[CRITIQUE] Conjuring 3 : Sous l’Emprise du Diable, de Michael Chaves

Le pitch : Conjuring 3 : Sous l’Emprise du Diable retrace une affaire terrifiante de meurtre et de présence maléfique mystérieuse qui a même ébranlé les enquêteurs paranormaux Ed et Lorraine Warren, pourtant très aguerris. Dans cette affaire issue de leurs dossiers secrets – l’une des plus spectaculaires – , Ed et Lorrain commencent par se battre pour protéger l’âme d’un petit garçon, puis basculent dans un monde radicalement inconnu. Ce sera la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’un homme soupçonné de meurtre plaide la possession démoniaque comme ligne de défense.

2 ans après le dernier film issu du Conjuringverse, Annabelle : La Maison du Mal, et quasiment cinq ans de puis Conjuring : Le Cas Enfield, les enquêteurs paranormaux Ed et Lorraine Warren sont de retour pour un nouveau chapitre fleurant bon le sensationnel : Conjuring 3 : Sous l’Emprise du Diable.

Après deux premiers opus revisitant des cas de maisons hantées, ce nouveau film réalisé par Michael Chaves (La Malédiction de la Dame Blanche…) opte pour une nouvelle intrigue en s’inspirant d’une autre histoire vraie : celle d’Arne Johnson, accusé du meurtre sanglant de son propriétaire dont la ligne de défense était la possession démoniaque. Conjuring 3 : Sous l’Emprise du Diable innove et multiplie ses effets : oubliez les « hide & clap » haletants et les voix caverneuses, cette fois le film ne se planque plus la nuit pour créer du frissons et démarre sur les chapeaux de roue pour flanquer la frousse.
Si démon il y a bien, le récit ne se résume pas à un énième coup de « pas d’bol, fallait pas emménager là » et développe enfin le coté enquêteurs du couple Warren qui, pour la première fois, doit prouver une possession démoniaque au grand public. Du coup, le film se focalise autour de ce duo conquérant, dont l’alchimie et l’empathie qu’ils provoquent fonctionnent toujours aussi bien, entre visions angoissantes et apparitions terrifiantes. La vraie différence, c’est que l’histoire ne se repose plus uniquement sur les démons mais sur l’humain, tout autant capable du pire, ce qui rend l’ensemble un poil plus réel et accessibles.

Tous les ingrédients sont réunis pour renouveler une saga qui avait déjà fait ses preuves et pour éviter de se répéter. J’ai aimé découvrir ce nouvel angle de la possession démoniaque made in Conjuring, à travers un scénario suffisamment solide – toujours écrit par David Leslie Johnson-McGoldrick (Conjuring 2 : Le Cas Enfield). Les amateurs de frissons devraient apprécier le cadre toujours oppressant et sombre du film, tandis que les plus impressionnables devraient facilement décoller à chaque nouveau jumpscare et éclats d’angoisse. J’ai bien aimé que le film explore la fascination et l’emprise démoniaque dans des tableaux parallèles : l’enquête des Warren d’un coté et le cas d’Arnie de l’autres, dans un exercice plutôt démonstratif mais souvent efficace. De jour comme de nuit, le film conserve une tension palpable, obligeant le spectateur à rester aux aguets. La réalisation est inspirée (avec de gros clins d’œil au film L’Exorciste, forcément) et évite brillamment les sentiers battus et les déjà-vu. En gros, le film est vraiment pas mal !

Oui mais voila… Pour ma part, je suis un chouilla restée sur ma fin. Trop d’effets et beaucoup moins de frissons. Si Conjuring 3 : Sous l’Emprise du Diable est nettement plus appliqué et abouti que La Malédiction de la Dame Blanche, j’ai apprécié l’effort mais je n’ai pas ressenti le frisson attendu. Certes, l’histoire m’a embarquée et, à des moments, j’ai commencé à serrer les dents, mais j’ai trouvé les moments de suspens trop téléphonés, les jumpscares trop présents et l’histoire un poil trop alambiquée – qui ne sera d’ailleurs jamais vraiment expliquée au final. Pour moi, ça manquait d’une vraie tension permanente et oppressante comme dans Conjuring 2. En fait, j’ai trouvé que l’ensemble était une extension du final du premier Conjuring, à savoir la partie de l’exorcisme qui étaient trop théâtrale. L’absence de la patte subtile de James Wan se fait sentir (mais ravive mon attente pour son prochain film, Malignant, qui doit sortir en septembre).

Au casting : Patrick Wilson (Midway, Dans Les Hautes Herbes, Aquaman…) et Vera Farmiga (Skin, Halston, Godzilla 2…) reprennent du service, toujours aussi à l’aise et crédibles dans leurs rôles respectifs, parvenant à véhiculer les frissons nécessaires pour tenir le film, tandis que Shannon Kook (The 100…) est également de retour à leurs cotés. Au centre du film, Ruairi O’Connor (The Morning Show, The Spanish Princess…) incarne un Arne Johnson convaincant dans les scènes démonstratives, tout comme le jeune Julian Hilliard (Wandavision, The Haunting of Hill House…) dont la performance donne le ton au début du film. Autour d’eux, Sarah Catherine Hook (NOS4A2…), John Noble (The Boys…) et Eugenie Bondurant (Hunger Games – La Révolte…) complètent un ensemble solide.

En conclusion, si je n’ai pas eu autant la frousse que devant Conjuring 2, j’appréhendais beaucoup de voir la saga changer de réalisateur. Michael Chaves tient les promesses du film en proposant une intrigue novatrice qui se déploie dans un tableau suffisamment angoissant pour faire de l’effet, entre jumpscares, visions troublantes et menaces parfois insondables. Cependant, si Conjuring 3 : Sous l’Emprise du Diable fait le job, le film conserve un coté très prévisible dans son exercice et du coup, j’ai très (trop) bien dormi après l’avoir vu. À voir, évidemment.

Petit aparté : si ce film ne semble pas introduire de nouvelles menaces (comme Annabelle, la Nonne ou autre samouraï…), quelques flashbacks me font penser qu’un film sur leurs débuts pourrait voir le jour – permettant de perpétuer le Conjuringverse au cas où les acteurs principaux voudraient passer à autre chose.

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