Action, Aventure

[CRITIQUE] Transfomers : Rise of the Beasts, de Steven Caple Jr.

Le pitch : Transformers : Rise of the Beasts renoue avec l’action et le grand spectacle qui ont séduit des millions de spectateurs à travers le monde. Ce nouveau volet se déroule au cœur des années 90 et nous emmène aux quatre coins du globe. Une toute nouvelle faction de robots Transformers – les Maximals – se joindront aux Autobots dans l’éternelle bataille qu’ils livrent face aux Decepticons.

Quand il y en a plus, y en a encore ! Après un spin-off qui fleurait bon les années 80 avec Bumblebee, la saga Transformers revient avec un sixième film, joyeusement sous-titré Rise of the Beasts (Le Réveil des Bêtes en québécois). Michael Bay laisse les rênes de sa franchise à un autre réalisateur, Steven Caple Jr., qui s’était déjà fait remarqué avec l’excellent Creed 2. D’ailleurs, comme pour son dernier film, Steven Caple Jr. reste chapeauté de près par les papas de la saga, Michael Bay et Steven Spielberg, toujours producteurs des films. 

Pour ce nouvel opus, le scénario de Transfomers : Rise of the Beasts s’inspire de la série Animutants des années 90, mettant en scène les Maximals, des créatures extraterrestres-robots guerriers qui ont la forme d’animaux. Cette fois, pas de Megatron ni de Decepticons à l’horizon, mais toujours le plaisir de retrouver les Transformers phares de la saga : Optimus Prime et ses discours de justiciers à rallonge et Bumblebee le side-kick le plus populaire, fortement concurrencé par le retour du Mirage trublion, alors qu’on l’avait rapidement découvert dans Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune (surnommé Dino dans celui-ci avant d’être recrédité dans le générique). Les Autobots vont donc devoir sortir de leurs cachettes pour sauver l’univers des Terrorcons et de leurs méchants sbires. 

Si le film ne semble avoir aucune connexion avec ceux de 2007 – tout en glissant néanmoins un lien avec le film Bumblebee, l’histoire reprend certains codes, notamment en racontant l’histoire des robots à partir de personnages humains. Sans l’impulsion de Michael Bay, Transfomers : Rise of the Beasts semble plus canalisé que ses prédécesseurs, à travers une histoire linéaire et ponctués de scènes d’action décoiffantes, plus cleans et bien plus lisibles. Forcément, la crédibilité du scénario en prend souvent en coup, alors que le sort de l’univers est entre les mains de deux humains lambdas, sans aucune intervention de figure officielle. Ici, pas de corps militaire ou gouvernemental pour interférer dans l’histoire, ce qui peut retirer l’aspect terre-à-terre au récit. Cependant, cela lui permet surtout de ne pas s’éparpiller parmi les différentes storylines et de se focaliser sur l’aventure et la cohésion de ces personnages venus de mondes différents. 

Comme beaucoup de blockbusters, Transfomers : Rise of the Beasts est influencé par le format super-héroïque, notamment à travers un nouveau méchant qui a le même appétit qu’un certain Galactus. Par conséquent, des détails voire scènes du films ont tendance à faire écho à certains films Marvel, tandis que le cri de guerre « Autobots, roll out ! » rappelle forcément le fameux « Avengers, assemble ! » entendu (et attendu) dans Avengers – Endgame. C’est à se demander si toutes les superproductions vont bientôt se fondre l’une dans l’autre, et ce n’est pas une certaine surprise dans le fim qui va contredire cette théorie. Pourtant, dans ce gigantesque spectacle bordélique, Transfomers : Rise of the Beasts livre une histoire plus digeste et surtout tend vers un futur de la saga qui semble enfin comprendre ce que le public attend de ce genre de film. Là où les robots avaient trop souvent les humains entre les pattes, le film de Steven Caple Jr. fait un intéressant pied-de-nez à cette tradition et parvient à donner une finalité différente à ces humains encombrants.


