
Le pitch : Bea, une jeune fille, découvre un jour qu’elle peut voir les amis imaginaires de tout le monde. Commence alors une aventure magique pour reconnecter chaque enfant à son ami imaginaire oublié.
Pour son nouveau film, John Krasinski abandonne sa saga horrifique Sans Un Bruit avec deux volets plutôt efficaces et pendant que Michael Sarnoski prenait la relève du préquel, l’ex-star de The Office US mettait en scène son nouveau bébé.
L’enfance, cet univers partagé par tous, qu’elle soit heureuse ou malheureuse, a un point commun : l’imagination. Le cinéma adore explorer cette thématique, des films familiaux aux récits emprunts de fantasy. De Peter Pan à Quelques Minutes Après Minuit, en passant par une bonne partie des films Disney et des sagas comme Le Monde de Narnia, le fantastique sert souvent à illustrer la croissance des personnages. Des œuvres plus sombres comme Le Labyrinthe de Pan ou le film horrifique Imaginary poursuivent cette exploration pour un public plus mature. D’ailleurs, certains théorisent même que Harry Potter aurait inventé son épopée depuis son placard pour échapper à la maltraitance des Dursley ! Le cinéma aime à rappeler et cultiver le pouvoir transformateur, salvateur et sain de l’imaginaire enfantin.

Avec Blue et Compagnie, John Krasinski explore avec une douce nostalgie le pouvoir infini de l’imaginaire enfantin, lorsqu’il est confronté à l’univers souvent terne de l’âge adulte. Le film nous plonge dans la vie de Bea, une jeune fille confrontée à la maladie de son père (alors qu’elle avait déjà perdu sa mère). C’est précisément à ce moment critique que Bea découvre sa capacité unique : voir les amis imaginaires délaissés par des enfants qui ont grandi, guidés par le renfrogné Cal (Ryan Reynolds). Amis Imaginaires = Imaginary Friends = IF en VO.

L’histoire, bien que familière, célèbre tendrement la magie de l’enfance et la transition vers l’âge adulte. Blue et Compagnie s’inscrit comme un nouveau miroir vers les luttes intérieures et les transformations personnelles. Le film capture habilement l’essence de l’enfance avec ses créatures surréalistes et ses moments d’émerveillement pur. Il rappelle l’importance de préserver notre capacité à rêver même lorsque la réalité semble cruelle et implacable. À travers des scènes imprégnées de cette ambiance Disney-like, où la danse et l’émerveillement s’entremêlent, Blue et Compagnie offre une ode touchante à la résilience et à la force de l’imagination.

Bien que l’intrigue n’innove pas radicalement, elle est menée avec un attachement palpable pour ses personnages. Chaque rencontre entre Bea, Cal et ces amis imaginaires perdus est empreinte de douceur et de réconfort, réaffirmant l’idée que même dans les moments les plus sombres, une lueur d’espoir peut être ravivée par un simple souvenir, un geste ou une vision… Ou alors, c’est peut-être une occasion comme une autre de céder à la schizophrénie !

Au casting : la jeune Cailey Fleming (The Walking Dead, Star Wars, épisode IX, Peppermint…) est une jolie (re)découverte et parvient à faire durer l’illusion pour que les plus adultes accrochent à l’histoire en ignorant sciemment les perches visibles tendues par leurs esprits rationnels. À ses cotés, Ryan Reynolds (Free Guy, Red Notice, Adam À Travers Le Temps…) met, avec soulagement, son pendant Deadpoolien de coté et propose une performance avec plus de retenue. John Krasinski (Sans Un Bruit, Sans Un Bruit 2, Doctor Strange In The Multiverse of Madness…) et Fiona Shaw (Andor, True Detective, Harry Potter…) font également partie du casting physique.

Au casting vocal, en VO, c’est que du bonheur. Steve Carell (The Morning Show, My Beautiful Boy, Moi, Moche et Méchant…) prête sa voix Gru-esque à Blue, aux cotés de Phoebe Waller-Bridges (Indiana Jones et le Cadran de la Destinée, Fleabag…) en Blossom. Le feu Louis Gossett Jr. (Oscar du Meilleur Second Rôle pour Officier et Gentleman…) est en tête de proue d’une liste remarquable de comédiens agréables à entendre, dont, entre autres, Matt Damon (Oppenheimer…), Maya Rudolph (The Good Place…), Sam Rockwell (Argylle…), George Clooney (Ticket To Paradise…), Bradley Cooper (Les Gardiens de la Galaxie…), Awkwafina (Kung Fu Panda 4…), Bill Hader (Ça – Chapitre 2…), Richard Jenkins (Nightmare Alley…) et bien sûr Emily Blunt (The Fall Guy…) et Blake Lively (L’Ombre d’Emily…). Par contre, il faudra m’expliquer à quel moment Brad Pitt (Babylon…) a gagné son crédit d’acteur dans le film : sa performance rappelle celle qu’il a tenu dans Deadpool 2 (*wink wink*), mais au moins, on en avait la preuve. Ai-je manqué une scène ?
En conclusion, Blue et Compagnie n’est peut-être pas révolutionnaire, mais il capture l’essence intemporelle de l’enfance et offre une bouffée d’optimisme dans un monde souvent austère. Après nous avoir fait frissonner d’angoisse, John Krasinski livre une fable touchante, sincère et chaleureuse, à savourer pour son message universel et son charme indéniable. À voir.

PS : restez jusqu’au bout du générique 😉
