[CRITIQUE] John Wick 2, de Chad Stahelski

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Chad Stahelski et Keanu Reeves sont de retour pour John Wick 2, avec une suite de la même trampe que le premier opus, voire mieux. Fun et plus costaud, John Wick 2 ravira les amateurs du genre car il conserve sa tonalité sombre et violente, mêlant vengeance et nerf à vif dans un film d’action millimétrée. Cascades et combats saisissants sont au rendez-vous, accentuant l’excellent travail de mise en scène et la chorégraphie des affrontements qui permettent d’être aux premières loges à chaque instant, grâce à un POV immersif et nerveux. Bref, Chad Stahelski signe une suite réussie : noire, violente mais décomplexée et assumée. Génial !

Le pitch : John Wick est forcé de sortir de sa retraite volontaire par un de ses ex-associés qui cherche à prendre le contrôle d’une mystérieuse confrérie de tueurs internationaux. Parce qu’il est lié à cet homme par un serment, John se rend à Rome, où il va devoir affronter certains des tueurs les plus dangereux du monde.

Presque trois ans après le premier John Wick qui a connu un succès surprise, le duo Chad Stahelski et Keanu Reeves proposent une suite explosive à John Wick, l’histoire d’un ex-tueur à gages lancé dans une mission vengeresse après un passage à tabac injuste qui a causé la mort de son chien et le vol de sa voiture.
John Wick 2 reprend là où le premier film s’était arrêté, permettant au héros de terminer sa précédente mission, avant de lancer un nouveau chapitre. Renouant avec un personnage ténébreux et solitaire, Chad Stahelski renvoie son héros dans les affres dans son ancienne vie en le forçant à éponger ses dettes malgré lui. Un retour en arrière intéressant qui permet d’en découvrir plus sur l’ancien travail et univers de John Wick (deux aspects effleurés dans le premier film), dévoilant les mystères et les codes de la fameuse confrérie d’assassins. À mi-chemin entre la coolitude classe des James Bond et le caractère stand-alone brutasse des films des années 90 (les films de Vandamme, voir Seagal à la belle époque), Chad Stahelski affûte l’aspect bourrin du genre en l’allégeant avec une tonalité décalée avec un humour piquant et en le stylisant à travers la mise en scène et les nombreux affrontements qui jalonnent le film.

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En effet, si John Wick 2 n’est pas un film cérébral, il propose tout de même un divertissement intéressant, punchy et dark à souhait. L’ex-assassin ne fait pas que casser la baraque, il la démonte en assurant un show millimétré et spectaculaire. Chad Stahelski étant lui-même coordinateur de cascades s’assure du réalisme de son film et propose une mise en scène mordante et proche de l’action pour mieux y immerger le spectateur. Entre des prises de vue juchées derrière l’épaule du héros rappelant les effets de jeux vidéos avec un travelling vertigineux et des plans larges laissant suffisamment d’espace pour savourer l’action, chaque affrontement est jubilatoire. Parmi des scènes classique, le réalisateur surprend avec des effets de style bien vus, rappelant parfois le Skyfall de Sam Mendes qui avait marqué les esprits avec sa scène en ombre chinoise, ici John Wick 2 joue la carte des miroirs dans une scène tendue qui démontre une certaine prouesse technique (cacher l’équipe derrière la caméra par exemple). Du coup, John Wick 2 ose l’esbroufe et même l’exagération, si bien qu’on ferme les yeux sur les accents russes à couper au couteau, et quand une parraine de la mafia se la joue « passion du Christ » sanguinolente, cela arrache même un sourire parce que la photo reste canon. Le caractère musclé du film est efficace, chaque scène maintient l’ensemble sur le fil du rasoir grâce à une tension débordante de testostérone (graouh), tout en se payant le luxe d’une histoire qui tient sacrément la route. Beau boulot !

Au casting, si Keanu Reeves (The Neon Demon, Knock Knock…) fait à présent du Keanu Reeves, il le fait bien : son personnage bourru lui va comme un gant et il n’est visiblement pas resté sur la touche quand il s’agissait de faire deux-trois cabrioles, ce qui rend sa performance encore plus crédible. À ses cotés, le rappeur-acteur Common (Suicide Squad, Selma…) lui tient tête, tandis que Laurence Fishburne (Passengers, Batman V Superman…) s’invite pour un revival sympathique entre Neo et Morpheus. Autour d’eux, pas mal de seconds couteaux globalement moyens : certains sont bloqués dans le sur-jeu, comme Riccardo Scarmacio (Dalida, À Vif !…), d’autres déçoivent par leur transparence, comme Ruby Rose (Resident Evil 5, xXx: Reactivated…) et rares sont ceux qui, malgré de courtes apparitions, tirent leurs épingles du jeu, comme John Leguizamo (American Ultra…) ou encore Lance Reddick (Old Boy…).

En conclusion, Chad Stahelski livre une suite rythmée et nerveuse qui se démarque grâce à ses scènes de combats et d’affrontements à mains armées très bien chorégraphiées et judicieusement mises en scène. John Wick 2 est à la hauteur du premier film, renouant avec son ambiance noire et dangereuse, porté par un Keanu Reeves en forme et une tension immersive et jubilatoire. Excitant et fun, à voir absolument !

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