[COUP DE CŒUR] La Favorite, de Yórgos Lánthimos

Excentrique et subversif, Yórgos Lánthimos s’engage dans la course à l’Oscar avec un face-à-face féroce entre Rachel Weisz et Emma Stone qui s’affrontent pour les faveurs d’une Olivia Colman épatante en reine caractérielle. La Favorite est une fresque historique affûtée, originale et délicieusement tragi-comique, portée par une attention sublime à l’ensemble, à travers des décors et costumes d’une beauté époustouflante. Un peu fou et insolent, Yórgos Lánthimos nous immerge dans un nid de vipères bousculé par les convenances et les manigances en tout genre. Festif et jubilatoire !

[CRITIQUE] How To Talk To Girls At Parties, de John Cameron Mitchell

Petit OFNI (Objet Filmique Non Identifié) fantasque, le nouveau film de John Cameron Mitchell défriche les sentiers battus à travers le choc des cultures entre un échantillon punk et des créatures curieuses. Souvent lunaire, plutôt original et étonnant, How To Talk To Girls At Parties parvient à conjuguer l’effervescence libératrice et expressive des années 70 au détour d’une rencontre aussi étonnante…

[COUP DE CŒUR] Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson

Paul Thomas Anderson est de retour avec un film à taille humaine, une romance ambiguë entre un grand créature et sa muse. Élégant et troublant, Phantom Thread tisse un drame complexe autour de la relation de ses personnages, entre jeux de pouvoir et dépendance. Souvent trop pompeux, cette fois Paul Thomas Anderson s’attache bien plus à la psychologie retorse de ses personnages, tout en conservant son talent de mise en scène et de direction d’acteurs pour concocter des scènes d’une intensité rare et palpable, en laissant les émotions éclore en surface. Mélange captivant de modernité et de sobriété, Phantom Thread est un bijou subtile et envoûtant.

[CRITIQUE] Le Musée des Merveilles, de Todd Haynes

Original et agréablement rétro, Le Musée des Merveilles propose un exercice de style délicat inspiré par les films muets et musicaux à travers le temps. Todd Haynes se balade entre les époques, avec une naïveté douceâtre mais finalement peu vivace, tandis que la bande-originale pèse sur un ensemble engourdi au lieu de l’élever. Malgré une prise de risque intéressante, Le Musée des Merveilles endort avec son trop-plein de tendresse qui finit par se tiédir au fur et à mesure que le film s’étire vers l’ennui. Dommage.

[CRITIQUE] Nocturnal Animals, de Tom Ford + explications

D’une élégance rare à la noirceur palpable, le nouveau film de Tom Ford nous entraîne dans un thriller dérangeant et maîtrisé, où les amours déchues s’entrechoquent dans une intrigue marquée par une violence bien plus implicite que graphique. Porté par un casting de choc, Nocturnal Animals déroute, pas uniquement par son traitement, mais surtout à cause de (ou grâce à) sa simplicité ingénieuse. Brillant, tordu et entêtant, Tom Ford se conforte peut-être dans une forme académique mais il livre toutefois un film surprenant et brutal.

Apprenti Gigolo : Une comédie agréable et élégante

Élégant et plein d’humour, Apprenti Gigolo est une agréable comédie empreinte de nostalgie, avec sa mise en scène et ses personnages tout en discrétion et légèrement désuets. Bien évidemment inspiré par Woody Allen, John Turturro narre avec justesse le drame poignant qui se cache derrière l’humour et l’originalité de son sujet, tout en étant une ode aux amours naissantes et surtout aux femmes, si belles devant sa caméra admirative. Certes, le résultat manque un peu de personnalité car on retrouve beaucoup le style de Woody Allen (ainsi que son bavardage inutile), mais Apprenti Gigolo réussit à charmer grâce à sa sincérité et ses personnages drôles et attendrissants.

Yves Saint Laurent : Classe, élégant, barbant…

Lorsque Jalil Lespert s’attaque à une grande icône de la mode française, cela donne un biopic d’une classe folle, teinté de respect et d’élégance. Cependant, Yves Saint Laurent ne parvient pas à tenir sur la longueur car le film ne fait que survoler la vie tumultueuse du créateur pour ne s’attarder que sur ses excès et ses dérapages de manière observatrice. Malgré la performance époustouflante de Pierre Niney et un ensemble prestigieux, Yves Saint Laurent se révèle plutôt ennuyeux et un brin poussiéreux.