Drame

Spring Breakers : Du racolage assumé sans véritable intérêt

Depuis plusieurs mois, le sulfureux Spring Breakers fait couler beaucoup d'encre et de salive, particulièrement à cause l'hyper sexualisation et l'exhibition de jeunes actrices (principalement issues de l'écurie Disney) qui s'exposent joyeusement en string pour faire la promotion du film. Publicité racoleuse pour appâter le public ou petit bijou indépendant et audacieux ? Une chose est sûre, c'est que Spring Breakers ne fait pas dans la publicité mensongère : sexe, alcool, drogue et violence... Ce que Spring Breakers promet, Spring Breakers le délivre. Le film cultive tous les clichés possibles pour plaire à une jeunesse (navrante) bercée par MTV et donne vie à tous les fantasmes adolescents et masturbatoires imaginables. Derrière une réalisation psychédélique, arty et enivrante, Harmony Korine met en scène l'absence de l'innocence dans un monde où la morale n'a plus vraiment sa place. Le hic, c'est que Spring Breakers va tellement jusqu'au bout de ses idées qu'il est finalement difficile de discerner s'il faut le prendre au pied de la lettre ou s'il y a un message sensé caché en filigrane... Dans le premier cas, Spring Breakers n'est rien de plus qu'une sorte de Projet X (2012) au féminin, exacerbé et dopé au pop-art acidulé ; dans le dernier cas, le film était une belle tentative, malheureusement l'intrigue stagne rapidement en eaux troubles et il ne reste plus qu'un emballage répulsif à souhait.

Autour du blog

L’horoscope ciné

Tu aimes lire ton horoscope ? Tu aimes le cinéma ? Tu as deux minutes à perdre pour faire un peu de rigolage ? Voici les films que ton signe astral te recommande. C'est certifié véridique par une astrologue de renom qui lit l'avenir dans les étoiles les soirs de pleine lune et perchée sur une licorne. Nan c'est pas vrai, mais c'est drôle.

Oscars

Oscars 2013 – Le règne Affleck

Cette nuit a eu lieu la 85e cérémonie des Oscars et, à mon grand désespoir, je n'ai pu la suivre (comme presque tous les ans d'ailleurs). Donc j'ai raté la superbe ouverture de Seth MacFarlane et la chute de Jennifer Lawrence dans les marches... Mais malgré tout, ça a été une excellente surprise de découvrir les résultats ce matin. En dehors de l'absence de surprise quand Daniel Day Lewis et Anne Hathaway ont récupéré leurs prix respectifs qui les attendaient bien sagement, sans parler du film Amour qui rafle encore une fois le prix pour le film étranger (trop de succès tue l'intérêt), Argo a une nouvelle fois été sacré meilleur film et joie ô joie, Ang Lee a été récompensé par l'oscar du meilleur réalisateur pour L'Odyssée de Pi. Que du bonheur donc...

Action

Die Hard 5 – Belle journée pour mourir : Un nanar sans âme

En 2007, Len Wiseman (l'homme au nom le plus trompeur du monde, n'est-ce pas) s'était attiré les foudres des fans de la saga Die Hard en réalisant un 4e opus à la fois inutile et aberrant, dont le moment le plus "what the fuck" était celui où McClane balançait une voiture dans un hélicoptère. Il semblerait que Len Wiseman ait trouvé son maître quand il s'agit de dénaturer et de piétiner une glorieuse saga, en la personne de John Moore, le réalisateur déjà tristement connu de La Malédiction (2006) ou encore de Max Payne (2008). Die Hard 5 : Belle journée pour mourir n'est pas vraiment ce que l'on peut appeler une catastrophe, non... C'est tout simplement du grand n'importe quoi, un épisode extra-terrestre et consternant de la saga Die Hard sans âme, sans saveur, sans but si ce n'est celui d'amasser quelques billets verts. Festivals d'explosions toutes les deux minutes, courses poursuites illisibles et inesthétiques au possible, scénario inexistant et des échanges ridicules, John Moore s'en donne à cœur joie et a vraiment bossé dur pour réussir à massacrer la franchise avec un tel manque de respect pour le cinéma en général et pour les fans de Die Hard en particulier.

Césars

Césars 2013 : Amour râfle tout et Camille Redouble rentre bredouille

Alors que la 38e cérémonie des Césars 2013 vient de se terminer et que les claviers d'ordinateur en prennent pour leurs grades, retour sur la soirée évènement du cinéma français. Après son discours d'ouverture, Jamel Debbouze a laissé la place à Antoine De Caunes, le maître de cérémonie. Comme toujours, c'était une soirée assez guindée, qui se caractérise surtout par des introductions perchées faites par ceux qui remettent un César, comme un exercice de récitation dont le manque de sincérité ne joue pas en leur faveur (Isabelle Carré, Céline Salette, si vous me lisez... ça, c'est pour vous). De temps à autre, des humoristes et/ou acteurs plus ou moins drôles venaient tenter de relever le niveau, mais rien à faire... Entre Audrey Lamy qui pousse, encore une fois, la chansonnette, Manu Payet ou encore Marina Fois, la légèreté n'était pas vraiment au rendez-vous. Bon après tout, on est pas là pour ça. Heureusement, on a tout de même eu le droit à quelques moments mémorables...

