[CRITIQUE] L’Échappée Belle, de Paolo Virzi

Paolo Virzi reprend la route aux cotés d’un couple d’inséparables qui s’offre une dernière aventure. Tendre, ensoleillé et pétillant, L’Échappée Belle évite de sombrer dans le mélo grâce à un scénario dynamique porté avec brio par Helen Mirren et Donald Sutherland, tandis que la maladie est utilisée comme un ressort tantôt comique, tantôt dramatique pour étoffer ce road trip verbeux. Un peu long parfois, mais l’émotion est là, palpable, poignante et accessible à tout âge.

Le pitch : Les années ont passé, mais l’amour qui unit Ella et John Spencer est resté intact. Un matin, déterminés à échapper à l’hospitalisation qui les guette, ils prennent la route à bord de leur vieux camping-car et mettent le cap sur Key West. Ils découvrent alors une Amérique qu’ils ne reconnaissent plus… et se remémorent des souvenirs communs, mêlés de passion et d’émotions.

Après l’euphorisant Folles de Joie, Paolo Virzi embarque dans l’adaptation du roman de Michael Zadoorian, L’Échappée Belle, qui – coïncidence – est à nouveau un road trip animé par des esprits gentils mais instables et la maladie. Cette fois, l’histoire s’attache à un vieux couple qui décide de partir pour un dernier rodéo avant d’être séparé par une hospitalisation. Dans un tête-à-tête mouvementé, L’Échappée Belle déroule le parcours de leurs vies, entre bavardages et radotages animés qui vont retracer des années de vie commune. La force du film réside dans la complicité du couple qui, malgré l’adversité et l’une des moitiés qui perd la boule, illustre un amour présent et inébranlable, à travers les petites manies et autres habitudes qui nous attachent à leur histoire.

Rythmé par beaucoup de bavardages, des rencontres pétillantes et un duo irrésistible, il faut avouer que le film de Paolo Virzi est parfois étourdissant, débordant de dialogues et d’une histoire d’amour, le vrai, celui résiste au temps, à la maladie et aux secrets. Entre ce mari régressif à la mémoire qui flanche et sa femme qui tente de le raccrocher à la réalité, L’Échappée Belle aurait pu ressembler à ces vieux films passéistes et nostalgiques, qui ne ciblent qu’un public dans la même tranche d’âge. Pourtant, le film parvient à trouver son rythme et a éviter les couches de poussières, grâce à des accents comiques qui viennent ajouter de la légèreté à une trame rapidement rattrapée par une réalité bien plus sombre.

En effet, derrière les souvenirs et les frictions de couple vieillissant, L’Échappée Belle dessine une tranche de vie résonnant comme un baroud d’honneur, alors que les dernières mises à plat et autres révélations viennent sceller une conclusion bouleversante. Malgré un ventre mou en cours de route, le film de Paolo Virzi utilise l’humour et la nostalgie pour parler de la vie, et surtout de sa fin, offrant une vision aussi simple que fataliste, mais finalement enviable. Là où le film Youth, de Paolo Sorrentino, observait la vie de loin et après avoir « abandonné » la partie en cours de route, L’Échappée Belle explore son sujet jusqu’au bout, du point de vue intimiste d’un couple crépusculaire et aimant, avec la même perspicacité à la fois sage et libératrice.

Au casting, un tandem impérial et renversant : Donald Sutherland (la saga Hunger Games…), saisissant et impeccable à chaque fois que la mémoire de son personnage lui joue des tours, et Helen Mirren (Fast And Furious 8, Beauté Cachée, Les Recettes du Bonheur…), rayonnante et bouleversante dans un personnage qui tient à rester fort pour deux, forment un duo complice, attachant et incroyablement touchant.

En conclusion, Paolo Virzi signe un joli film chaleureux et émouvant, devant tout à la performance solaire d’un duo d’acteurs exceptionnels. Souvent trop bavard et peut-être un peu attendu, L’Échappée Belle reste une comédie dramatique accessible à tout âge et qui, malgré son histoire un poil définitive, préfère sourire malgré la réalité grise du quotidien. À voir.

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