Avant tout de chose, il me semble important de rappeler un détail qu'on omet volontairement dès qu'il s'agit du dernier film de Brian De Palma : Passion est le remake du français Crime d'Amour, d'Alain Corneau, sorti en 2010. De Palma reprend donc les grandes lignes du thriller français, qui fonctionnait plutôt bien, pour mieux le transformer en un drame grossier, avant de sombrer dans le téléfilm téléphoné et digne d'un des meilleurs épisodes de Derrick. Surjoué et frôlant souvent le ridicule, Passion déroute aussi bien par la prestation décevante de deux excellentes actrices que par sa mise en scène vieillotte qui ressemble au travail d'un débutant qui tenterait de reproduire du David Lynch. Mais non, il s'agit bien du travail d'un Brian De Palma qui tente vainement de retrouver ses lettres de noblesse... Et bien ce ne sera pas pour tout de suite !
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Antiviral : La fascination morbide de père en fils
Forcément, quand on parle du film Antiviral de Brandon Cronenberg, la comparaison avec le père est inévitable. Le fruit ne tombe jamais très loin de l'arbre, semble-t-il, et le jeune réalisateur a été largement inspiré par la filmographie de Cronenberg-père, notamment la perfection (ou la dénaturation) de l'homme grâce à la science et aux machines (La mouche, Chromosome 3)... Mais pas que ! Si les ressemblances sont indéniables, Cronenberg-fils propose tout de fois sa propre définition du mot obsession, en réalisant un premier film fascinant, joliment gore et esthétique. Surfant sur un thème très actuel, Antiviral explore le concept du fanatisme jusqu'à l'extrême, dans une froideur dérangeante et maîtrisée, dont l'aspect clinique et aseptisé renforce le coté expérimental du film. Antiviral est donc une expérience à la fois artistique et visuelle, qui propose une vision alarmante et plutôt glauque du monde moderne dominé par l'adulation sans borne et déraisonné du "star-système".
Flight : Denzel le magnifique
Après trois films d'animation (ou motion/performance capture), Robert Zemeckis (la saga Retour vers le futur, Forrest Gump, Seul au monde...) nous revient avec un drame percutant et sombre, dans lequel un acte héroïque est remis en question. Malgré ses airs de films catastrophe, Flight est surtout une exploration juste des affres de l'alcoolisme et de la dépendance dans ses heures les plus difficiles. Si parfois le sujet du film a tendance à s'égarer et qu'une certaine froideur s'en dégage, Flight se rattrape largement grâce à la prestation magnifique et captivante de Denzel Washington, mais aussi grâce à une écriture dynamique, inspirée de faits réels et sincère.
Hitchcock : Un trésor inexploité
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat de Hitchcock est plutôt inattendu et curieux. Comme d'autres biopics précédents (Lincoln, My week with Marylin...), le film se consacre à un épisode en particulier de la vie d'Alfred Hitchcock. Ici, Sacha Gervasi, pour son premier long-métrage, s'attaque à un monstre avec un grand M et choisit de mettre en boîte un des moments les plus marquants de la carrière du célèbre cinéaste, à savoir la réalisation du cultissime Psychose. Si le film n'est pas vraiment à la hauteur de l'homme aux multiples facettes, il tente tout de même de susciter l'intérêt du public là où on ne s'y attendait pas, en multipliant les storylines anecdotiques autour du "film dans le film" avec des touches d'humour et de romance. Manque de connaissances sur le sujet ou envie d'attirer un large public ? Quoiqu'il en soit, Sacha Gervasi risque de s'attirer les foudres des fans d'Hitchock en désacralisant ainsi le mythe qui entoure le Maître du Suspens. Si vous vous attendiez à comprendre l'homme derrière la caméra, il vous faudra plutôt louer (ou acheter) un ou plusieurs de ses films cultes, si ce n'est pas déjà fait. Tenez-vous bien, avant de lire la suite, sachez ceci : Hitchcock est en fait une comédie !
Gangster Squad : Fun, fun, fun !
