[COUP DE CŒUR] Captain America – Civil War, de Joe et Anthony Russo (sans spoiler)

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Après un affrontement super-héroïque décevant, Batman V Superman : L’aube de la Justice, c’est au tour des Studios Marvel d’entrer dans la course avec le très attendu Captain America – Civil War. Les « détesteurs » détesteront, mais une fois de plus, les Studios Marvel livre un film réussi et spectaculaire répondant à nos attentes : des scènes d’actions à couper le souffle qui animent une intrigue intéressante et complexe au traitement novateur. Sous la houlette des frères Russo qui avaient déjà signé Captain America – The Winter Soldier, nos héros favoris se déchirent avec superbe, dans un film dense et jubilatoire. Bien mieux qu’Avengers – L’Ère d’Ultron et carrément à la hauteur de The Winter Soldier, Captain America – Civil War est une belle réussite. Vive Marvel Studios, vive les Avengers, vive les frères Russo (et vivement Infinity War) !

Le pitch : Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l’humanité. À la suite d’une de leurs interventions qui a causé d’importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l’équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s’engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d’autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement…

>>> [SPOILERS] Captain America – Civil War : Retour sur le film

Iron Man est sorti sur nos écrans en 2008. 8 ans et une dizaine de films plus tard, les super héros estampillés Marvel Studios ont connu de solides heures de gloire en Phase 1 (Avengers en tête de liste) et des gros moments de doutes pendant la Phase 2 (Iron Man 3, Thor – Le Monde des Ténèbres, Avengers – L’Ère d’Ultron). Mais un de ces films qui a su se démarquer c’était bien évidemment Captain America – The Winter Soldier qui, en plus de chambouler l’univers du Marvel Cinematic Universe (MCU), proposait une facette plus robuste du héros, jusque là trop lisse et en retrait, l’imposant comme un leader charismatique et un combattant à la riposte spectaculaire.
En effet, le chemin a été long depuis Captain America – The First Avenger, une origin story située dans les années 40 et affaiblit par les bons sentiments du film, entre l’humilité courageuse du héros et une romance impossible en toile de fond. Jusqu’au film Avengers, de Joss Whedon, Steve Rogers était présenté comme un personnage indispensable mais déphasé, sur lequel on se reposait pour rire du fait qu’il n’était pas vraiment à la page. Grâce aux frères Russo, Captain America a retrouvé de la carrure et ses retrouvailles avec son ami d’enfance Bucky, recruté de force par Hydra, lui ont permis d’acquérir une certaine légitimité parmi les Avengers, notamment en tant que leader. Car oui, les frères Russo ont su faire des points faibles de ce héros sa force. Si Iron Man a des gadgets de folie, vole et peut tout faire péter, si Thor est un demi-dieu et ses ennemis sont le plus souvent extra-terrestres, si Hulk appelle à la destruction bestiale et massive face à des ennemis colossaux (Abomination), Captain America n’a « que » sa force et son esprit de justice infaillible. Du coup, tout le coté fantastique des effets spéciaux des films de ses compagnons permettent d’en mettre plein la vue et se rattrapent énormément sur ce point, tandis que les films de Captain America, eux, mettent le paquet sur les affrontements aux corps-à-corps… avec justesse.

