Drame, Thriller

Only God Forgives : Une expérience arty, violente et fascinante

Deux ans après l'énorme succès de Drive, Nicolas Winding Refn nous revient avec un nouvel opus en compagnie de son acteur favori du moment, à savoir Ryan Gosling. Only God Forgives est un superbe ovni (ofni ?) expérimental et artistique, vibrant d'une violence latente bien plus prononcée que celle qui est actuellement visible à l'écran. D'une lenteur à la fois frustrante et douloureusement exquise, Only God Forgives prend à la gorge par sa mise en scène particulière et envoûtante, dotée d'une bande-originale quasi omniprésente. Refn nous offre ici le récit idéologique et brutal d'un homme prisonnier de ses pulsions et tiraillé par son devoir d'obéissance envers sa famille. Brillant, original et surprenant, Only God Forgives est d'une beauté époustouflante, aussi bien par son histoire que par sa réalisation. Cependant, une question se pose : le public qui a été conquis par Drive et/ou Ryan Gosling sera-t-il réceptif ? Personnellement, j'en doute.

Épouvante-horreur

Mamá : Ennuyeux et attendu

Produit par Guillermo Del Toro et récompensé au Festival du film fantastique de Gerardmer 2013, Mamá bénéficiait d'un buzz positif et d'une bande-annonce alléchante. Malheureusement, le film se révèle être une grosse déception. Inconsistant et désolant, Mamá fourmille d'idées mais ne parvient pas à en choisir une. Le film tourne en rond assez rapidement, en réutilisant des stratagèmes vieux comme le monde sans réussir à créer l'effet escompté. Résultat, Mamá n'effraie pas une mouche (ou plutôt un papillon) et même son ambiance cafardeuse ne parvient pas à évincer l'absurdité effarante du scénario ni l'utilisation d'effets spéciaux légèrement honteux.

Comédie

Cheba Louisa : Inintéressant mais aussi agréable qu’un téléfilm

Sympathique et touchant, Cheba Louisa est l'une des sorties discrètes de la semaine. S'attelant à un sujet complexe et épineux, Cheba Louisa associe la justesse à la bonne humeur en nous proposant le parcours d'une femme franco-algérienne qui cherche son identité. Porteur d'un message positif et sans jugement, premier film de Françoise Charpiat (principalement scénariste de téléfilms) dissèque les liens familiaux et les amitiés inattendu avec tendresse (prudence) et bonnes intentions. Malheureusement, avec un traitement aussi simpliste, peu étoffé et légèrement passe-partout, Cheba Louisa s’essouffle rapidement et manque rapidement d'intérêt.

Drame, Thriller

Trance : un thriller fascinant et bluffant

Intense, fascinant et délirant, Danny Boyle nous revient avec un thriller haletant qui nous entraîne et nous perd, dans les dédales de l'esprit humain, à travers une trame brillante et ambitieuse. Grâce à un scénario à l'apparence classique et prévisible, Trance surprend autant par son intrigue aux rebondissements multiples, que par sa mise en scène déjantée et une bande-originale qui prend aux tripes. Souvent critiqué, Danny Boyle prouve une nouvelle fois sa capacité à se renouveler tout en gardant un style qui lui est propre et en débarquant là où ne l'attend pas. Trance est un cocktail détonnant, violent et souvent angoissant, où le sexe et les amours déviants y trouvent une place de choix. Attention toutefois, certaines images peuvent choquer les âmes sensibles (et je ne parle pas de la sublime Rosario Dawson).

Épouvante-horreur

Evil Dead : Gore et efficace

32 ans après la sortie du culte Evil Dead de Sam Raimi, ce dernier a décidé qu'il serait temps de lui donner un petit coup de jeune. Pari risqué pour Raimi, surtout quand on voit ce qu'a donné le dernier né de Ghost House Pictures (je parle du ridicule film Possédée, bien sûr), mais Evil Dead est finalement une très bonne surprise. La cuvée 2013 tient ses promesses, aussi gore que flippant tout en restant fun et fidèle à l'empreinte du film original. Plutôt que de nous embrouiller avec des stratagèmes essoufflés Fede Alvarez, le réalisateur, a bien compris qu'on en voulait pour notre argent et nous voilà généreusement servi. Pour Evil Dead, qu'on se le dise, on évite de prendre du pop-corn. Giclée de sang, cris hystériques, angoisse permanente, le cinéma d'horreur est de retour. Et même s'il s'agit d'un remake, cette nouvelle version d'Evil Dead est plus qu'honorable.

Drame

Mud : sur les rives du Mississipi – Too good to be true ?

Alors que Take Shelter remportait un franc succès lors de sa sortie en janvier 2012, quelques mois plus tard, Jeff Nichols présentait Mud : Sur les rives du Mississipi au Festival de Cannes de la même année. Epuré et juste, Mud cumule les bons points, de la mise en scène superbe à des personnages poignants, mais manque cruellement de sincérité. Du travail (trop) bien fait pour un élève appliqué qui n'a malheureusement pas réussi à me convaincre. Pour moi, le film est bien trop lisse, trop parfait et pleins de bons sentiments. L'intention est bien présente, mais l'alchimie entre les personnages reste aux abonnés absents.

