[CRITIQUE] Rosalie Blum, de Julien Rappeneau

Mignon et sans prétention, Rosalie Blum est une histoire de rencontres et d’actes manqués, un chassé-croisé entre des personnages à la bonhomie attachante. Julien Rappeneau narre des tranches de vie aux apparences banales, livrant un film accessible et frais, qui donne le sourire et permet de passer un bon moment. Néanmoins, à cause d’un manque de piquant et d’un traitement sans risque, Rosalie Blum frôle de peu le téléfilm.

[CRITIQUE] En Mai, Fais Ce Qu’il Te Plait, de Christian Carion

Voilà typiquement le genre de film qui faut aller voir en ayant la patate, car En Mai, Fais Ce Qu’il Te Plait évolue dans une ambiance morne qui connait peu de moment de lumière. Christian Carion met en scène les parcours croisées de villageois français qui tentent d’échapper aux Allemands et d’un père qui essaie de retrouver son fils, dans un drame atone qui tente désespérément de dresser un portrait courageux de ses personnages. Malheureusement, En Mai, Fais Ce Qu’il Te Plait s’embourbe dans un chauvinisme éteint, où la tristesse de ses personnages alourdissent un film déjà marqué par son contexte historique déjà douloureux. Dommage, Christian Carion réalise un beau film et son histoire est bien écrite, mais l’ensemble aurait mérité d’être plus tranché. Sans ce traitement aussi larmoyant et un peu vieille France, En Mai, Fais Ce Qu’il Te Plait aurait réussi à faire passer plus d’émotions, au lieu d’un désespoir lent et communicatif.

[CRITIQUE] Un Moment d’Égarement, de Jean-François Richet

Ensoleillé et délicieusement frais, Un Moment d’Égarement est une comédie drôle et légère qui fleure bon les flirts estivaux et le sable chaud. Jean-François Richet livre un film sans prise de tête, sympathique et agréable sur les chassés-croisés sentimentaux entre deux pères et leurs filles, entre crise de la quarantaine et crise d’ados. Un bon moment.

Les Yeux Jaunes des Crocodiles : Aussi assommant que le livre

Plat et très lent, Les yeux jaunes des crocodiles est un parfait copier-coller du livre de Katherine Pancol (tout aussi plat et lent). Cécile Telerman parvient à donner vie à des personnages aussi fades à l’écrit que sur grand écran, dans cette tranche de vie ordinaire et pourtant curieuse. Finalement, l’adaptation est si fidèle que je n’arrive toujours pas à m’attacher à cette héroïne / victime / imbécile heureuse qui ne cesse de pleurnicher toutes les cinq minutes, ni à ses proches tous aussi insipides les uns que les autres. Certes, Cécile Telerman a su faire des coupes utiles dans le scénario pour rendre l’histoire un tantinet plus dense, mais si vous n’avez pas lu le livre, certains détails sont survolés ou éludés, ce qui rend le film finalement assez bancal et incomplet.

La crème de la crème : Portrait cliché et branchouille de post-ados en rut

Faussement irrévérencieux et sans surprise, La Crème De La Crème est en partie victime de sa crédibilité. Le mépris et la prétention de ses personnages arrogants déteignent sur le film et Kim Chapiron s’enlise dans un drame sans envergure et juvénile. Malgré un emballage attractif et légèrement sulfureux, La Crème De La Crème ne fait que survoler une tendance déjà défraîchie en exposant l’envers du décors d’une jeunesse plus ou moins dorée, de façon superficielle et attendue. Avec ses précédents film, Kim Chapiron nous avait pourtant habitué à mieux.