[SPOILERS] Venom – Let There Be Carnage : Retour sur le film

ATTENTION, CE QUI VA SUIVRE N’EST RÉSERVÉ QU’À CEUX QUI ONT VU LE FILM.

Abandonnez la lecture de cet article tant qu’il en est encore temps. Surtout si vous êtes fan de… Non !
Vous en avez trop lu, partez.

Pour ma critique sans spoiler du film, c’est par ici.

Pour ceux qui ont déjà vu le film… on est bien, là non ?

Et oui, une fois n’est pas coutume voici un article 100% sur un film hors du MCU. Mais bon, si vous êtes ici, vous savez déjà que Venom vient de faire une entrée fracassante dans l’univers de Peter Parker aka Tom Holland… ou alors est-ce l’inverse ?
C’est en tout cas l’occasion de revenir sur un film chaotique en toute détente pour mieux analyser le bordel ambiant qu’était Venom – Let There Be Carnage et revenir sur les pistes supputées ça et là.

La scène bonus : un Level Up pour Venom

Résumé : la scène s’ouvre sur Eddie Brock et Venom dans une chambre d’hôtel miteuse (probablement proche de la place où ils terminent à la fin du film) en train de regarder une telenovela. Soudain Venom dit à Eddie qu’il n’a aucune idée de l’étendue de l’univers qui l’entoure et qu’en réalité il est connecté une sorte d’esprit de ruche (où d’autres symbiotes sont connectés). Il lui dit qu’il va lui montrer un extrait de ses propres pouvoirs quand tout d’un coup tout se bouleverse : entre bruits étranges et images brouillées, le décor qui les entoure change et Eddie/Venom sont à présent dans une chambre d’hôtel luxueuse. A la télévision, il découvre une news fracassante : J. Jonah Jameson déclare que Spider-Man, l’homme qui a tué Mysterio, est en réalité Peter Parker ! Eddie devient Venom et se met à lécher l’écran lorsque la photo de Peter Parker (Tom Holland, donc) est montré et l’appelle « this guy ». Alors qu’Eddie reprend le dessus, un homme en serviette de toilettes sort de la salle de bain et le surprend « que faites-vous dans ma chambre ?! ». Fin.

Alors oui, à défaut d’avoir eu une apparition de l’Homme-Araignée dans le film, ce dernier s’affiche dans la scène post-générique à travers l’une des scènes post-génériques du film Far From Home ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Si l’upgrade de la chambre d’hôtel est une allusion à peine subtile de l’entrée de Venom dans le MCU (bienvenue dans la cour des grands !), la question est de savoir comment cela est-il arrivé et qui s’est interlopé dans l’univers de l’autre ?
Depuis le film Doctor Strange jusqu’à la série Loki, en passant par Avengers – Endgame, WandaVision et What If, Marvel Studios n’a eu de cesse que de nous familiariser avec le potentiel des univers parallèles et de mondes différents où nos héros auraient choisi un autre chemin. Peut-être que chez Venom, le Peter Parker local n’a jamais été mordu par une araignée (ce qui expliquerait son absence), qui sait ? Toujours est-il que les deux sont enfin liés.