Décidément, Ruben Fleischer refuse de faire comme les autres et c’est une bonne nouvelle pour nous. Après l’excellent Bienvenue à Zombieland (2009) où déjà il prenait un malin plaisir à mélanger les genres - humour et horreur, ce réalisateur nous revient avec Gangster Squad, un énorme délire, fun et explosif, alliant violence et glamour dans une Amérique transfigurée des années 40, saupoudrée d’une bonne dose de second degré. Entaché par le drame survenu à Aurora en juillet 2012 (une scène de gunfight dans un cinéma a même été supprimée et remplacée), cette adaptation du livre de Paul Liebermann a souffert d’une mauvaise réception outre-atlantique, car soupçonné de faire l’apologie de la violence. C’est bien dommage qu’ils n’aient pas su voir au-delà, car avec son casting de choc et sa réalisation aussi vivante et originale, Gangster Squad dépoussière le genre qui stagnait depuis Scorsese et Coppola père, et lui donne une nouvelle dimension furieusement badass !
Lincoln : un biopic conformiste et fastidieux
Comme toujours, le nouveau Steven Spielberg est toujours très attendu et encore plus lorsqu’il sort de sa zone de confort. Ajoutons à cela les 12 nominations reçues aux Oscars 2013 et tout cela fait de Lincoln un des films les plus prometteurs de ce début d’année. Oui mais voilà, en s’attaquant à l’adaptation des derniers mois de la vie de ce légendaire Président, on était en droit de s’attendre à un mélange savant entre conspirations politiques et retranscription innovante de la guerre de Sécession qui faisait rage à ce moment là. Malheureusement pour nous les Frenchies, Spielberg a préféré s’attarder sur les longs (très longs) échanges politico-sociaux entre Lincoln et ses pairs, pour transformer son œuvre en un biopic conformiste au traitement romancé et nébuleux ayant des allures de documentaire… Dommage, car le film se distingue largement par sa réalisation fluide et maîtrisée, ainsi que par une photographie léchée et sophistiquée, qui confère à Lincoln une classe et une élégance indiscutable et universelle.
Happiness Therapy : Drôle et piquante, mais un peu trop prudente
Ce n’est pas tous les jours qu’une comédie dramatico-romantique fait autant parler d’elle. Peut-être est-ce parce que Happiness Therapy a cartonné aux Etats-Unis, comme en témoignent les 8 nominations reçues aux Oscars cette année ? Ou est-ce tout simplement parce qu’on est aspiré par la folie ambiante et l’heureux chaos qui règne tout au long du film ? Personnellement, je penche plutôt pour la seconde réponse. Le tout nouveau film de David O. Russell (The Fighter, 2010) est une jolie surprise qui, sans pour autant sortir des sentiers battus, nous entraîne dans une ronde hystérique et effrénée nous faisant voyager d’une émotion à l’autre, à l’image de ses personnages atypiques. Malgré quelques longueurs et un dénouement discutable, Happiness Therapy séduit grâce à une histoire captivante aux personnages touchants et agréablement déjantés.
Césars 2013 – Nominations
Vendredi matin sont tombées les nominations aux Césars 2013. Encore une fois, les déceptions et les surprises sont aux rendez-vous, et on n’hésite pas à récompenser la suffisance et le sur-jeu Apparemment, il n’y a pas assez de films qui valent le coup en 2012 et on retrouve les mêmes dans toutes les catégories ou presque… En effet, c’est (pour moi) un énorme choc que de voir le film Camille Redouble nommé 13 fois (!!!), face aux monstres De Rouille et d’Os, Holy Motors et Amour. C’est assez surprenant, surtout pour un film aussi fade et sans véritable performance aussi bien technique qu’artistique. On notera aussi le fait que Florent Emilio-Siri a tout simplement été oublié dans la catégorie “Meilleur réalisateur” pour le superbe film Cloclo, (alors que Benoît Magimel a été nommé !). Pour finir le tableau : apprenez que Jamel Debbouze sera le président de la cérémonie. Si aux Oscars on mise plutôt sur le show (off) à tendance mélo, aux Césars, clairement, on penche plutôt vers la condescendance et les nominations entendues et prétentieuses. Quel monde imparfait !
