[CRITIQUE] Darkest Minds : Rébellion, de Jennifer Yuh Nelson

Le pitch : Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleur en fonction du danger qu’ils représentent pour la société, et parqués dans des camps. Ruby, l’une des plus puissantes d’entre eux, parvient à s’en échapper pour rejoindre un groupe de jeunes en fuite à la recherche d’un refuge. Rapidement, cette nouvelle « famille » réalise que fuir ne suffira pas dans un monde où les adultes au pouvoir les ont trahis. Ils vont mener une rébellion, unissant leurs pouvoirs pour reprendre le contrôle de leur avenir.

Cela faisait un moment qu’une adaptation de saga littéraire dystopique et « young adult » n’avait pas tenté de faire ses premiers pas sur grand écran, depuis le succès de Hunger Games, l’échec cuisant de Divergente, la bonne surprise (quoiqu’un peu tardive…) du Labyrinthe. Depuis des essais plus ou moins convaincants comme La Cinquième Vague de J Blakeson en 2016, il semblait que l’effet de mode se soit éteint. Mais c’était sans compter sur Jennifer Yuh Nelson, une réalisatrice qui a fait ses armes dans l’animation et notamment Kung Fu Panda 2 et 3, qui adapte aujourd’hui le premier tome de la trilogie (ou pentalogie s’il faut compter les demi-tomes) Les Insoumis (Darkest Minds, donc), d’Alexandra Bracken.

À mi-chemin entre X-Men et Divergente, Darkest Minds : Rébellion vise large en jouant de super-pouvoirs et d’adolescents fantastiques dans un univers plein d’aventures et de dangers. Si la recette semble déjà vue, là où le film de Jennifer Yuh Nelson ne se trompe pas, c’est dans le dosage des ingrédients. Axé sur l’intrigue, le film construit un premier volet solide et engageant autour de ces jeunes adolescents qui tentent de fuir une monde d’adultes hostiles face à leurs différences. Entre catégorisation par couleurs (et non district ou faction…) et acceptation de soi, Darkest Minds : Rébellion équilibre action et messages positifs dans une fiction tout public et facile à suivre. Le film coche toutes les cases nécessaires pour accrocher son spectateur et évite intelligemment de miser toutes ses billes sur l’incontournable romance qui filtre en parallèle.

Alors que les prochains X-Men (Les Nouveaux Mutants et Dark Phoenix) ont été repoussés à 2019 (s’ils sortent toujours…), Darkest Minds : Rébellion fait office d’une mise en bouche sympathique, notamment à travers ses quelques appels du pied à peine discrets (l’arrachage de grille par télékinésie un peu comme Magneto, la manipulation mentale pour forcer un ennemi à marcher jusqu’à ce que mort s’en suive, comme dans Wolverine Origins…), tandis que toute la dynamique de l’action repose sur les pouvoirs des personnages et le spectaculaire. Le résultat, malgré ses subterfuges visibles, est efficace et permet à Darkest Minds : Rébellion de gagner en panache avec un final solide. De plus, avoir une héroïne de couleur et un duo mixte à l’écran dans un simili-blockbuster ne peut jamais faire de mal.

Cependant, Darkest Minds : Rébellion sort tout juste du lot. Entre l’effet de déjà-vu et les nombreuses ficelles scénaristiques usées, le film manque d’ambition et ne parvient que mollement à se démarquer des opus du même genre. D’ailleurs, à force de surfer sur la même vague, Darkest Minds : Rébellion est desservi par ses ressorts ultra-prévisibles (l’allié est un ennemi déguisé, la romance est impossible, l’alliance nécessaire…) qui rendent l’intrigue finalement moyenne.
Rattrapé de justesse par un traitement narratif focalisé sur l’intrigue et non les relations entre les personnages, les messages ciblés adolescents font mouche grâce aux parallèles discrets à travers la découverte des pouvoirs des uns et des autres. « Cultivons nos différences et brisons les moules sociaux » : un air déjà-vu dans la tonalité générale du film, mais encore une fois, où est le mal ?

Au casting, on retrouve Amandla Stendberg, petite Rue dans Hunger Games et adolescente fragile dans Everything Everything, aux cotés de Harris – wannabe Nick Robinson – Dickinson (Beach Rats…) en side-kick déterminé. À l’affiche, quelques visages connus pour attirer les plus sceptique, notamment Mandy Moore (This Is Us…) et Gwendoline Christie (Game of Thrones…), tandis que l’ensemble s’étoffe avec des seconds rôles plus ou moins remarquables : Skylan Brooks (La Rage au Ventre…), Patrick Gibson (The White Princess…), Mark O’Brien (Halt and Catch Fire…) et Miya Cech.

En conclusion, le film de Jennifer Yuh Nelson ne fait certes pas preuve d’idée nouvelle et n’est pas mémorable, mais Darkest Minds : Rébellion a le mérite de proposer un divertissement suffisamment alléchant pour donner envie si une suite voit le jour, grâce à une conclusion qui parvient à épicer l’intrigue dans ses dernière minutes. À voir, pour se détendre.

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