Animation, Comédie

Les Croods : Une comédie cro-mignonne !

Généralement, je ne suis pas une grande fan des films d'animation. Déçue par Rebelle (Pixar) et L'étrange pouvoir de Norman (Universal Pictures) l'année dernière, je suis allée voir Les Croods, le dernier né de l'écurie Dreamworks (la saga Shrek, Kung-Fu Panda, Les Cinq Légendes...) à reculons. Drôle, original et divertissant, Les Croods se révèle être une excellente surprise et agréable pour tous. Un peu d'action, une bonne dose de suspense, une pincée de frisson mais surtout beaucoup de rires, Les Croods a tous les bons ingrédients pour une comédie réussie.

Épouvante-horreur, Thriller

[Coup de cœur] Stoker : Un conte horrifique, dérangeant et sensuel

Fascinant, brillant et d'une beauté déroutante, Stoker pourrait bien être mon vrai coup de cœur de l'année. Pour son premier film occidental, Park Chan-Wook (Old boy en 2003, Lady vengeance en 2005) nous offre un thriller horrifique à la fois séduisant et repoussant, où les non-dits ont autant d'importance que l'histoire racontée. Truffés de plans symboliques et grâce à une mise en scène précise, Stoker déborde d'une sensualité malsaine, opposant la femme d'âge mûr qui cherche l'attention et la jeune femme qui se découvre, face à un homme déclencheur de vices. Tout cela aurait pu être une histoire banale, gauchement érotique, s'il n'y avait pas cette ombre dérangeante, entre liaisons interdites et fascination morbide, qui entre les mains de Chan-Wook et guidé par un scénario écrit avec brio devient ensorcelant. Un véritable plaisir coupable.

Super héros

Iron Man 3 : Inattendu, spectaculaire… Incroyablement risqué !

Inattendu, spectaculaire et maîtrisé, Iron Man 3 signe une nouvelle étape dans la course folle de Marvel, concernant l'adaptation de des films de super-héros, et plus particulièrement, l'orientation du MCU. A la fois déroutant et captivant, ce nouvel opus en déconcertera plus d'un mais la solidité de son scénario, le rythme entraînant et la fluidité de l'intrigue rattrapera au vol beaucoup de décisions risquées, voire osées mais souvent justifiées. Pour certains, le choc sera rude (peut-être même impardonnable), néanmoins Shane Black signe ici un opus plutôt réussi, parvenant à faire revivre l'ambiance initiale d'Iron Man 1 mais en beaucoup plus juste, percutant et mature, mêlant habilement action, humour et un poil de suspens... Quoiqu'il en soit, Iron Man 3 va faire parler de lui !

Super héros

[SPOILERS] Iron Man 3 : Retour sur les faits marquants pour lecteurs avertis [SPOILERS]

Attention, ce qui va suivre n'est réservé qu'à ceux qui ont vu le film. Car cette fois, dans le cas d'Iron Man 3, quand on parle de spoiler... c'est du lourd et là, cela pourrait vraiment tout gâcher si vous n'avez pas encore vu le film. Abandonnez la lecture de cet article tant qu'il en est encore temps. Vous êtes prévenus.

Comédie, Romance

Mariage à l’anglaise : Plutôt agréable, mais souvent lourd et maladroit

Pour son premier long-métrage, Dan Mazer endosse la lourde responsabilité de représenter l'humour anglais à son tour, à travers une comédie romantique. Probablement intimidé par l'aura de films qu'on ne présente plus, de Quatre mariages et un enterrement (1993) à Love Actually (2003), Mariage à l'anglaise en fait des tonnes pour épater la galerie. Lourdeur et humour poussif marque le début maladroit du film, mais petit à petit, une fois l'histoire installée, le rythme du film s’apaise et nous offre de nombreux moments de fou rire comme seuls les anglais savent le faire, laissant alors, en fin de séance, un souvenir plutôt positif mais rapidement oublié. Vite vu, vite digéré.

Épouvante-horreur

I spit on your grave : très violent mais jubilatoire !

Sorti en 2010 et, bien sûr, interdit aux moins de 16 ans, j'avais le film I Spit On Your Grave (le remake du film Œil pour œil, de Meir Zarchi, sorti en 1978) dans le collimateur. N'étant pas très fan du style "rape and revenge" que je trouve trop pervers et souvent réservé à un public masculin, j'ai pris mon temps avant de le voir et finalement, je ne suis carrément pas déçue. Certes, le film est carrément voyeur et pas mal tordu, mais contrairement à ce qu'on peut croire, le voyeurisme est dans les deux sens et donc ouvert à un public mixte. Ici, la victime devient le bourreau, plus sadique que ses agresseurs. Résultat, quand l'heure de la revanche a sonné, I Spit On Your Grave brille par son originalité et un dosage juste entre un peu de gore et beaucoup de frissons. Grâce à une photographie aux tons bruts et à une mise en scène habile, le film de Steven R. Monroe est surprenant, captivant et horriblement efficace. L'envie de détourner le regard est toujours présente, mais au final, on se prend carrément au jeu machiavélique (et justifié) de l'héroïne. Décomplexé, I Spit On Your Grave offre une plongée en enfer décomplexé et savoureusement effrayante.