[CRITIQUE] Manhattan Stories, de Dustin Guy Defa

Méli-mélo de récits new-yorkais, Manhattan Stories s’étale péniblement à travers des tranches de vie d’une banalité informe. Dustin Guy Defa est au four et au moulin, agitant des trames inintéressantes qui s’éternisent autour de personnages peu attachants et névrotiques. Si d’autres parviennent à sublimer le quotidien dans une belle simplicité, Manhattan Stories réussit à transformer la Grosse Pomme en un tableau vieillot et austère. Chapeau ? Non merci.

[CRITIQUE] Daphné, de Peter Mackie Burns

Tranche de vie moderne et citadine, Daphné plonge dans un quotidien à la routine bien huilée, entre mal-être et indifférence. Le film de Peter Mackie Burns explore le cheminement vers la prise de conscience d’une jeune femme à la dérive, dans un portrait incisif et sans fioriture. Cependant, malgré un récit abouti, j’ai eu du mal à s’attacher à cette Daphné impassible et souvent froide, à la sensibilité un peu trop engourdie pour être attachante.

[VIDÉO] Daphné : Découvrez la bande-annonce

La vie de Daphné est un véritable tourbillon. Aux folles journées dans le restaurant londonien où elle travaille succèdent des nuits enivrées dans des bras inconnus. Elle est spirituelle, aime faire la fête mais sous sa personnalité à l’humour acerbe et misanthrope Daphné n’est pas heureuse. Lorsqu’elle assiste à un violent braquage sa carapace commence à se briser…

Réalisé par Peter Mackie Burns
En salles le 2 mai 2018
Avec Emily Beecham, Geraldine James, Tom Vaughan-Lawlor…

[COUP DE CŒUR] Maryline, de Guillaume Gallienne

Le pitch : Maryline a grandi dans un petit village. Ses parents ne recevaient jamais personne et vivaient les volets clos. À 20 ans, elle « monte à Paris » pour devenir comédienne. Mais, elle n’a pas les mots pour se défendre. Elle est confrontée à tout ce que ce métier et le monde peuvent avoir d’humiliant mais aussi de bienveillant. C’est l’histoire d’une femme, d’une femme modeste, d’une blessure.

[CRITIQUE] Aurore, de Blandine Lenoir

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

[CRITIQUE] Paterson, de Jim Jarmusch

Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

[CRITIQUE] Victoria, de Justine Triet

Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

[CRITIQUE] Rosalie Blum, de Julien Rappeneau

Mignon et sans prétention, Rosalie Blum est une histoire de rencontres et d’actes manqués, un chassé-croisé entre des personnages à la bonhomie attachante. Julien Rappeneau narre des tranches de vie aux apparences banales, livrant un film accessible et frais, qui donne le sourire et permet de passer un bon moment. Néanmoins, à cause d’un manque de piquant et d’un traitement sans risque, Rosalie Blum frôle de peu le téléfilm.

Boyhood : Douze ans d’émotions et de subtilité

Au cours d’une tranche de vie attendrissante et pleine d’émotions, Richard Linklater offre un film touchant et vrai sur l’adolescence et le passage à l’âge adulte. Filmé chaque été pendant douze ans, Boyhood saisit pleinement les questionnements et les incertitudes qui traversent une période de la vie pleine de contradictions et de mini-bouleversements. Façonné, modelé, bousculé par les événements qui traversent le film et les personnages qui l’entoure, Boyhood éclot lentement sous nos yeux, laissant une empreinte nostalgique, un poil mélancolique, sur ces années qui filent à toute allure et qui ont pourtant une si grande importance lorsqu’on devient adulte. Superbe.