Drame, Romance

La vie d’Adèle : Touchant et sensible, mais bien trop long

Long. Voilà le premier qualificatif qui me vient à l'esprit quand je pense à La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche. C'est long, beaucoup trop long pour exprimer très peu de choses finalement. Une histoire d'amour alanguie sur un sujet qui ne révolutionne plus depuis longtemps, accompagnée par une mise en scène passable, les points positifs sont rares... Malgré tout, la sensibilité à fleur de peau d'Adèle Exarchopoulos offre de jolis moments d'émotions et même si le tournage du film a, semblerait-il, été difficile, La Vie d'Adèle se laisse regarder avec une pointe d'admiration et un léger pincement au cœur pour cette histoire d'amour, finalement, comme les autres.

Drame, Sci-fi, Thriller

[Incontournable] Gravity : une œuvre exceptionnelle et bouleversante

Il y a des films cultes, et puis il y a ceux qui vont marquer l'histoire du cinéma. Gravity fait partie de la seconde catégorie. Dire que le dernier film d'Alfonso Cuarón est une claque visuelle est un doux euphémisme tant Gravity est d'une beauté à couper le souffle. Des plans somptueux sur notre belle planète bleue, un réalisme hallucinant et des scènes de destructions incroyables, Gravity est non seulement un enchantement pour les yeux mais aussi une fable métaphorique intense et émouvante sur la vie, ou plutôt l'absence de vie... Chapeau, Monsieur Cuarón et merci pour cette évasion inédite et unique dans l'espace ! A ne manquer sous aucun prétexte, après Gravity vous ne verrez plus un film comme avant.

Drame, Thriller

Prisoners : Un thriller noir et angoissant

Angoissant et terriblement réussi, le dernier film de Denis Villeneuve est un thriller noir, bien ficelé et superbement écrit. Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman partagent l'affiche de Prisoners pour un face-à-face déchirant et psychologiquement épuisant, nous entraînant dans une course contre la montre palpitante. Poignant et époustouflant, Prisoners est un cauchemar captivant qui ne cesse de mettre nos nerfs à l'épreuve... jusqu'à la dernière minute !

Drame

Jeune et Jolie : Superficiel et frustrant

Très controversé lors de sa présentation à Cannes, j'avais pourtant hâte de voir le dernier film de François Ozon. Le sort s'étant acharné sur moi, j'ai mis plus d'un mois à le voir et je ne suis pas déçue. Autant j'apprécie la langueur et la caméra amoureuse de cette jeune et jolie ingénue, autant les motivations du personnage et même du film en général répondent aux abonnés absents. Malgré une observation intéressante sur l'adolescence et sa nouvelle tendance aux comportements à risques pour mieux s'affirmer, Jeune et Jolie reste dans la contemplation passive, tout en finissant par romancer et édulcorer son sujet, la prostitution. A travers ce portrait moderne, sur fond de bourgeoisie laxiste et permissive, Jeune et jolie ne fait que survoler son sujet, sans jamais tenter d'aller plus loin, résultat : l'ennui inconsolable de l'héroïne est communicatif et sa beauté incroyable n'y change rien.

Drame

[Coup de cœur] Rush : Haletant, passionnant… Superbe !

Une "claque" ! Le dernier film de Ron Howard est probablement la réussite la plus inattendue de la rentrée. Racontant la rivalité légendaire entre deux coureurs de Formule 1 des années 70, Niki Lauda vs James Hunt, Rush est bien plus qu'un film à sensations fortes, c'est surtout l'histoire captivante de deux hommes animés par une passion dévorante et une rivalité sans limite. Boosté à l'adrénaline et filant à un rythme hallucinant et haletant, Rush est un véritable bijou décoiffant, entre un scénario soigné, une mise en scène spectaculaire et un casting formidable. Un sans faute ? C'est bien possible !

Drame

The Bling Ring : Attrayant mais lassant

Coloré et rythmé, le dernier film de Sofia Coppola électrise le grand écran et explore à sa façon le culte du vide et de la superficialité. La réalisatrice du sublime Virgin Suicide (1999) abandonne sa langueur habituelle, le temps de s'offrir, avec The Bling Ring, une parenthèse pop et colorée, sans oublier de d'explorer un de ses thèmes fétiches : la jeunesse, ici en perte de repères et accro aux sensations fortes et instantanées. Un essai intéressant et lumineux mais qui s'épuise de minutes en minutes, offrant un résultat souvent répétitif et creux.

Action, Drame, Sci-fi

After Earth : Une promenade en forêt sans intérêt

Avec le temps, M. Night Shyamalan est devenu une référence... en matière de déception. Oubliées, la période d'or où son nom était sur toutes les lèvres après Sixième Sens en 1998 et Incassable en 2000. Le vent a tourné et nous avons eu le droit à des œuvres plus discutables (Signes en 2002, puis Le Village en 2004), puis d'autres vraiment mauvaises (Phénomènes en 2008). Malgré tout, Shyamalan ne renonce pas, après avoir produit le navrant Devil (2010) et réalisé Le Dernier maître de l'air la même année, il enfonce le clou et s'associe au clan Smith (sic) pour nous servir le dernier né : After Earth. Prévisible, geignard et inintéressant au possible, After Earth ne fait même pas l'effort d'essayer de surprendre et s'empêtre dans du déjà-vu mollasson. Noyé sous un flot de dialogues interchangeables et balisés, After Earth se plante en beauté avec ce duo père-fils fadasse et moralisateur qui fatigue bien plus qu'il ne captive...

