Le nouveau film d'horreur de James Wan (Insidious, en 2010) débarque sur nos écrans français le 21 août 2013. Conjuring - Les dossiers Warren fait déjà fureur aux Etats-Unis et pourrait bien être LE film d'horreur de l'année. Et vous, qu'en pensez-vous ? Attendez-vous Conjuring avec impatience ?
Catégorie : Épouvante-horreur
World War Z : Efficace, divertissant, mais frileux
Du film pop-corn classique, World War Z en a toutes les qualités, mais aussi les défauts. Frénétique et stressant, le film de Marc Forster comble nos attentes quand il s'agit de jouer avec nos nerfs et nous captiver devant cette déferlante d'action quasiment incessante et chaotique. Cependant, quand on y regarde de plus près le film divise : souvent incohérent, parfois absurde, le scénario a tendance à combler ses creux à la hâte, pour provoquer ses rebondissements. En fait, World War Z n'a définitivement rien du film d'horreur (manque d'hémoglobine oblige) et emprunte les codes des films catastrophe, rayon apocalypse, en nous immergeant dans la confusion et la panique générale sans crier gare. Plutôt efficace et tranché, soit on aime, soit on déteste. Pour ma part, World War Z livre une œuvre correcte et appréciable sur l'instant, mais qui, après réflexion, manque de maturité et de réalisme.
World War Z : Il n’y aura pas d’avertissement [extrait vidéo]
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The Bay : Flemmard et inutile
Réalisé par Barry Levinson, qui a pourtant connu de belles heures grâce à Rain Man (1988), Harcèlement (1994) ou encore Sleepers (1996), et propulsé sur le devant de la scène grâce à un survendu "par les producteurs de Paranormal Activity et Insidious", The Bay avait un bagage potentiellement intéressant. Quoi qu'à y regarder de plus près, Levinson n'a rien fait de vraiment remarquable depuis la fin des années 90 et, finalement, "producteurs" ne veut absolument pas dire "scénaristes". Résultat, nous voici une nouvelle fois face à une incommensurable bouse qui brille non seulement pas sa vacuité que par son absence d'intention quelconque. Sans âme, ennuyeux, radin et bavard, The Bay n'a décroché son genre "épouvante/horreur" uniquement grâce à deux trois plans brouillons et flous tâchés d'hémoglobine. En dehors de ça, c'est-à-dire pendant la majeure partie du film, The Bay ne propose absolument rien dans le fond, ni dans la forme, déjà usée jusqu'à la corde. En effet, l'ère bénie du "found-footage" a clairement touché à sa fin et les seuls qui l'utilisent encore sont, apparemment, les plus flemmards. La preuve, avec The Bay...
Mamá : Ennuyeux et attendu
Produit par Guillermo Del Toro et récompensé au Festival du film fantastique de Gerardmer 2013, Mamá bénéficiait d'un buzz positif et d'une bande-annonce alléchante. Malheureusement, le film se révèle être une grosse déception. Inconsistant et désolant, Mamá fourmille d'idées mais ne parvient pas à en choisir une. Le film tourne en rond assez rapidement, en réutilisant des stratagèmes vieux comme le monde sans réussir à créer l'effet escompté. Résultat, Mamá n'effraie pas une mouche (ou plutôt un papillon) et même son ambiance cafardeuse ne parvient pas à évincer l'absurdité effarante du scénario ni l'utilisation d'effets spéciaux légèrement honteux.
Evil Dead : Gore et efficace
32 ans après la sortie du culte Evil Dead de Sam Raimi, ce dernier a décidé qu'il serait temps de lui donner un petit coup de jeune. Pari risqué pour Raimi, surtout quand on voit ce qu'a donné le dernier né de Ghost House Pictures (je parle du ridicule film Possédée, bien sûr), mais Evil Dead est finalement une très bonne surprise. La cuvée 2013 tient ses promesses, aussi gore que flippant tout en restant fun et fidèle à l'empreinte du film original. Plutôt que de nous embrouiller avec des stratagèmes essoufflés Fede Alvarez, le réalisateur, a bien compris qu'on en voulait pour notre argent et nous voilà généreusement servi. Pour Evil Dead, qu'on se le dise, on évite de prendre du pop-corn. Giclée de sang, cris hystériques, angoisse permanente, le cinéma d'horreur est de retour. Et même s'il s'agit d'un remake, cette nouvelle version d'Evil Dead est plus qu'honorable.