L’hypothèse la plus répandue (et celle que je préfère) c’est bien celle qui a conclu la saison 1 de la série Loki, alors que nos deux versions de Loki sont face à une version de Kang, au moment où ce dernier explique la complexité de maintenir la stabilité des univers, tout change et la timeline s’effrite en plusieurs timelines, créant une infinitude de multiverses. C’est ce qu’on appelle un « Nexus event » (un événement Nexus donc, merci WandaVision).
Au même moment, le saviez-tu, si vous vous amusez justement à regarder les épisodes finaux de WandaVision et de Loki, la rupture des timelines intervient pile au moment où Wanda devient Scarlet Witch. Coïncidence ? Possible. Mais alors que dans Loki, notre héros retourne au TVA et se retrouve dans un monde différent, il se pourrait bien que Venom se soit retrouver happé dans ces changements… Ou alors ce serait l’inverse ? Est-ce Peter Parker qui aurait été projeté dans un univers différent à la fin de Far From Home, dans un univers où J. Jonah Jameson existe ? Et où ils affrontera les vilains du Spiderverse de Sony comme vu dans la bande-annonce (Doc Octopus, Le Bouffon Vert…) ? Cette hypothèse expliquerait finalement pourquoi le Doctor Strange découvert dans la bande annonce de No Way Home accepte aussi facilement de l’aider. Alors que beaucoup pense que Mephisto sera de la partie dans le MCU (voir mon article sur WandaVision), nous pourrions « tout simplement » avoir à faire avec des univers croisés où « notre » Peter Parker serait projeté – lors de l’événement Nexus qui a eu lieu à la fin de Loki – dans le monde de Venom, qui lui, n’aurait pas eu affaire à Thanos – Et oui, car le Blip n’a affecté que la réalité de Thanos, pas le multiverse (voir la série What If et l’épisode 8 – Et Si Ultron avait gagné).

Ce qui signifie également que les prochaines phases du MCU aurait lieu dans plusieurs univers différents à la fois, ce qui expliquerait Jane Foster (Natalie Portman) en Thor dans Love and Thunder ou encore permettrait l’arrivée de nouveaux héros tel que les 4 Fantastiques et les X-Men, jusqu’à présent peinard dans leurs propres univers.
Pfiou, ça m’a essouflée tout ça. Rappelons que le Multiverse est tellement vaste et impossible qu’il a même donné naissance à des one-shot avec DC Comics (comme le fameux Superman vs The Amazing Spider-man de 1976). Mais bon, on va pas s’emmêler les pinceaux.

Autre possibilité, tout aussi plausible et moins intéressante : 

Au vu des dernières bandes-annonces de Spider-Man No Way Home, il semblerait que le spiderverse soit entrer en collision et les méchants des différents films Spidey débarquent dans le MCU. Donc finalement, le changement de décors serait tout simplement dû au tour de magie de « Doctor Strange » qui aurait projeté Venom et Eddie dans l’univers de Tom Holland. Et vu les enjeux de No Way Home à travers la dernière bande-annonce, ce crossover risque d’être complètement anecdotique. Bref, cette possibilité est beaucoup moins fun et ressemble à une version bad guys de Spider-Man : New Generation 😦

Quel Carnage !

N’importe qui étant capable de faire une recherche sur le web sait au moins deux choses sur Cletus Kasady : 1/ il a rencontré Eddie Brock alors que les deux étaient en prison (il a été infecté par un bébé Venom lors de l’évasion d’Eddie) et 2/ Spider-Man a du s’associer à Venom pour vaincre Carnage.
Donc forcément, le film Venom – Let There Be Carnage posait certaines promesses dont, évidemment, l’apparition de Spider-Man dans le film aux cotés de Venom. Il faut donc enterrer ces espoirs et faire avec ce qui nous a été proposé à savoir un Cletus Kasady psychotique, un poil ringard et indécis.
Emprisonné pour plusieurs meurtres, séparé de sa belle – elle-même internée à Ravencroft (on y reviendra) – Cletus veut que son histoire soit racontée au monde et fait appel à Eddie Brock qui a le vent en poupe depuis les événements de Life Institute dans le premier film (à savoir que l’institut utilisait des pauvres gens pour faire des tests humains, curieusement le fait que des aliens se balade dans la ville semble être totalement passé inaperçu). Après sa premier visite, Eddie est alerté par Venom qui vu bien plus d’indices dessinés sur les murs de la cellule et l’aide à résoudre les meurtres de Cletus Kasady en retrouvant où étaient enterrés les corps. Ce faisant, cela entraine la condamnation à mort du meurtrier (dans des délais records) par injection léthale. Avant sa mise à mort, Eddie et Kasady ont une nouvelle confrontation, ce dernier étant furieux de voir les conséquences de l’article écrit par le journaliste et finit par lui choper le pouce et le mordre. Voilà comment Cletus se retrouve infecté par le sang symbioté d’Eddie puis, au moment de son exécution, Carnage prend le dessus et s’échappe.