Drame

Spring Breakers : le teaser… de ma critique !

Hier soir, j'ai pu voir Spring Breakers, le dernier film d'Harmony Korine (Lonely Boy en 2007 et scénariste de Ken Park en 2002). Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce film ne m'a pas laissée indifférente... Petit teasing en image de mes tweets en attendant la critique complète !

Thriller

Passion : Tout juste digne d’un téléfilm (allemand) !

Avant tout de chose, il me semble important de rappeler un détail qu'on omet volontairement dès qu'il s'agit du dernier film de Brian De Palma : Passion est le remake du français Crime d'Amour, d'Alain Corneau, sorti en 2010. De Palma reprend donc les grandes lignes du thriller français, qui fonctionnait plutôt bien, pour mieux le transformer en un drame grossier, avant de sombrer dans le téléfilm téléphoné et digne d'un des meilleurs épisodes de Derrick. Surjoué et frôlant souvent le ridicule, Passion déroute aussi bien par la prestation décevante de deux excellentes actrices que par sa mise en scène vieillotte qui ressemble au travail d'un débutant qui tenterait de reproduire du David Lynch. Mais non, il s'agit bien du travail d'un Brian De Palma qui tente vainement de retrouver ses lettres de noblesse... Et bien ce ne sera pas pour tout de suite !

Épouvante-horreur, Sci-fi

Antiviral : La fascination morbide de père en fils

Forcément, quand on parle du film Antiviral de Brandon Cronenberg, la comparaison avec le père est inévitable. Le fruit ne tombe jamais très loin de l'arbre, semble-t-il, et le jeune réalisateur a été largement inspiré par la filmographie de Cronenberg-père, notamment la perfection (ou la dénaturation) de l'homme grâce à la science et aux machines (La mouche, Chromosome 3)... Mais pas que ! Si les ressemblances sont indéniables, Cronenberg-fils propose tout de fois sa propre définition du mot obsession, en réalisant un premier film fascinant, joliment gore et esthétique. Surfant sur un thème très actuel, Antiviral explore le concept du fanatisme jusqu'à l'extrême, dans une froideur dérangeante et maîtrisée, dont l'aspect clinique et aseptisé renforce le coté expérimental du film. Antiviral est donc une expérience à la fois artistique et visuelle, qui propose une vision alarmante et plutôt glauque du monde moderne dominé par l'adulation sans borne et déraisonné du "star-système".

Drame

Flight : Denzel le magnifique

Après trois films d'animation (ou motion/performance capture), Robert Zemeckis (la saga Retour vers le futur, Forrest Gump, Seul au monde...) nous revient avec un drame percutant et sombre, dans lequel un acte héroïque est remis en question. Malgré ses airs de films catastrophe, Flight est surtout une exploration juste des affres de l'alcoolisme et de la dépendance dans ses heures les plus difficiles. Si parfois le sujet du film a tendance à s'égarer et qu'une certaine froideur s'en dégage, Flight se rattrape largement grâce à la prestation magnifique et captivante de Denzel Washington, mais aussi grâce à une écriture dynamique, inspirée de faits réels et sincère.

Bafta

BATFA 2013 : My name is Bond and Argofuck yourself ! (palmarès)

Dimanche soir ont eu lieu les BAFTA 2013. Il y en a eu pour tout le monde et c'est avec plaisir qu'on voit enfin Skyfall repartir avec le prix du meilleur film britannique. Pour le reste, on reprend les mêmes et on recommence. Argo caracole en tête et repart avec deux prix prestigieux, Daniel Day-Lewis et Anne Hathaway récoltent leurs prix respectifs sans aucune surprise et le film Amour de Michael Haneke n'a pas fini d'agrandir sa collection. L'Odyssée de Pi (mon film favori de 2012, snif snif) repart avec deux prix récompensant la photographie et les effets spéciaux. S'il n'y avait pas la catégorie "meilleur film britannique" on aurait presque pu croire qu'il s'agissait d'un remake des Golden Globes... Voici le palmarès :

Biopic, Comédie

Hitchcock : Un trésor inexploité

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat de Hitchcock est plutôt inattendu et curieux. Comme d'autres biopics précédents (Lincoln, My week with Marylin...), le film se consacre à un épisode en particulier de la vie d'Alfred Hitchcock. Ici, Sacha Gervasi, pour son premier long-métrage, s'attaque à un monstre avec un grand M et choisit de mettre en boîte un des moments les plus marquants de la carrière du célèbre cinéaste, à savoir la réalisation du cultissime Psychose. Si le film n'est pas vraiment à la hauteur de l'homme aux multiples facettes, il tente tout de même de susciter l'intérêt du public là où on ne s'y attendait pas, en multipliant les storylines anecdotiques autour du "film dans le film" avec des touches d'humour et de romance. Manque de connaissances sur le sujet ou envie d'attirer un large public ? Quoiqu'il en soit, Sacha Gervasi risque de s'attirer les foudres des fans d'Hitchock en désacralisant ainsi le mythe qui entoure le Maître du Suspens. Si vous vous attendiez à comprendre l'homme derrière la caméra, il vous faudra plutôt louer (ou acheter) un ou plusieurs de ses films cultes, si ce n'est pas déjà fait. Tenez-vous bien, avant de lire la suite, sachez ceci : Hitchcock est en fait une comédie !