Dur, implacable et prenant, le dernier film de Clint Eastwood est un drame étouffant, plongeant dans l'horreur de la guerre et de ses conséquences. Contrairement à ce que son titre (et l'affiche du film) indique, American Sniper n'est pas qu'une simple ode au patriotisme américain aveugle, mais une histoire aussi brutale que touchante, vue à travers le parcours d'un homme transformé malgré lui en dommage collatéral. Si le film édulcore son personnage principal, cette adaptation de son histoire ne laisse pas indemne.
Catégorie : Biopic
Grace de Monaco : Agréable à regarder mais sans véritable intérêt
Présenté en ouverture du Festival de Cannes 2014, Grace de Monaco était aussi controversé qu'attendu. Entre une photographie sublime et une ambiance glamour savamment entretenue, si le film d'Olivier Dahan séduit au premier coup d’œil, c'est au niveau du fond que c'est une véritable déception. L'histoire est creuse et peu pertinente, l'ensemble ressemble plus à un documentaire-fiction totalement aseptisé et dénué d'une quelconque émotion. Nicole Kidman et Tim Roth forment un duo improbable et l'intrigue politique du film est d'un ennui total. Bref, c'est raté.
Yves Saint Laurent : Classe, élégant, barbant…
Lorsque Jalil Lespert s'attaque à une grande icône de la mode française, cela donne un biopic d'une classe folle, teinté de respect et d'élégance. Cependant, Yves Saint Laurent ne parvient pas à tenir sur la longueur car le film ne fait que survoler la vie tumultueuse du créateur pour ne s'attarder que sur ses excès et ses dérapages de manière observatrice. Malgré la performance époustouflante de Pierre Niney et un ensemble prestigieux, Yves Saint Laurent se révèle plutôt ennuyeux et un brin poussiéreux.
Mandela – Un long chemin vers la liberté : Un grand film pour un grand homme
Retracer la vie de Nelson Mandela en un film d'un peu plus de 2 heures relevait du défi, un défi que Justin Chadwick relève avec brio. Captivant sans jamais sombrer dans le mélo, respectueux tout en étant franc, Mandela - Un long chemin vers la liberté évite les pièges des biopics lisses et romancés pour narrer le parcours d'un grand homme avec une sincérité palpable et un talent hors pair. Idris Elba et Naomie Harris forment un duo aussi charismatique que puissant, faisant de Mandela un film à la fois bouleversant et passionnant.
Diana : Une romance fadasse, peu crédible et sans charme
16 ans après la disparition de Lady Diana, une sorte de biopic inintéressant au possible débarque sur nos écrans. Si Diana retrace les dernières années de la vie de la célèbre princesse, c'est avec d'énormes pincettes, beaucoup de minauderies et aucune crédibilité ni prise de risque. En espérant contenter tout le monde, Oliver Hirschbiegel, le réalisateur, se vautre royalement dans un film d'une tiédeur effarante aux allures de téléfilms dignes d'un après-midi sur M6...
Hitchcock : Un trésor inexploité
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat de Hitchcock est plutôt inattendu et curieux. Comme d'autres biopics précédents (Lincoln, My week with Marylin...), le film se consacre à un épisode en particulier de la vie d'Alfred Hitchcock. Ici, Sacha Gervasi, pour son premier long-métrage, s'attaque à un monstre avec un grand M et choisit de mettre en boîte un des moments les plus marquants de la carrière du célèbre cinéaste, à savoir la réalisation du cultissime Psychose. Si le film n'est pas vraiment à la hauteur de l'homme aux multiples facettes, il tente tout de même de susciter l'intérêt du public là où on ne s'y attendait pas, en multipliant les storylines anecdotiques autour du "film dans le film" avec des touches d'humour et de romance. Manque de connaissances sur le sujet ou envie d'attirer un large public ? Quoiqu'il en soit, Sacha Gervasi risque de s'attirer les foudres des fans d'Hitchock en désacralisant ainsi le mythe qui entoure le Maître du Suspens. Si vous vous attendiez à comprendre l'homme derrière la caméra, il vous faudra plutôt louer (ou acheter) un ou plusieurs de ses films cultes, si ce n'est pas déjà fait. Tenez-vous bien, avant de lire la suite, sachez ceci : Hitchcock est en fait une comédie !
Lincoln : un biopic conformiste et fastidieux
Comme toujours, le nouveau Steven Spielberg est toujours très attendu et encore plus lorsqu’il sort de sa zone de confort. Ajoutons à cela les 12 nominations reçues aux Oscars 2013 et tout cela fait de Lincoln un des films les plus prometteurs de ce début d’année. Oui mais voilà, en s’attaquant à l’adaptation des derniers mois de la vie de ce légendaire Président, on était en droit de s’attendre à un mélange savant entre conspirations politiques et retranscription innovante de la guerre de Sécession qui faisait rage à ce moment là. Malheureusement pour nous les Frenchies, Spielberg a préféré s’attarder sur les longs (très longs) échanges politico-sociaux entre Lincoln et ses pairs, pour transformer son œuvre en un biopic conformiste au traitement romancé et nébuleux ayant des allures de documentaire… Dommage, car le film se distingue largement par sa réalisation fluide et maîtrisée, ainsi que par une photographie léchée et sophistiquée, qui confère à Lincoln une classe et une élégance indiscutable et universelle.
