[CRITIQUE] Pan, de Joe Wright

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Colorée et spectaculaire, Pan est une aventure familiale qui tombe à pic pour les vacances. Joe Wright signe une fresque envolée et visuellement superbe qui en met plein la vue grâce à des effets spéciaux réussis. Cependant, coté scénario, Pan offre peu de surprises : si l’histoire est mignonne et attendue, les moins rêveurs d’entre nous risquent de s’ennuyer devant cet ensemble un poil trop enfantin et facile.

Le pitch : Proposant un nouveau regard sur l’origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s’attache à l’histoire d’un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.

Si ce n’est pas un film estampillé Disney, Pan s’insère tout de même dans une époque où les contes (de fées) les plus connus sont revisités d’une manière ou d’une autre, comme le récent Maléfique ou le frenchy La Belle et La Bête, sans parler des adaptations à venir. Ce sont donc à travers ses débuts que Joe Wright (Orgueil et Préjugés, Le Soliste, Anna Karénine…) décide de revisiter Peter Pan, alors qu’il est un orphelin arraché en pleine nuit pour servir d’esclave au Pays Imaginaire sous la coupe impitoyable du capitaine Barbe-Noire.
Pan possède tous les atouts de ces films familiaux, liant du grand spectacle à une trame prévisible et à la corde parfois trop sensible, allant des orphelins maltraités par des méchantes bonnes sœurs aux rebondissements attendus mais visuellement réjouissants. En fait, le principal point fort de Pan, c’est surtout la qualité de ses images et de sa photographie, entre numérique et magie. Il en aura fallu des écrans verts pour réaliser tous les décors et les effets spéciaux du film, mais le résultat valait les efforts. Une Londres obscure laisse rapidement place à un Pays Imaginaire aux multiples facettes, dont les décors correspondent souvent à l’ambiance influencée par ses différents occupants ou leaders. Ainsi, l’univers aride et sec du charismatique Immortan Joe – oops… Barbe-Noire (oui, ça rappelle un peu Mad Max Fury Road tout ça…) rencontre une forêt verdoyante et colorée, des mondes marins enchantés et dangereux ou encore une féerie lumineuse. Pan est enchanteur et prend vie sous nos yeux, tandis que les personnages s’y croisent et voguent d’un tableau à l’autre au cours de leurs nombreuses aventures.
Grâce à cela, Joe Wright parvient à tisser une intrigue dense et mène son film comme un véritable spectacle où chaque rebondissement débute un nouvel acte. Les nombreux dangers que rencontrent le jeune Peter Pan sont sublimés par ces créatures et ces lieux fantastiques, le tout accompagné par une bande-originale entraînante (notamment une reprise de Nirvana qui reste bien en tête).

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Par contre, coté intrigue, Pan est loin d’être aussi efficace. Personnellement, l’univers de Peter Pan, du conte aux dessins animés, en passant par le film Hook de Steven Spielberg (1981), ne m’a jamais réellement attirée. Malgré les différentes lectures possibles de l’œuvre de J. M. Barrie (l’auteur de Peter Pan), je trouve les approches trop enfantines et le film de Joe Wright ne déroge pas à cette règle. Pan est sympathique : le casting est attachant et le jeune héros porte un film gigantesque sur ses épaules, alors qu’il affronte un méchant imposant et charismatique, avec des acolytes déjà bien connus comme le futur Capitaine Crochet et Lily La Tigresse. Si on apprécie le visuel du film, l’histoire est souvent trop plate, gâchée par une intrigue trop prévisible et un manque de tension évident. Peut-être ai-je perdu mon âme d’enfant, mais je suis restée de marbre devant cet ensemble trop propret, qui se noie dans un univers somptueux.

peterpan_hughDe plus, comme souvent, le point fort d’un film peut faire ressortir ses défauts. Dans Pan, ce sont les décors qui trahissent un casting qui a bien du mal à s’y retrouver. Si le jeune Levi Miller débute avec un film de grande envergure (il m’a souvent rappelé Daniel Radcliffe et ses maladresses au tout début des Harry Potter), il s’en sort tout de même très bien quand on prend en compte qu’il a dû évoluer face à des écrans verts la majeure partie du temps. Par contre, Garrett Hedlund (Invincible, Sur La Route…) n’a pas cette excuse et tente de camoufler un malaise visible avec un sur-jeu agaçant, tandis que face à lui Rooney Mara (Her, Millénium…) tire la tronche, comme souvent (ça doit être génétique, vu que sa sœur, Kate, a le même problème – mais on l’excuse presque, vu sa filmographie). Heureusement, Hugh Jackman (Chappie, X-Men Days Of Future Past, Prisoners…) électrise le film en incarnant un personnage charismatique au potentiel terrifiant et cauchemardesque insuffisamment exploité. Il est aussi remarquable qu’Amanda Seyfried (Ted 2…) est transparente, tout comme Cara Delevingne (La Face Cachée de Margo…) d’ailleurs.

En conclusion, Pan est une aventure fantastique, rehaussée par un visuel extraordinaire tout droit sorti du fameux Pays Imaginaire. Cependant, les décors ne font pas tout et le film de Joe Wright est ampoulé par une trame trop enfantine et prévisible qui rend l’ensemble un peu trop fade pour réellement divertir. Il faudra garder une âme d’enfant à toute épreuve pour pouvoir rêver devant Pan, néanmoins le film possède de nombreux atouts qui pourront plaire à toute la famille. À voir.

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