[CRITIQUE] Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, de Destin Daniel Cretton (sans spoiler)

Le MCU reprend du poil de la bête après le succès mitigé de Black Widow, avec une bonne surprise inattendue : Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux. Si le film de Destin Daniel Cretton tient ses promesses en terme de divertissement, d’humour à la Marvel et de scènes d’actions ébouriffantes, le nouveau venu dans l’écurie Marvel étonne par son originalité et ses ambitions hautes en couleurs. Si vous pensiez avoir tout vu dans la bande-annonce, revoyez votre copie : Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est ambitieux, risqué et surtout, le film donne déjà envie d’une suite !

Le pitch : Shang-Chi va devoir affronter un passé qu’il pensait avoir laissé derrière lui lorsqu’il est pris dans la toile de la mystérieuse organisation des dix anneaux.

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Si la Phase 4 du MCU – Marvel Cinematic Universe – a démarré avec une valeur sûre cet été, Black Widow, le géant hollywoodien célèbre son retour exclusivement sur grand écran avec Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux. En effet, le film de Destin Daniel Cretton (States of Grace, La Voie de la Justice…) porte avec lui des enjeux colossaux : en plus d’assurer l’intérêt des fans et du spectateurs pour les produits Marvel Studios, c’est le premier film Disney qui ne sera pas simultanément distribué sur Disney+ à sa sortie. L’occasion donc pour les studios de tous poils de vérifier si le public est au rendez-vous en salles, après les confinements et les obligations sanitaires. Selon les résultats au box-office de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, la calendrier super-héroïque de la rentrée 2021, qui compte aussi Venom, The Eternals et le prochain Spider-Man, pourrait bien être chamboulé.

En tout cas, j’espère bien que le public sera au rendez-vous car Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est une très bonne surprise et mérite d’être vu sur grand écran, d’une part parce qu’il a été filmé pour de l’IMAX mais aussi parce que le cocktail visuel et ambitieux mérite mieux qu’un écran standard, entre deux pause-pipi et une partie de Candy Crush sur votre smartphone.
Pendant que les mauvaises langues pensent que le modèle Marvel est arrivé à son épuisement après le mitigé de Black Widow, les studios montrent qu’ils en ont encore dans le ventre en dévoilant un nouveau film qui allie les codes classiques d’une origin story Marvel à une aventure accrocheuse, originale et au final spectaculaire et plein de risques, qui pourrait bien changer la donne du paysage cinématique des prochains films Marvel. Si le public chinois crie au boycott pour des raisons qui leurs sont propres et que la dernière parenthèse asiatique du géant Disney est le controversé Mulan, Marvel Studios met le paquet pour introduire son nouveau héros méconnu, potentiel futur Avenger, du grand public dans le MCU. Méconnu, oui mais pas tant que ça, puisqu’on a déjà entendu parlé de l’organisation des 10 Anneaux il y a quelques années… quand ils ont enlevé Tony Stark dans le premier film Iron Man (2008), bien sûr. C’est donc pour une raison encore obscure que les studios décident de revenir sur les origines de cette mystérieuse organisation à travers Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux. Le film s’articule autour d’une relation père-fils ternie par l’aveuglement et la soif de pouvoir d’un père meurtri par le deuil, porteur de ces fameux anneaux depuis un certain moment déjà. À grands renforts d’inspirations esthétiques chinoises qui animent les wu-xia-pian (les films chinois de héros maîtrisant les arts martiaux) sur grand écran depuis des années (des 3 Royaumes à Tigre & Dragon, en passant par des films comme Detective Dee, La Cité Interdite, Tai Chi Master), j’ai trouvé que le film de Destin Daniel Cretton offrait une entrée en matière accessible pour tous, gardant un pied dans le réel et l’autre dans l’imaginaire où le fameux « chi » permet l’impossible, alors qu’on en découvre un peu plus sur les personnages.

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Le format bien rôdé par Marvel se compose de personnages, d’action et d’humour, ça on le sait et c’est qui fait que j’accroche facilement aux récits de ce studio – tout en essayant de garder un œil tout de même critique sur l’ensemble. Cependant, Destin Daniel Cretton va au-delà du produit clé-en-main et ne se repose pas uniquement sur l’étiquette Marvel, en osant proposer un film plus dense et plus costaud qu’il n’y parait.
Le premier atout de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux se sont évidement ses scènes d’actions et les affrontements entre ledit « Maître du Kung-Fu » et ses adversaires aussi atypiques soient-ils. Là où les réalisateurs d’autres films type Captain America ou le récent Black Widow avaient tendance à poser une caméra en retrait pour observer les combats, celle de Destin Daniel Cretton colle de près aux personnages, si bien que le spectateur se retrouve embarqué dans l’action, à l’affût de chaque coup, saut ou acrobatie. Le résultat est étourdissant et prenant, car Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux multiplient les tableaux originaux et les chorégraphies intenses, ce qui rend l’ensemble aussi dynamique qu’excitant alors que chaque affrontement surpasse le précédent. En fait, ce que vous voyez dans la bande-annonce n’est qu’une légère mise-en-bouche, Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux ravira les amateurs de combats classiques, teintés d’une touche de fantastique à travers des acrobaties souvent époustouflantes et surtout rodées avec une précision à couper le souffle. Rien que pour ça, Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux vaut le détour !

