[CRITIQUE] En Avant, de Dan Scanlon

Le pitch : Dans la banlieue d’un univers imaginaire, deux frères elfes se lancent dans une quête extraordinaire pour découvrir s’il reste encore un peu de magie dans le monde.

Cette année, il y aura deux films Pixar et on commence par le film En Avant de Dan Scanlon (Monstres Academy…). Cocooné dans une bulle magique rappelant par certains endroits notre réalité, En Avant propose une aventure familiale, mais surtout fraternelle, sous forme de quête du Graal, alors que le cadet de la famille découvre ses aptitudes magiques et, grâce à elles, la chance infime de pouvoir passer 24 heures avec son père disparu avant sa naissance.
Dès les premières minutes, le film de Dan Scanlon nous plonge dans un univers fantastique où la magie a laissé place à la commodité, faisant un parallèle avec notre monde qui a plus tendance à vouloir le résultat sans avoir à fournir d’effort. En Avant est un film sur la transmission, que ce soit des valeurs familiales que sur l’apprentissage générale de la vie, entre gap générationnel et le savoir perdu. Alors que nos héros entreprennent un voyage initiatique accompagné par une moitié de père (au sens propre comme au sens figuré, comme on le comprendra plus tard), En Avant joue la carte du road trip épique en jouant avec les codes des jeu de rôles à la Donjon et Dragons, entre des rebondissements qui vont rapprocher ces deux frères que tout semble opposés. Le film de Dan Scanlon est criblé de rebondissements et d’humour, comme souvent, Pixar ne laisse rien au hasard et distille tout au long du film des messages essentiels qui prendront tous leurs sens en dernière ligne droite. L’écriture est simple et accessible, En Avant est un objet appréciable à tout âge et suffisamment vif pour maintenir sa barque du début à la fin.

Si l’ensemble est coloré et rutilant, En Avant propose néanmoins une oeuvre qui manque relativement de subtilité ou de surprise. En effet, le film de Dan Scanlon semble régler comme du papier à musique, livrant ainsi une recette relativement efficace sans pour autant réinventer la roue. Plus « disney-like » qu’à son habitude, la narration s’avère assez lisse, si bien qu’elle semble surplombée par des gags trop répétitifs et dévorée par des personnages bruyants. Car si les premières minutes du film aiguisent la curiosité, elles vont aussi donner le tempo d’un film un poil chaotique, oscillant entre des personnages excessifs : nerveux, hystérique, colérique, inquiet… Toutes les émotions promptes à l’explosion sont effleurés, si bien qu’à défaut d’être véritablement rythmés, En Avant se construit d’éclats en éclats, quitte à assommer son spectateur. D’autant plus qu’on pourrait également discuter la logique de ce monde post-magique où les créatures ont préféré le confort à la magie en se demandant pourquoi acheter une voiture ou se payer un billet d’avion quand on est un centaure ou une fée ? Alors je vois venir les arguments « pourquoi on achète de la nourriture toute prête quand on est capable de cuisiner ? », je comprends mais pour ma part, même en me concentrant je suis incapable de générer une graine de n’importe quel légume par magie, alors tous les éléments d’une pizza, ça me parait compliqué. BREF.

On a connu Pixar plus inspiré, peut-être est-ce dû au fait que le film met En Avant deux garçons et donc les auteurs ont ressenti le besoin de faire un objet plus casse-cou ? Je ne sais pas, toujours est-il que le film de Dan Scanlon frôle le trop plein mais parvient tout de même à relâcher la pression au bon moment. En effet, la dernière ligne droite mène a une conclusion résolument bouleversante qui pourra toucher en plein cœur ceux qui aimeraient pouvoir, ne serait-ce qu’une minute, dire au revoir à un proche disparu. En tout cas, moi, ça m’a mis les larmes aux yeux.

Au casting vocal, j’ai vu le film en version originale avec les voix de Tom Holland (Le Voyage du Docteur Dolittle, Les Incognitos, Spider-Man Far From Home…) et Chris Pratt (Avengers – Endgame, Jurassic World – Fallen Kingdom, La Grande Aventure Lego 2…). Si le premier s’en sort toujours dans le rôle d’un personnage adolescent, le second est souvent dans l’excès et m’a souvent fait penser au style un peu gras de Seth Rogen. Autour d’eux, Julia Louis-Dreyfus (Veep…) et Octavia Spencer (Apprentis Parents, Ma…) forment un duo tout aussi sonore, tandis que Mel Rodriguez (The Last Man On Earth…) fait cavalier (hihi) seul. En tendant l’oreille, vous pourrez reconnaître Lena Waithe (Ready Player One…), et Ali Wong (Birds of Prey…) dans le rôle des deux officiers suspicieuses (je n’en dis pas plus).

En conclusion, Pixar ouvre 2020 avec un film consensuel à travers une aventure familiale haute en couleurs et divertissante, pour ne pas dire bruyante finalement. En Avant semble parfois déborder de tous les cotés tant le film semble partir à la conquête de tous les gimmicks possibles, alors que l’intrigue reste finalement prévisible. Néanmoins, si Dan Scanlon livre un film sans surprise, En Avant reste plutôt réussi et fait toujours mouche quand il s’agit de susciter la bonne émotion. Good Game. À voir (tant que vos cinémas sont ouverts).

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