Hier soir, j'ai pu voir Spring Breakers, le dernier film d'Harmony Korine (Lonely Boy en 2007 et scénariste de Ken Park en 2002). Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce film ne m'a pas laissée indifférente... Petit teasing en image de mes tweets en attendant la critique complète !
Catégorie : Drame
Flight : Denzel le magnifique
Après trois films d'animation (ou motion/performance capture), Robert Zemeckis (la saga Retour vers le futur, Forrest Gump, Seul au monde...) nous revient avec un drame percutant et sombre, dans lequel un acte héroïque est remis en question. Malgré ses airs de films catastrophe, Flight est surtout une exploration juste des affres de l'alcoolisme et de la dépendance dans ses heures les plus difficiles. Si parfois le sujet du film a tendance à s'égarer et qu'une certaine froideur s'en dégage, Flight se rattrape largement grâce à la prestation magnifique et captivante de Denzel Washington, mais aussi grâce à une écriture dynamique, inspirée de faits réels et sincère.
Gangster Squad : Fun, fun, fun !
Décidément, Ruben Fleischer refuse de faire comme les autres et c’est une bonne nouvelle pour nous. Après l’excellent Bienvenue à Zombieland (2009) où déjà il prenait un malin plaisir à mélanger les genres - humour et horreur, ce réalisateur nous revient avec Gangster Squad, un énorme délire, fun et explosif, alliant violence et glamour dans une Amérique transfigurée des années 40, saupoudrée d’une bonne dose de second degré. Entaché par le drame survenu à Aurora en juillet 2012 (une scène de gunfight dans un cinéma a même été supprimée et remplacée), cette adaptation du livre de Paul Liebermann a souffert d’une mauvaise réception outre-atlantique, car soupçonné de faire l’apologie de la violence. C’est bien dommage qu’ils n’aient pas su voir au-delà, car avec son casting de choc et sa réalisation aussi vivante et originale, Gangster Squad dépoussière le genre qui stagnait depuis Scorsese et Coppola père, et lui donne une nouvelle dimension furieusement badass !
The Master : Puissant, brillant… mais frustrant !
Une réalisation maîtrisée, un Joaquin Phoenix magistral face à un Philip Seymour Hoffman incroyable, une mise en scène léchée alliant une photographie superbe et des faces-à-faces puissants et frissonnants… The Master avait tous les ingrédients du pur chef-d’oeuvre. Car Paul Thomas Anderson (There will be blood, 2007) n’en est pas à son coup d’essai et il signe ici l’une de ses pièces maîtresses, assumant entièrement son statut de perfectionniste… Peut-être trop ? En effet, The Master subjugue par bien des points, mais la sophistication prononcée du film prend largement le pas sur l’émotion. Frustrant.
Foxfire – Confessions d’un gang de filles : D’abord le feu, puis les cendres…
A la fois tumultueux et fascinant, le nouveau film de Laurent Cantet (Entre les murs, 2008) observe le parcours vertigineux d’un gang de filles féministes, qui franchissent la limite entre la justice et la criminalité. Alourdi par une réalisation éparpillée, Foxfire - Confessions d’un gang de filles, la deuxième adaptation du livre de Joyce Carole Oates, souffre de longueurs et de nombreux passages à vide… Le résultat n’en est pas moins intéressant mais aurait mérité quelques coupes salvatrices, afin de retranscrire et maintenir la vivacité et la fougue des Foxfire de bout en bout.
Le monde de Charlie : Premier coup de cœur
Émouvant, drôle et un brin mélancolique, Le Monde de Charlie est la perle idéale pour bien démarrer l’année. Sous ses airs de comédie “teenager”, le film de Stephen Chbosky, qui adapte ici son propre livre, se révèle bien plus profond et traite de sujets difficiles avec beaucoup de justesse. Le monde de Charlie est une superbe leçon de vie, sans prétention, mais avec beaucoup de charme.
[Incontournable] L’Odyssée de Pi : Spectaculaire, magnifique… Ang Lee frôle la perfection !
On le savait, c’était inévitable… Ang Lee allait forcément, un jour ou l’autre, réaliser LE chef d’oeuvre de sa carrière. Ce réalisateur, connu pour sa patte sensible et esthétique (Tigre et Dragon en 2000, Le Secret de Brokeback Mountain en 2005 ou encore Lust, Caution en 2007), nous a toujours habitué à des films d’une réussite incontestable et même dans ses rares dérapages (Hulk en 2003), Ang Lee n’a cessé de s’imposer en tant que l’un des rares conteurs modernes capables de nous présenter des personnages à la fois contrastés et humains, enveloppés dans une trame toujours plus profonde qu’il n’y parait.
The Impossible : Enfin un film catastrophe sans mélo ?
Émouvant, intense et brut, The Impossible nous transporte dans un récit bouleversant au coeur d’une tragédie tristement réelle. Juan Antonio Bayona (L’orphelinat, 2007) signe ici un film catastrophe douloureux et sensible, tiré d’une histoire vraie, réussissant là où beaucoup d’autres se sont vautrés : donner une âme à ses personnages et une véritable leçon de courage. Ici, pas de patriotisme déplacé, ni de bonne vieille morale pseudo-religieuse, comme on aurait pu s’y attendre (d’un film américain, par exemple…). The Impossible livre avec justesse le témoignage poignant d’une famille rescapée.
Comme des frères : Du rire aux larmes
Un brin mélancolique et parfois tristoune, le premier film d’Hugo Gélin réussit à nous faire garder le sourire en nous offrant une belle histoire d’amitié. Comme des frères nous propose un film plein d’émotions, un poil prévisible mais plaisant.
Rengaine : Un monde en « noir et beur » dur et dérangeant
Dur comme la pierre, Rengaine n’a rien du conte de fées. Aussi sombre et dangereux que le sujet qu’il traite, Rengaine fait l’effet d’un coup de poing. On en ressort estomaqué, chamboulé, choqué… Que l’on soit de nature tolérante ou pas, ce film ne vous laissera certainement pas indifférent. Rachid Djaïdani nous offre un film puissant et brut
God Bless America : le plaisir coupable un poil moralisateur
Drôle, cynique et piquant, God Bless America tire à boulets rouges sur la société américaine, accusant les médias devenus de plus en plus superficiels d’être à l’origine de tous les maux. Entre clichés et condescendance, cette satyre exacerbée de l’autre Amérique, la non-puritaine, met en évidence des problèmes évidents mais finit toutefois par se prendre les pieds dans le tapis et frôle à maintes reprises le ridicule.
Dans la maison : le voyeurisme selon Ozon
Deux ans après le joyeux Potiche, François Ozon nous revient avec un drame captivant adapté d’une pièce espagnole “Le garçon du dernier rang”. C’est l’histoire d’une rencontre étrange entre un professeur de français blasé et un élève à la plume sardonique et efficace qui, dans ses devoirs, dévoile une fascination plutôt malsaine envers la maison et la famille d’un de ses camarades de classe.