Max : Quand la magie de Noël joue les prolongations
A la fois franc et attendrissant, Max, le nouveau film de Stéphanie Murat (Victoire, 2004) est une déclaration sincère à la vie et ses petits bonheurs. Doté d’un casting surprenant mais efficace, le fim met en scène des sentiments opposés qui se côtoient et s’attirent pour finalement s’apprivoiser. Max est une petite bulle de tendresse et de chaleur, qui malgré ses quelques maladresses, prolonge l’esprit de Noël en plein mois de janvier
[Série US] The Carrie Diaries ou les origines inintéressantes de Sex and the City
Sex And The City a été une série phare du début des années 2000, adaptée des chroniques de Candace Bushnell, comme un étendard levé et rassemblant une génération de femmes (et d’hommes) assumant leur individualité et leur liberté sexuelle, avec un humour perspicace, relevé par une pointe de cynisme acide. Ouvertement effrontée et sans limite, la série, diffusée sur HBO (la chaîne démarre actuellement la seconde saison de Girls) a suivi pendant 6 saisons le parcours amoureux de 4 femmes qui n’avaient pas froid aux yeux et qui osaient parler librement de sexe et de leurs visions so two-thousand des relations hommes-femmes. En parallèle du succès de la série, un autre wagon vint rapidement s’accrocher à la locomotive déchaînée et en route vers la gloire : celui des fashionistas. Rapidement, le style acéré et le sens aigu de la mode de ces quatre femmes toujours dans le vent, notamment celui de Sarah Jessica Parker, aka Carrie Bradshaw - l’héroïne de la série-, devint une référence et les plus grandes marques se pressèrent bientôt pour pouvoir les habiller. Oscar de la Renta, Chanel, Dior, Lacroix, Manolo Blahnik… Autant de noms prestigieux se bousculaient au portillon au moment où, non seulement la série obtenait ses lettres de noblesse, mais aussi au moment où les stars du petit et du grand écran commençaient tout juste à présenter fièrement leurs tenues signées sur les tapis rouges hollywoodiens.
Django Unchained : Un régal Tarantinesque !
Quand Quentin Tarantino sort un nouveau film, c’est toujours un jour de fête (en tout cas pour moi). Attendu comme un cadeau de Noël commandé depuis des mois, Django Unchained débarque enfin sur nos écrans et nous délivre enfin d’une attente qui commençait à nous ronger depuis mi-2011. Tarantino, c’est un peu l’enfant instable et insatiable d’Hollywood qui apparaît toujours là où on ne l’attend pas et qui ne peut se contenter d’une seule histoire, tant il déborde d’idées et de références. Ses films sont un peu comme des matriochki : d’abord il y a l’intrigue que tout le monde connait, mais une fois que le film commence, d’autres histoires se révèlent, toujours liées à la première, mais qui se développent parfois dans le désordre (Pulp Fiction, Kill Bill), d’autres fois en parallèle (Inglourious Basterds). Si Django Unchained fait partie de la deuxième catégorie, la patte Tarantinesque est toujours aussi vive, théâtrale et fracassante. Une fois le film lancé, Django Unchained ne s’arrête plus, allant toujours plus haut, ne cessant jamais d’étonner ni d’amuser son spectateur. Déjanté, drôle, hallucinant, surprenant, violent, sanglant… Autant d’adjectifs qui siéent à Django Unchained, le western-spaghetti remis au goût du jour par un Tarantino qui, une fois de plus, nous émerveille…
The Master : Puissant, brillant… mais frustrant !
Une réalisation maîtrisée, un Joaquin Phoenix magistral face à un Philip Seymour Hoffman incroyable, une mise en scène léchée alliant une photographie superbe et des faces-à-faces puissants et frissonnants… The Master avait tous les ingrédients du pur chef-d’oeuvre. Car Paul Thomas Anderson (There will be blood, 2007) n’en est pas à son coup d’essai et il signe ici l’une de ses pièces maîtresses, assumant entièrement son statut de perfectionniste… Peut-être trop ? En effet, The Master subjugue par bien des points, mais la sophistication prononcée du film prend largement le pas sur l’émotion. Frustrant.