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Pourtant, avec Captain America – Civil War les enjeux étaient de taille. Avec un tel titre, difficile de ne pas penser à l’histoire des comics du même nom : comment adapter une telle histoire qui réunit pratiquement tout le Marvelverse, alors que Marvel Studios ne possèdent que certains droits, tandis que certains personnages n’ont pas été développé sur grand écran. Heureusement, le MCU s’adapte et le film aborde finalement l’intrigue sous un autre angle : oui il y a bien une « guerre civile » où nos héros s’affrontent entre eux mais surtout le film conserve les enjeux politiques de l’intrigue en abordant la notion des Accords rédigés par les Nations Unies qui s’élèvent contre la liberté d’agir des Avengers pour minimiser les dommages collatéraux et les pertes humaines pendant leurs entreprises. C’est à partir de là que le film se construit, éraflant l’image sacralisée des super héros avec une scène d’introduction qui virent au drame tandis qu’une simple mission débouche sur la mort de nombreux innocents.
Alors qu’on nous demande de choisir notre camp, le film des frères Russo exposent les arguments opposés sans prendre partie, du coup, au-delà de notre affection pour Captain America ou Iron Man, chaque camp a raison et parfois, chaque camp a tort, rendant la scission du groupe plus trouble. Captain America – Civil War prend à revers des années de films super héros pour installer un traitement novateur, car cette fois ce n’est pas la méchant qui monopolise la tension et fait vivre l’intrigue, mais bien cet affrontement permanent qui ne cesse de s’amplifier jusqu’à un point de non-retour que le film explore jusqu’au bout. En effet, les frères Russo s’éloignent des trames Marvel-like : le vilain du film a des intentions purement humaines et terre-à-terre, tandis que son plan, non seulement se construit en cours de route, mais en plus reste mystérieux jusqu’aux dernières minutes du film, augmentant son attrait et notre intérêt par la même occasion. On est bien loin des méchants habituels, pétris par des ambitions manichéennes (pouvoir, destruction, suprématie…) à travers une histoire qui va toucher tous les personnages d’un point de vue personnel, au point de remettre en cause leurs actes, leurs relations entre eux… mais aussi leur position de héros : ne sont-ils pas allés trop loin sous couvert de la bonne cause ? L’enfer est pavé de bonnes intentions, n’est-ce pas ?
Captain America – Civil War double son divertissement d’une intrigue profonde, dévoilant une Phase 3 qui s’annonce surprenante : est-ce la fin des Avengers ? Loin du happy-end habituel, le film des frères Russo laisse planer un doute jusqu’à la fin du film, avec une fin aux accents dramatiques qui bouclent un film dont la légèreté s’évapore de minutes en minutes. Ceux qui pensaient que Marvel ne savait que faire rire son public peuvent aller se rhabiller : derrière son ambition de divertissement, les studios démontrent qu’ils peuvent s’adapter, surprendre tout en étoffant un univers qui s’agrandit toujours plus.

Coté divertissement, Captain America – Civil War assure. Dès les premières minutes, le film ouvre avec de l’action mordante, marquée par des combats en corps à corps qui donnent le ton du film. On retrouve Cap en pleine infiltration en Afrique, sur les traces de Crossbones, son dernier ennemi en date découvert dans The Winter Soldier. C’est l’occasion d’aller se balader au Wakanda pour introduire Black Panther, mais aussi de réunir d’autres Vengeurs puisqu’Iron Man est, évidemment, de la partie, mais aussi de retrouver les petits nouveaux : Scarlet Witch, Vision et plus tard Ant-Man. Si chaque personnage ne bénéficient pas de la même mise en avant (Vision est trop souvent mis de coté, tantôt majordome, tantôt nounou… il est temps de nous faire oublier Jarvis, non ?), chacun aura l’occasion de briller. Comme je l’ai dit plus haut, la force des films de Captain America, se sont ses scènes d’action, ses alliances et sa prédisposition pour les affrontements au corps à corps. Si on se souvient bien de la bagarre entre Bucky et Cap dans The Winter Soldier (celle avec le couteau), les frères Russo multiplient ce genre de scènes visuellement grisantes, permettant à nos héros de montrer toutes leurs capacités tout en intensifiant des affrontements de folie. Au-delà des scènes teasées dans la bande-annonce, Captain America – Civil War regorgent de moments tous simplement jouissifs qui en mettent plein la vue, saluant non seulement le travail des acteurs mais aussi des chorégraphes derrière chaque mouvement millimétré.
Comme toujours, Marvel Studios n’oublie pas son autre point fort : l’humour. Équilibrant ses nouveaux personnages, le film donne naissance à de nouvelles paires : si d’un coté Captain America – Civil War observe les sous-intrigues amoureuses qui naissent, s’officialisent… ou se terminent (cf. articles spoilers Captain America – The Winter Soldier, Avengers – L’Ère d’Ultron et… le prochain :D), mais vous n’échapperez pas au début (?) de bromance entre Sam Wilson et Bucky, qui nous rappellent les débuts entre Thor et Hulk (mais je n’en dirais pas plus). Bref, l’humour est toujours présent dans les films Marvel, et Captain America – Civil War est un superbe condensé entre l’action, le pendant dramatique du film et le nombre important de personnages. L’arrivée géniale de Spider-Man dans la bande ne fait que valider la direction affirmée de Marvel Studios, quand il s’agit du traitement de ses héros : on le voit peu, notre nouveau Peter Parker, mais on le voit bien : de ses mouvements arachnéens à ses blagues en plein combat, on pardonne aisément les effets spéciaux parfois pas tip-top (à cause des reshoots), car ce Spider-Man est un vrai baromètre émotionnel tant son personnage nous ressemble – en tant que fans de ces super héros.