Ici, il y a déjà un manque d’explication. Outre le scénario rocambolesque qui se contredit un chouilla (demander à un journaliste d’investigation d’écrire sur soi puis être furieux quand ce dernier le fait…), le film n’explique pas vraiment que les symbiotes sont asexués, deviennent « enceints » et que Carnage est donc le « fils » de Venom. Ensuite, le reste n’est qu’un problème d’intentions bordéliques : tuer Eddie (pourquoi pas) et retrouver sa chérie Shriek et l’épouser. Hmmmbon. Mais là encore, les scénaristes ont dû mal à accorder leurs violons, notamment quand il s’agit de Shriek.
Le personnage de Shriek, aka Frances Louise Barrison, est apparue dans la série de comics Spider-Man Unlimited, puis dans Maximum Carnage et est une narco-trafiquante qui aurait été piégée dans la dimension noire de La Cape (voir la série Cloak & Dagger pour ce personnage), ce qui l’aurait rendu un poil tarée. Entre meurtres et un passage à Ravencroft, elle se prend un balle en pleine tête par un policier, ce qui aurait potentiellement réveillé ses pouvoirs (de mutante ?). Ensuite, elle entend parler de Cletus/Carnage et décide de le suivre (grosso modo). On est donc loin de la romance adolescente tordue qu’on essaie de nous vendre dans le film, avec ces deux âmes esseulées qui ne rêvent que de vivre d’amour et de tripes fraiches, à l’image d’un Bonnie & Clyde sanglant ou – pompage plus évident – du duo Harley Quinn et le Joker.
D’autant plus que Shriek est totalement en sous performance, puisqu’on ne la voit peu et quand elle veut se battre aux cotés de son amoureux, ses pouvoirs sont si dangereux pour Carnage qu’il finit par en avoir marre et tente de la tuer. Là, coté choix scénaristique, ça me laisse perplexe…

Le plus difficile finalement, c’est de voir Venom – Let There Be Carnage tenter de rendre son antagoniste menaçant dans un cadre PG-13 où le symbiote (enfin les symbiotes) ne pourront jamais se lâcher, même dans un débordement de CGI tentaculaires où Cletus attendra l’acte final pour expliquer qu’il était maltraité enfant (bouuhouuh…). Au final, Venom qui réingère son fils sonne comme un soulagement : le film est enfin fini… ou presque ?
Quelque part au cours de la battle final, il y avait également le policier Patrick Mulligan (incarné par Stephen Graham), dont l’histoire a été reliée à la truelle à celle de Shriek. Patrick Mulligan est un nom qui a dû faire écho dans la mémoire des fans de Spider-Man et de ses symbiotes puisque le policier est bien l’hôte de Toxin, le symbiote enfant de Carnage et donc… le petit-fils de Venom, donc.
Rouge en haut et noir en bas, Toxin a un parcours papier qui nécessiterait de nombreux croisements et de projections dans les films du MCU tels qu’on les connait aujourd’hui. Toujours est-il que je pense que Toxin n’est qu’un plan B au cas où Marvel Studios rétropédale ou flanque une fessée à Venom dans Spider-Man – No Way Home, et que le troisième chapitre se retrouve à nouveau esseulé et sans antagoniste de taille. Est-ce une perspective qui m’emballe ? Pas vraiment. En fait, Venom, c’est un peu comme Hulk : le personnage solo ne fonctionne pas vraiment et son arbre généalogique est rapidement répétitif. Une fois qu’on a vu une ou deux aventures solos de ces bestioles, on les a un peu toute vue (même si Planet Hulk est plutôt cool).

