[CRITIQUE] Mission: Impossible – Fallout, de Christopher McQuarrie

Après Rogue Nation, la question qui se posait était de savoir comment Christopher McQuarrie allait parvenir à mettre la barre plus haut. La réponse est dans Mission: Impossible – Fallout, un sixième volet explosif qui propose un tourbillon d’actions et de cascades en tout genre. Avec un Tom Cruise inépuisable en tête d’affiche, ce nouvel opus parvient à proposer une intrigue assez solide qui conserve l’ADN original de Mission Impossible, tout électrisant le tout dans un déferlement de cascades ébouriffantes, souvent à couper le souffle, avec notre belle capitale au cœur de l’action. Clairement LE blockbuster de l’été, à ne manquer sous aucun prétexte !

Le pitch : Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous… Dans Mission: Impossible – Fallout, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.

Scénariste de l’excellent Mission Impossible – Protocole Fantôme réalisé par Brad Bird, Christophe McQuarrie a su sauter sur l’occasion quand le cinquième opus de la saga, Rogue Nation, a été mis sur les rails. Films adaptés de la série culte des années 60-70, puis un reboot dans les années 80, l’aventure Mission Impossible s’est adaptée au fil des années avec un premier film signé Brian de Palma (1996) qui collait au genre action et espionnage de l’époque à l’ambiance plus chorale et ambitieuse que les films d’aujourd’hui qui affiche un Tom Cruise en super star.
Et pour cause, l’acteur n’a jamais perdu de vu le potentiel de sa franchise et ne recule devant aucune cascade pour rendre ses films toujours plus haletants et impressionnants face à une compétition testostéronée par des blockbusters de plus en plus délirants (avec la mutation Fast and Furious en tête de liste).
Pourtant, le risque d’en faire trop était présent. Sérieux concurrent de l’autre agent secret, James Bond, les Mission Impossible ont certes boosté leurs potentiels de scène d’action mais tiennent toujours à développer une histoire solide autour des personnages. Si le film de Brad Bird réinventait le concept en prenant une direction plus sombre et personnelle, le premier opus de Christopher McQuarrie, Rogue Nation, avait plutôt tendance à surfer sur la vague « action hero » avec un trop plein d’action et un effet à rallonge qui m’avait laissée sur ma fin.

Pour Mission: Impossible – Fallout, on reprend les mêmes et on recommence. Le film met la barre haute pour se dépasser mais pense tout de même à se maîtriser pour éviter de finir en port’nawak total et tomber au même niveau qu’un simple Fast and Furious. Suite à une erreur, les agents de l’IMF se trouvent de nouveaux confronter à une menace qui va mettre en danger Ethan Hunt, sa mission et son équipe, tandis que la CIA s’en mêle histoire de corser un peu plus l’affaire tandis que le héros devient à nouveau l’ennemi. Entre un rival de taille (Henry ‘Superman’ Cavill), un piège qui se referme et une course contre la montre haletant, le film de Christopher McQuarrie parvient brillamment à doser l’action et la narration pour proposer un film explosif mais pas épuisant. La clé, ce sont les scènes de respiration qui permettent de faire avancer l’intrigue et d’éviter l’overdose. Relativement simple, un peu attendue, voire un poil laxiste avec un final aux ficelles balèzes comme des poutres (le coup de la bombe au suspens digne d’un véritable épisode tout droit sorti des années 60 !), l’histoire de ce sixième épisode pèche un peu au niveau du fond, avec des enjeux assez répétitifs par rapport aux deux derniers films. Néanmoins, j’ai aimé la façon dont Mission: Impossible – Fallout va relier cet épisode aux précédents, ne perdant ainsi pas de vu le chemin pris par son héros (en terme de choix et de sacrifices, on va dire pour éviter les spoilers) depuis Mission Impossible 3. Du coup, ce que le film perd en narration il le gagne en humanité à travers ses personnages de plus en plus confrontés à leurs limites (physiques et mentales).

Heureusement, c’est dans la forme que le film se surpasse. Tom Cruise joue les surhommes, défiant les lois de la gravité et frisant souvent avec la folie pure, dans le simple but d’offrir un divertissement ahurissant. Filmé en partie à Paris, la capitale est le théâtre d’une scène de course-poursuite haletante et criblée de faux semblant, alternant voitures, motos et courses à pied pour faire durer le plaisir. Londres et l’Inde (pour le décor) ne sont pas en reste quand il s’agit d’offre un terrain de jeu et de cascade à Ethan Hunt, tandis que la séquence d’hélicoptère est aussi folle qu’incroyable (même si peu réaliste). Techniquement, le réalisateur impressionne par la qualité de ses prises de vue, toujours fluides et très lisibles, même quand la scène est hyper mouvementée. En bref, Mission: Impossible – Fallout emballe du début à la fin et s’impose comme LE blockbuster estival cumulant un divertissement à la hauteur des attentes du public fan du genre et un ensemble plutôt bien rythmé. Le format est impeccable, on a pas le temps de s’ennuyer… bien au contraire !

Au casting : on retrouve évidemment Tom Cruise (Barry Seals, La Momie, Jack Reacher…), la super star de la franchise, qui ne prend pas une ride et qui s’éclate comme un dingue dans le film. À l’aise dans son personnage de super-espion, l’acteur donne tout ce qu’il a en stock, livrant un Ethan Hunt conquérant et solide. Autour de lui, Ving Rhames (Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2…) et Simon Pegg (Ready Player One, L’Âge de Glace 5…) sont toujours de la partie, en acolytes de confiance qui soutiennent surtout le pendant léger et décontracté du film. Alec Baldwin (Baby Boss, Seul Contre Tous…) reprend son rôle de dirigeant du IMF avec une participation un poil plus importante que dans Rogue Nation, Rebecca Ferguson (The Greatest Showman, Life: Origine Inconnue…) est également de retour, mais si son personnage trouve sa place dans les scènes d’action, il semble tout de même avoir été rajouté, à la fois pour la carte féminine du film et pour faire durer la relation entre elle et Ethan… Le résultat est un peu bancal, vu que son personnage n’apporte finalement pas grand chose.
Parmi les nouveaux venus, il y a évidemment Henry ‘Superman’ Cavill (Justice League, Batman V Superman, Agents Très Spéciaux…) et son infamous moustache (qu’il a fallu gommer à la truelle pour les reshoots de Justice League). L’acteur britannique ne desserve pas la mâchoire mais sert généreusement la tension du film, grâce à un personnage de taille et des scènes d’action percutantes. Autres nouveaux visages : Vanessa Kirby (Everest, The Crown…) joue les Daenerys trafiquantes, un personnage peu valorisant et qui frôle le statut d’une James Bond Girl anonyme, tandis qu’Angela Bassett (9-1-1, Black Panther…) s’offre un rôle un peu à l’ombre. Autant dire que la prise de lead féminine sur Mission Impossible est encore loin 🙂
À noter également : le retour de Sean Harris (À ceux qui nous ont offensés, Macbeth...), l’intrusion de Wes Bentley (American Horror Story, Peter et Elliott le Dragon…) et le maybe-or-maybe-not-caméo de Michelle Monaghan (Pixels…).

En conclusion, si le dernier opus m’avait quelque peu déçue, Christopher McQuarrie a su se rattraper en proposant un excellent sixième chapitre. Mission: Impossible – Fallout décoiffe ! Action, courses-poursuites, cascades… Tous les ingrédients sont réunis pour un blockbuster explosif et efficace, porté par un Tom Cruise au top ! Bref, Mission : accomplie 🙂 À voir absolument !

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