Action

[CRITIQUE] Ambulance, de Michael Bay

Le pitch : Will Sharp, un vétéran décoré fait appel à la seule personne indigne de confiance, son frère adoptif Danny pour trouver l’argent afin de couvrir les frais médicaux de sa femme. Ce dernier, un charismatique criminel au long cours, au lieu de lui donner de l’argent, lui propose un coup : le plus grand braquage de banque de l’histoire de Los Angeles : 32 millions de dollars. Will, prêt à tout pour sauver sa femme, accepte. Mais quand leur affaire prend un tour spectaculairement désastreux, les deux frères n’ont pas d’autre choix que de détourner une ambulance avec à son bord un vieux flic mortellement blessé et l’ambulancière Cam Thompson. Pendant la course poursuite infernale qui s’ensuit, Will et Danny vont devoir échapper aux forces de l’ordre surmotivées postées aux 4 coins de la ville, tenter de garder leurs otages en vie et éviter de s’entretuer tout en exécutant l’évasion la plus spectaculaire que la ville de Los Angeles n’ait jamais vue.

Cela fait quelques années que Michael Bay en a fini avec les robots géants de sa franchise Transformers. Après le très remarqué 13 Hours, le réalisateur connu pour son style explosif a également fait trembler la plateforme Netflix avec le film Six Underground en 2019. Pour ma part, je n’aime pas les films de guerre et Six Underground m’a épuisée en vingt minutes, du coup, c’est la première fois que je retrouve Michael Bay sur grand écran depuis Transformers: The Last Knight (2017). 

Toujours porté par un budget conséquent et suivi par un casting alléchant, Michael Bay nous embarque dans une course poursuite déchaînée de près de deux heures, durant laquelle deux frères tentent d’échapper à la police. Croisement volontaire entre un Speed et un Bad Boys (avec une pincée de Quatre Frères), Ambulance semble être tout droit sorti des meilleurs souvenirs des années 90 du réalisateur qui impose son style chromé et sa caméra vertigineuse dès les premières minutes. Comme souvent, le scénario expédie les détails inutiles pour entrer dans le vif du sujet dès la première demi-heure : un braquage raté, un flic blessé et une ambulancière prise en otage, Ambulance file à toutes vitesses dans les rues de Los Angeles, pourchassé par une armada de policiers et autres agents sur terre ou dans les airs. 

Le film se veut haletant et vrombissant, chahuté par des accélérations et un danger permanent qui feraient presque rougir les courses de la saga Fast and Furious, tandis que l’issue des deux frères braqueurs dépend de la survie d’un de leur otage mal en moins. Les enjeux sont simples, mais Michael Bay parvient à faire monter la tension et la température jusqu’à la fin… qu’on y croit ou non, d’ailleurs. La vraie question du film qui m’a tenue en haleine, c’était de savoir comment nos héros allaient s’en sortir. Généralement, les films de Michael Bay sont linéaires, avec les gentils d’un coté (même s’ils ont parfois l’air de « méchants ») et les méchants de l’autres. Dans Ambulance, avec ses personnages braqueurs de banque aux prises avec la police, le doute subsiste parfois quant à l’issue du film. 

Car c’est là que les problèmes arrivent ou plutôt s’accentuent. Dès le début, Michael Bay impose une imagerie instable à travers des plans saccadés qui ne tiennent jamais en place. Normal pour un Bay, me diriez-vous ? Oui et non : quand Michael Bay s’emballe, c’est souvent pour souligner la frénésie et l’urgence dans ses scènes d’actions. Dans Ambulance, une simple conversation téléphonique ou aperçu de la ville semble nécessiter 40 plans de vue différents. Et s’il n’y avait que les plans… Pour son retour au cinéma d’action, Michael Bay se lâche complètement : à ses plans circulaires signatures, il ajoute des piqués vertigineux avec un drone, du caméra à l’épaule, du drone… Ambulance est un festival d’effets de style qui aurait pu faire mouche si Michael Bay nous laissait vraiment le temps de les apprécier. Or, avant la première moitié du film, mes yeux et mon cerveaux ont commencé à me faire souffrir. 

C’est pour moi le véritable bémol du film. Personnellement, j’aime le cinéma de Michael Bay et j’excuse aisément les écueils scénaristiques, quand le spectacle et les personnages marquants sont au rendez-vous. En effet, pour un Jake Gyllenhaal en roue libre, il faut composer avec des idées farfelues qui ne fonctionneraient jamais dans la vie réelle : le chef de police qui arrête tout pour épargner son chien, le braquage « bien huilée » avec une équipe de bras cassés ou, encore mieux, une partie de Docteur Maboul ahurissante en cours de route ! Pour tenir la durée, Michael Bay et son scénariste Chris Fedak frôle souvent l’absurde pourvu que la course-poursuite s’éternise dans un gloubi-boulga souvent indigeste, jusqu’à un final à la limite du conte de fées, tandis que Michael Bay s’auto-congratule en s’offrant des références à sa filmographie au passage.
Malheureusement, les ambitions visuelles du réalisateur ne font pas honneur à l’ensemble du film, car tout ce que j’en retiens, c’est cette fichue migraine ophtalmique que je me suis payée en sortant de la salle !

Au casting : Jake Gyllenhaal (The Guilty, Spider-Man: Far From Home, Velvet Buzzsaw…) cachetonne, certes, mais s’amuse comme un petit fou en braqueur sexy déjanté et jusqu’au-bout-iste. À ses cotés, Yahya Abdul-Mateen II (Candyman, Aquaman, Us…) incarne la fibre patriotique du film et joue les side-kicks au grand coeur. Une fois n’est pas coutume dans un film de Michael Bay, le personnage féminin, incarné par Eiza González (I Care A Lot, Godzilla vs Kong, Fast And Furious: Hobbs & Shaw…), n’est pas du tout sexualisé et, cerise sur le gâteau, est relativement bien écrit (par rapport à l’ensemble du scénario, j’entends). Autour du film, on retrouve également Garret Dillahunt (Fear The Walking Dead, Army of the Dead…), A Martinez (Reine du Sud…), ou encore Colin Woodell (Searching, The Purge…).  

En conclusion, si on omet la réalisation et le montage du film, Ambulance pourrait être un bon gros film d’action Michael Bay-esque, nourrit par l’adrénaline et un tensiomètre explosif qui déborde de la trame. Porté par un trio conquérant et l’urgence palpable de l’intrigue, Ambulance a les bons ingrédients du blockbuster exalté et excitant que j’attendais. Oui mais voilà, quelqu’un a mis un drone  entre les mains de Michael Bay qui en a profité pour tester toutes les possibilités de prises de vue existante, tandis que le monteur a choisi d’ignorer le résultat épileptiques du film. Résultat, on aimera toujours Michael Bay, ses explosions et ses plans circulaires, mais par pitié : un film de deux heures divisés en mini-plan de 3 secondes max, ce n’est plus possible ! 

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