Oui, je l’ai dit : Captain America – Civil War a quand même quelques défauts. La première fois que je l’ai vu, je l’ai trouvé long (mais pas ennuyeux du tout), mais finalement c’était plus l’appréhension qui faisait ça, car la deuxième fois c’était simplement du bonheur. Les frères Russo livrent un film brillant qui parvient à suivre plusieurs sous-intrigues à la fois (pas comme d’autres hin…), là où ça peut parfois piquer les yeux, c’est finalement quand on arrive à voir à travers les scènes qui ont été reshootées. L’insertion de Spider-Man a été annoncée en cours de route pendant la production du film, du coup, certains effets ne sont pas très subtiles car on devine parfois les écrans verts qui ont permis de caler certains plans (suffit de voir les dernières bandes-annonces pour comprendre lesquels).

Heureusement, cela ne gâche en rien le plaisir de retrouver un film Marvel Studios à la hauteur. Captain America est-il la valeur sûre du MCU ? Totalement ! Les frères Russo livrent 2h de pur fun, assurant aussi bien le fan service que le divertissement attendu pour ce type de film, tout en ayant l’intelligence de sortir de la zone de confort de Marvel sans pour autant en perdre son identité. Beau travail !

Au casting, l’ensemble des acteurs est formidable, toujours à la hauteur de leurs personnages et laissant filtrer une bonne humeur générale à l’écran. Chris Evans (Snowpiercer…), Robert Downey Jr (Le Juge…), Don Cheadle (Flight…), Anthony Mackie (Triple 9…), Jeremy Renner (Mission Impossible : Rogue Nation…) et Scarlett Johansson (Le Livre de la Jungle…) font de la place pour les plus ou moins nouveaux : Sebastian Stan (Seul Sur Mars…) est de retour en Bucky, Elizabeth Olsen (Godzilla…) a pris ses marques, Paul Bettany (Legend…) a encore des choses à prouver, Emily Van Camp (Revenge…) est solide, tandis que Chadwick Boseman (Gods Of Egypt…) est génial en Black Panther (je crains la VF sur l’accent africain, par contre !). C’est l’occasion de voir Paul Rudd (Légendes Vivantes…) en Ant-Man intégrer la bande et de découvrir Tom Holland (Au Cœur de l’Océan…) très prometteur en temps que Spider-Man.
Présents pour ce film : Daniel Brühl (À Vif !…) est comme toujours parfait, même s’il incarne un vilain différent cela lui va bien et du coup j’aurai aimé le voir un peu plus, tandis que William Hurt (Un Amour d’Hiver…), Frank Grillo (American Nightmare 2…), Marisa Tomei (The Big Short…) et Martin Freeman (Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées…) se succèdent à l’écran, tandis qu’Hayley Atwell (Agent Carter…) tape toujours l’incruste. Et bien sûr, Stan Lee est là pour son petit caméo.

En conclusion : foncez ! Si l’année super-héroïque avait bien commencé avec Deadpool et son origin story décomplexée, Batman V Superman – L’aube de la Justice a un peu déçu et inquiété sur les prochains films de super héros dont le thème est plus ou moins l’affrontement de l’intérieur, de Captain America – Civil War au prochain X-Men : Apocalypse. Mais c’était sans compter sur la vision à long terme de Marvel Studios et son expérience. On aura beau dire que les films Marvel sont trop lisses (surtout après un Deadpool irrévérencieux et un BvS super dark), mais le résultat est là et sans appel : Captain America – Civil War est jubilatoire, grand et surprenant. Les frères Russo se sont parfaitement appropriés une trame complexe et ont réussi à l’exposer sans se laisser dépasser par les événements ou l’importance de leurs personnages, livrant un film à la fois dense mais équilibré, fun mais abouti. Dans la lignée de The Winter Soldier, Captain America – Civil War démarre une Phase 3 sur les chapeaux de roue, sonnant un nouveau départ plus qu’alléchant. À voir absolument !

Ps : Comme d’habitude, il y a 2 scènes post-génériques. Ne partez pas trop vite. Pour plus de spoilers, cliquez ici 🙂

Perte de dignité assumée pendant cette scène U_U

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