Drame, Thriller

Only God Forgives : Une expérience arty, violente et fascinante

Deux ans après l'énorme succès de Drive, Nicolas Winding Refn nous revient avec un nouvel opus en compagnie de son acteur favori du moment, à savoir Ryan Gosling. Only God Forgives est un superbe ovni (ofni ?) expérimental et artistique, vibrant d'une violence latente bien plus prononcée que celle qui est actuellement visible à l'écran. D'une lenteur à la fois frustrante et douloureusement exquise, Only God Forgives prend à la gorge par sa mise en scène particulière et envoûtante, dotée d'une bande-originale quasi omniprésente. Refn nous offre ici le récit idéologique et brutal d'un homme prisonnier de ses pulsions et tiraillé par son devoir d'obéissance envers sa famille. Brillant, original et surprenant, Only God Forgives est d'une beauté époustouflante, aussi bien par son histoire que par sa réalisation. Cependant, une question se pose : le public qui a été conquis par Drive et/ou Ryan Gosling sera-t-il réceptif ? Personnellement, j'en doute.

Drame, Thriller

Trance : un thriller fascinant et bluffant

Intense, fascinant et délirant, Danny Boyle nous revient avec un thriller haletant qui nous entraîne et nous perd, dans les dédales de l'esprit humain, à travers une trame brillante et ambitieuse. Grâce à un scénario à l'apparence classique et prévisible, Trance surprend autant par son intrigue aux rebondissements multiples, que par sa mise en scène déjantée et une bande-originale qui prend aux tripes. Souvent critiqué, Danny Boyle prouve une nouvelle fois sa capacité à se renouveler tout en gardant un style qui lui est propre et en débarquant là où ne l'attend pas. Trance est un cocktail détonnant, violent et souvent angoissant, où le sexe et les amours déviants y trouvent une place de choix. Attention toutefois, certaines images peuvent choquer les âmes sensibles (et je ne parle pas de la sublime Rosario Dawson).

Drame

Mud : sur les rives du Mississipi – Too good to be true ?

Alors que Take Shelter remportait un franc succès lors de sa sortie en janvier 2012, quelques mois plus tard, Jeff Nichols présentait Mud : Sur les rives du Mississipi au Festival de Cannes de la même année. Epuré et juste, Mud cumule les bons points, de la mise en scène superbe à des personnages poignants, mais manque cruellement de sincérité. Du travail (trop) bien fait pour un élève appliqué qui n'a malheureusement pas réussi à me convaincre. Pour moi, le film est bien trop lisse, trop parfait et pleins de bons sentiments. L'intention est bien présente, mais l'alchimie entre les personnages reste aux abonnés absents.

Drame, Policier

The place beyond the pines : Mou du genou et décevant

Sombre et très prometteur, The place beyond the pines est le dernier film de Derek Cianfrance (Blue Valentine en 2010) qui se déroule en trois temps, observant le parcours de différents personnages liés par un même destin. Un triptyque tourmenté et profond, autant par sa construction narrative que par sa mise en scène et pourtant, The place beyond the pines souffre d'un manque d'équilibre déroutant entre ses trois tableaux. Non-abouti et souffrant de beaucoup de longueurs, le film n'est finalement pas le succès escompté. Heureusement, la performance des acteurs ainsi que des personnages forts réussissent à maintenir un léger intérêt nous poussant à tenir jusqu'à la fin.

Drame

Spring Breakers : Du racolage assumé sans véritable intérêt

Depuis plusieurs mois, le sulfureux Spring Breakers fait couler beaucoup d'encre et de salive, particulièrement à cause l'hyper sexualisation et l'exhibition de jeunes actrices (principalement issues de l'écurie Disney) qui s'exposent joyeusement en string pour faire la promotion du film. Publicité racoleuse pour appâter le public ou petit bijou indépendant et audacieux ? Une chose est sûre, c'est que Spring Breakers ne fait pas dans la publicité mensongère : sexe, alcool, drogue et violence... Ce que Spring Breakers promet, Spring Breakers le délivre. Le film cultive tous les clichés possibles pour plaire à une jeunesse (navrante) bercée par MTV et donne vie à tous les fantasmes adolescents et masturbatoires imaginables. Derrière une réalisation psychédélique, arty et enivrante, Harmony Korine met en scène l'absence de l'innocence dans un monde où la morale n'a plus vraiment sa place. Le hic, c'est que Spring Breakers va tellement jusqu'au bout de ses idées qu'il est finalement difficile de discerner s'il faut le prendre au pied de la lettre ou s'il y a un message sensé caché en filigrane... Dans le premier cas, Spring Breakers n'est rien de plus qu'une sorte de Projet X (2012) au féminin, exacerbé et dopé au pop-art acidulé ; dans le dernier cas, le film était une belle tentative, malheureusement l'intrigue stagne rapidement en eaux troubles et il ne reste plus qu'un emballage répulsif à souhait.