L’autre atout de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux c’est le fait que ce personnage soit peu connu et nouveau dans l’arène. Shang-Chi reste un personnage que seuls les lecteurs assidus de comics connaissent, ce qui donne à Marvel Studios le champ libre pour sortir des sentiers battus, comme ils avaient pu le faire avec Les Gardiens de la Galaxie en 2014, tout en s’inspirant d’une culture différente et adaptée de manière plus ou moins réaliste, à l’image de Black Panther en 2017. Personnellement, je ne suis pas assez experte pour savoir si les légendes ou les us et coutumes chinois sont appliqués à la lettre. Ceci étant dit, j’ai beaucoup aimé l’approche du film qui mêle le mystique au réel, à travers une intrigue portée par un mélange de croyances culturelles et un désir de pouvoir dangereux. On évite les clichés poussiéreux et « mulanesque » sur l’honneur de la famille pour tisser une histoire plus personnelle et directement liée à l’histoire des héros – et non à leurs images. Le film évite de se perdre en justifications trop terre-à-terre, ce qui permet à Daniel Destin Cretton de laisser une porte ouverte à l’imaginaire à travers l’ombre d’une mère disparue et l’histoire du héros qu’on découvre dans le film. Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux a un coté dépaysant et rafraichissant pendant ses tableaux d’exposition, qui permet de s’imprégner légèrement de cet univers nouveau qui devient rapidement plus versatile qu’il n’y parait.
J’ai bien aimé la façon dont ces deux univers, réel et fantaisiste, cohabitent. Contrairement à un Aquaman qui nous plongeait sans prévenir dans un monde aquatique souvent déjanté, Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux utilise à bon escient, selon moi, ses codes d’expositions si bien que lorsque le dernier acte explose sur grand écran, c’est un grand OUI ! Oui à cette folie, oui au dépaysement, oui à l’imagerie incroyable et insensée qui change de ce que Marvel Studios a pu proposer jusqu’à aujourd’hui. Dire que Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est une bouffée d’air frais serait peut-être exagéré, mais le film de Destin Daniel Cretton pourrait bien élargir le champ des possibles pour les prochains films de la Phase 4 – notamment The Eternals et surtout Doctor Strange 2 – tant l’ensemble fait l’effet d’une première étape vers l’inconnu. J’ai hâte de voir la suite.

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Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux dure deux bonnes heures que je n’ai pas vu passer. Étant amatrice des films Marvel (vous l’aurez compris), j’ai évidemment été portée par son storytelling et son humour tout public qui oui, comme souvent, vient casser certains moments dramatiques du film. Mais que voulez-vous, on ne change pas une recette qui a fait ses preuves (et puis ce n’est pas comme si les films super-héroïques qui se veulent ultra dark et sérieux sont légions ni réussis *louche vers Justice League – The Snyder Cut et The Suicide Squad*). Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est porté par un héros peu bavard (et peu expressif, ce qui peut arriver quand on est brutalement entrainé au combat depuis l’enfance…) mais doué d’une side-kick, incarnée par la comédienne Awkwafina, qui fait office de baromètre émotionnel (et humoristique) pour le spectateur. Si le film ne creuse pas vraiment son personnage central (ni ces fameux anneaux, notons-le), il souligne néanmoins son parcours initiatique et son rapport avec ses origines à travers ses interactions avec les autres personnages et sa famille, depuis le personnage adulescent et insouciant qu’il parait être au début jusqu’au héros qu’il va devenir (dans un schéma un poil œdipien au passage, mais bon…). Malgré ses apparences blockbusteriennes et démonstratives, le film de Destin Daniel Cretton n’oublie pas de jalonner les bases de son personnage central, ne serait-ce que pour une éventuelle suite, mais surtout parce qu’au-delà de son intrigue linéaire, Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est truffé d’indices à creuser qui, en deuxième lecture, rendent l’histoire bien moins légère qu’il n’y parait.
Alors on peut critiquer la formule, mais difficile d’en nier l’efficacité après avoir vu Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux. Si Black Widow semblait daté et moulé dans un modèle formaté, j’espère que cette nouvelle origin story donne le « la » pour une Phase 4 prometteuse et bien différente de la Saga Infinity.

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Au casting : Simu Liu (Bienvenue chez les Huang, Orphan Black…) incarne le héro avec un savant mélange de « coolitude » et de chorégraphies suffisamment maîtrisées pour en mettre plein la vue. À ces cotés, Awkwafina (L’Adieu, Jumanji: Next Level, Ocean’s 8…) joue les side-kicks rigolotes, tandis que Tony Leung (The Grandmaster, Les Trois Royaumes, Lust, Caution…) interprète un père jusqu’au-boutiste et convaincant. À l’affiche également, Michelle Yeoh (Last Christmas, Crazy Rich Asians…), Meng’er Zhang et Florian Munteanu (Creed II…) complètent l’ensemble frontale, tandis que Benedict Wong (Doctor Strange, Gemini Man…) relie le film au reste du MCU. D’autres surprises (ou pas) sont à prévoir, mais… nous y reviendrons dans un autre article.

En conclusion et au risque de participer à une sur-hype qui desservirait le film, j’ai été agréablement surprise et totalement embarquée par le film Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux. Destin Daniel Cretton signe une origin story certes portée par les codes Marvel, mais rehaussée par son coté original et dépaysant, aux détours orientaux qui mêlent film d’action moderne et bribes de folklore chinois. C’est novateur, fun et conquérant : bref, j’ai adoré. À voir – sur grand écran, évidemment.

PS : il y a deux scènes bonus dans le générique final, restez bien jusqu’au bout. On en parle ici 🙂

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