[Coup de cœur] Stoker : Un conte horrifique, dérangeant et sensuel
Fascinant, brillant et d'une beauté déroutante, Stoker pourrait bien être mon vrai coup de cœur de l'année. Pour son premier film occidental, Park Chan-Wook (Old boy en 2003, Lady vengeance en 2005) nous offre un thriller horrifique à la fois séduisant et repoussant, où les non-dits ont autant d'importance que l'histoire racontée. Truffés de plans symboliques et grâce à une mise en scène précise, Stoker déborde d'une sensualité malsaine, opposant la femme d'âge mûr qui cherche l'attention et la jeune femme qui se découvre, face à un homme déclencheur de vices. Tout cela aurait pu être une histoire banale, gauchement érotique, s'il n'y avait pas cette ombre dérangeante, entre liaisons interdites et fascination morbide, qui entre les mains de Chan-Wook et guidé par un scénario écrit avec brio devient ensorcelant. Un véritable plaisir coupable.
I spit on your grave : très violent mais jubilatoire !
Sorti en 2010 et, bien sûr, interdit aux moins de 16 ans, j'avais le film I Spit On Your Grave (le remake du film Œil pour œil, de Meir Zarchi, sorti en 1978) dans le collimateur. N'étant pas très fan du style "rape and revenge" que je trouve trop pervers et souvent réservé à un public masculin, j'ai pris mon temps avant de le voir et finalement, je ne suis carrément pas déçue. Certes, le film est carrément voyeur et pas mal tordu, mais contrairement à ce qu'on peut croire, le voyeurisme est dans les deux sens et donc ouvert à un public mixte. Ici, la victime devient le bourreau, plus sadique que ses agresseurs. Résultat, quand l'heure de la revanche a sonné, I Spit On Your Grave brille par son originalité et un dosage juste entre un peu de gore et beaucoup de frissons. Grâce à une photographie aux tons bruts et à une mise en scène habile, le film de Steven R. Monroe est surprenant, captivant et horriblement efficace. L'envie de détourner le regard est toujours présente, mais au final, on se prend carrément au jeu machiavélique (et justifié) de l'héroïne. Décomplexé, I Spit On Your Grave offre une plongée en enfer décomplexé et savoureusement effrayante.
Antiviral : La fascination morbide de père en fils
Forcément, quand on parle du film Antiviral de Brandon Cronenberg, la comparaison avec le père est inévitable. Le fruit ne tombe jamais très loin de l'arbre, semble-t-il, et le jeune réalisateur a été largement inspiré par la filmographie de Cronenberg-père, notamment la perfection (ou la dénaturation) de l'homme grâce à la science et aux machines (La mouche, Chromosome 3)... Mais pas que ! Si les ressemblances sont indéniables, Cronenberg-fils propose tout de fois sa propre définition du mot obsession, en réalisant un premier film fascinant, joliment gore et esthétique. Surfant sur un thème très actuel, Antiviral explore le concept du fanatisme jusqu'à l'extrême, dans une froideur dérangeante et maîtrisée, dont l'aspect clinique et aseptisé renforce le coté expérimental du film. Antiviral est donc une expérience à la fois artistique et visuelle, qui propose une vision alarmante et plutôt glauque du monde moderne dominé par l'adulation sans borne et déraisonné du "star-système".
Maniac : Une surprise déroutante et morbide… mais plutôt bien fichue !
Étrange, dérangeant mais surtout captivant, Maniac, le dernier film de Franck Khalfoun (2ème sous-sol en 2007) a le don de surprendre par son atmosphère glauque, étouffante mais efficace. En nous mettant dans la peau d’un tueur, Maniac nous entraîne dans un film d’épouvante assez réussi et décalé, entre appréhension et fascination morbide.
Possédée : par l’ennui ?
La possession démoniaque est certainement l’un des thèmes les plus usés dans le cinéma d’horreur et, récemment, bon nombre de films s’y sont frotter. Si le genre est devenue un classique, Possédée tente réellement d’innover. Mais entre un montage à la hache et une absence totale de frousse, le dernier film produit par Sam Raimi (autrefois gage de qualité) est une déception cuisante, frôlant parfois l’amateurisme dans certains détails.
Silent Hill Revelation 3D : Décevant, consternant, raté
6 ans après le premier film réalisé par Christopher Gans, Silent Hill revient sur nos écrans, nous promettant cauchemar et frissons. Si le premier film nous avait séduit par son univers particulier, à la fois fantastique et morbide, collant à la trame du jeu, Silent Hill Revelation 3D a au moins le mérite de prolonger le voyage. En dehors de ça, le trouillomètre reste bien en-dessous de zéro et le film est globalement d’une absurdité effarante.
