autant pas leurs apparitions. Le personnage de Mystique vampirise le film tandis que d’autres mutants plus intéressants (Psylocke…) sont un poil mis de coté voire totalement oublié (Jubilee).

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Justement, au casting : là où un ensemble Marvel Studios a tendance à ne pas trop se renouveler et à interpréter leurs personnages souvent de la même façon, chez les X-Men/Fox, certains anciens continuent d’explorer de nouvelles facettes de leurs personnages. Ici, James McAvoy (Docteur Frankenstein, Trance…) incarne un Charles Xavier devenu Professeur, mature, plus sûr de lui et de ses pouvoirs, face à un Magneto brisé, parfaitement interprété par Fassy Assbender super sexy Michael Fassbenber (Steve Jobs, Macbeth…). Par contre, Jennifer Lawrence (Hunger Games, Joy…) a toujours un jeu aussi plat (mais fera plaisir à ses fans avec une première apparition inratable), Nicholas Hoult (Kill Your Friends, Mad Max: Fury Road…) brille un peu moins, Lucas Till porte la pire coupe de cheveux de l’univers et Evan Peters (American Horror Story, Lazarus Effect…) est soumis à la surenchère liée à son personnage. A noter également, la présence de Rose Byrne (Spy, Nos Pires Voisins…) ou encore le retour de Josh Helman (Flesh And Bones…), ainsi qu’une surprise et un caméo.
Chez les petits nouveaux, c’est l’inverse de chez Marvel Studios. Si les acteurs connus se répètent, les newbies marquent toujours les esprits. Ici, dans X-Men Apocalypse, difficile d’en faire sortir un du lot. Bien entendu, la présence de Sophie Turner (Game Of Thrones…), Tye Sheridan (Dark Places, Mud…) et Olivia Munn (Zoolander 2, Délivre-Nous Du Mal…) est remarquée, mais Alexandra Shipp (NWA – Straight Outta Compton…), Ben Hardy ou encore Kodi Smit-McPhee (Young Ones…) font souvent office de seconds couteaux. Enfin, Oscar Isaac (Ex Machina, A Most Violent Year…) endosse un rôle difficile mais s’en sort plutôt bien, malgré une écriture moyenne de son personnage.

En conclusion, X-Men Apocalypse fonctionne mais est loin d’être le choc super-héroïque attendu. Si le film est visuellement réussi et cumule des scènes réellement fantastiques qui raviront à la fois les amateurs du genre et les fans de la saga, Bryan Singer se repose sur un traitement emphatique et à rallonge qui, en plus d’étirer le film, a tendance à surestimer l’excitation du public. Si X-Men Apocalypse parvient à renouer avec les points forts de la saga, notamment en renouvelant son casting, peut-être faudrait-il renouveler l’œil derrière la caméra ? À voir, évidemment.

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Ps : Plus de spoilers, easters eggs et autres références ? C’est par ici

Une réflexion sur “[CRITIQUE] X-Men Apocalypse, de Bryan Singer (sans spoiler)

  1. Oui, rappelons Matthew Vaughn. Singer fait toujours du bon travail mais la saga a besoin de renouveau! Dommage qu’il ait recollé cette trilogie à la précédente. J’aimais bien la vision de Vaughn.

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