Cependant, je ne peux décemment pas ignorer le fait que l’histoire des personnages, en dehors de leurs rencontres avec les Transformers, passe totalement à la trappe. Les deux héros humains du film font l’effet de cases à cocher obligatoires, l’un des deux n’a même aucun contexte à part son « expertise » sur les pièces de musées (n’est-ce pas…) ! Alors effectivement, on ne va pas voir Transfomers : Rise of the Beasts comme on va voir une Palme d’Or, certes, mais au moins Sam Witwicki, et même Cade Yeager, avait un semblant de vie en parallèle de leurs aventures – ce qui posait justement problème dès que les Transformers pointaient le bout de son nez. Ici, malgré les galères d’argent et un frère malade (d’une maladie inconnue), on ne saura pas grand chose sur ces personnages et je vous mets au défi de retenir leurs prénoms. Heureusement pour eux, le final multipliera les facilités et les trous narratifs pour bricoler le happy-end requis mais incohérents vu l’ampleur des événements. Ceci dit, cela restera toujours mieux que des Transformers responsables de l’extinction des dinosaures ou ayant pris partie dans la légende du Roi Arthur ! 

Coté réalisation, Steven Caple Jr. n’est pas Michael Bay. C’est une bonne et une mauvaise chose : d’un coté, Transfomers : Rise of the Beasts canalise mieux ses scènes d’actions et retrouve le coté flamboyant des premiers films, jouant avec les transformations des robots et des Maximals. Cependant, même si l’ensemble est plus lisible et digeste, tout cela manque un poil de panache et de maitrise au niveau des intentions. Beaucoup de cuts abrupts qui perturbent le dynamisme des scènes d’action et j’ai surtout grimacé à la fin du film où certains effets spéciaux étaient particulièrement moches.
Alors Michael Bay aimait en des caisses autour de ses robots, avec des prises de vue emphatiques (juste pour le plaisir de proposer une imagerie spectaculaire), Steven Caple Jr. préfère rester dans les clous et miser sur un cadre plus convaincant qu’enthousiasmant. Ceci étant dit, avec l’absence de Michael Bay, on échappe aux stéréotypes grinçants, à l’hypersexualisation des du personnage féminin et à ses nouveaux jouets… mais pas au placement de produits !

Visuellement, les années 90 se font plutôt discrètes : en dehors des Twins Towers à New York et l’absence de smartphone, le film pourrait tout aussi bien se passer de nos jours. La bande-originale du film, par contre, rappelle bien l’époque du film. Le réalisateur et son compositeur Jongnic Bontemps vont distiller du hip hop dès que possible, avec notamment le Wu-Tang, A Tribe Called Quest, LL Cool J ou encore du Notorious Big. Un choix intéressant qui dénote dans l’inspiration habituellement rock des films Transformers (Linkin Park, Imagine Dragons…), mais qui peut tout de même paraître maladroite vu que, pour la première fois, les héros du films sont issus de minorité ethnique et d’un milieu social modeste – comme si ces personnages avaient besoin d’une musique particulière pour être identifié (possible que oui, je n’en sais rien, mais c’est un peu la mode en ce moment). En tout cas, ces vibes hip-hop donnent surtout l’impression que Steve Caple Jr. est toujours hanté par Creed 2. 

Au casting, coté humains on retrouve ou découvre Anthony Ramos (Patti Cake$, A Star Is Born, Hamilton…), le nouveau représentant des humains sur Terre qui se prend très au sérieux – certains diraient que c’est l’anti-Witwicki – et Dominique Fishback (Swarm, Judas and the Black Messiah, The Hate U Give…) dont le rôle semble avoir été rajouté en dernière minute « tiens, ce serait bien d’avoir une fille ? ». Coté voix originales, Peter Cullen reprend du service pour incarner Optimus Prime et autour de lui s’ajoute du beau monde : Ron Perlman (Guillermo Del Toro’s Pinocchio, Nightmare Alley…) est Optimus Primal, Peter Dinklage (I Care A Lot, Avengers: Infinity War…) est Scourge, Michelle Yeoh (Everything Everywhere All At Once, Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux…) est Airazor, Pete Davidson (Fast and Furious X, The Suicide Squad…) est Mirage et la youtubeuse Liza Koshy est Arcee. 

En conclusion, Transfomers : Rise of the Beasts est un très bon divertissement qui donne un nouveau souffle à la franchise. Le film prend des risques avec une direction inédite, révélée dans son dernier acte. Malgré un côté parfois chaotique et son identité toujours surréaliste, l’ensemble parvient à rester cohérent et se positionne facilement parmi les meilleurs opus de la saga. À voir. 

PS : il a une scène bonus au début du générique finale, rien à la toute fin. De toutes façons, la surprise est à la fin du film 🙂

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