Dans tous les cas, Sony a déjà annoncé son intention d’adapter Venom 3, potentiellement à partir de King in Black, un crossover Marvel, qui introduira le fameux Knull, aka le dieu des symbiotes. Dans cette histoire, les super-héros devront s’associer avec Venom pour vaincre Knull. Préparez vos jeux de mots !

Incohérences et roue libre

Eddie Brock est décidément bien différent de son homologue papier. Bien que le film tente toujours de le dépeindre comme un loser, le journaliste parvient tout de même à s’en tirer avec les honneurs après les événements du premier film, tandis qu’il semble être proche de la police. On est loin du personnage dépressif, hypocondriaque et rancunier des comics.
On l’aura compris, Venom existe, dans la croyance commune, grâce à Spider-Man (d’où son apparence) et à la rancœur d’Eddie Brock. Mais ce qui est de moins en moins claire, c’est la relation entre l’hôte et le parasite. Dans le premier film, toute l’intrigue repose sur le fait que les symbiotes ont besoin d’un hôte parfait, sinon celui-ci meurt (d’où le scandale de Life Institute à l’issue du premier film). Drake récoltera Riot, tandis que Brock écopera de Venom. En principe, le symbiote est un parasite qui se nourrit de son hôte et donc le caractère est influencé par son hôte. En quelques sortes, Venom devrait être la résultante du mélange entre le symbiote et Eddie Broke. Pourtant, non seulement Venom a sa propre personnalité, mais en plus il la conserve en changeant d’hôte. Pire, il parvient même à changer d’hôte sans aucun problème, passant d’un chien à Michelle Williams dans le premier Venom et dans Venom – Let There Be Carnage, c’est le festival.

Alors évidement, tout cela est bien commode pour faire avancer le film et garder un coté « fun » et deadpoolesque à l’ensemble, mais toujours dans un cadre PG-13. Du coup, Venom ne bouffe plus les intérieurs d’Eddie et accepte de se contenter de chocolat et de poulets (alors que dans le premier film, Eddie lui avait promis du bad guy en veux-tu en voilà), même quand il change d’hôte.
Au passage, Venom se renomme et fait un clin d’œil à sa version papier en se donnant le surnom de Lethal Protector, soit le nom d’une mini-série de six numéros sortie en 1993, dont il incarne l’anti-héros qui sauve des innocents. Peut-être qu’un jour il prendra Harry Osborn pour hôte, tant qu’à faire. Ou Deadpool.

Les références, easter eggs et cameos

En plus des mentions au Lethal Protector, Venom – Let There Be Carnage glisse quelques clins d’œil ça et là.
À commencer par un hommage à Stan Lee (déjà vu dans la bande-annonce) où Eddie va dans l’épicerie de Mme Chen. Un membre de Venom sort de son dos pour caresser un magazine sur lequel on peut voir une photo de la figure emblématique du MCU.

Retour à Ravencroft : déjà aperçu dans The Amazing Spider-Man 2, l’institut Ravencroft fait son comeback, avec la présence du Dr Camille Pazzo (incarné par Sian Webber). Psychiatre un poil sadique, le Dr Pazzo est connue pour tenir l’institut d’une main de fer. D’ailleurs on la voit rabrouer à plusieurs reprises un certain Siegfried… toujours non identifié.

Pas d’araignée au programme : l’absence de Spidey dans le film était peut-être teasée au début du film. Quand Cletus écrit son « origin story » sur une carte à Eddie, une araignée rampe sur la table et Cletus l’écrase d’un coup de poing. Ca, c’est fait.

***

Et voilà, c’est tout pour le moment.
Comme d’habitude, la zone de commentaires est ouverte pour échanger sur le film ou cet article (correction, avis, complément, ce que vous voulez !) et vous connaissez mes sites favoris pour vous tenir au courant de l’actualité super-héroïque de façon plus concentrée =)

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