Grand favori aux Oscars 2014, Dallas Buyers Club sort du lot. De la performance époustouflante des acteurs principaux à son sujet dénonciateur qui égratigne sérieusement l'industrie pharmaceutique américaine, le film de Jean-Marc Vallée surprend aussi bien par son ton sarcastique et désabusé, que par son récit incroyable et touchant. Dallas Buyers Club réussit à éviter le mélodrame classique malgré un sujet sinistre et pointe du doigt une époque et un système dépassés par les événements, à travers le parcours captivant d'un personnage charismatique et déterminé.
Catégorie : Drame
12 Years A Slave : un casting exceptionnel, un film bouleversant
Fort et bouleversant, 12 Years A Slave relate l'histoire aussi étonnante que révoltante basée sur l'autobiographie de Solomon Northup. Avec son approche directe et mordante, Steve McQueen réussit à transmettre l'horreur de l'esclavage à travers un film humble et magnifique. Si la performance de Chiwetel Ejiofor prend aux tripes, c'est sans nul doute Michael Fassbender et Lupita Nyong'o qui rendent ce film aussi douloureux qu'incroyablement beau. Après avoir reçu le Golden Globe du Meilleur film dramatique, espérons que 12 Years A Slave sera récompensé aux Oscars 2014...
The Spectacular Now : Naïf et décevant
L'alcoolisme est un sujet épineux et peu souvent transposé dans un drame adolescent et pourtant, The Spectacular Now fait preuve d'une naïveté rarement vue. Complètement noyé sous une amourette lycéenne destinée à charmer les cœurs sensibles, le film de James Ponsolt passe à coté de la puissance de son thème avec une indifférence navrante. Malgré une première partie attirante et un personnage principal touchant, The Spectacular Now enchaîne les pirouettes scénaristiques et pleines de bons sentiments pour déguiser sa flemmardise et masquer le fait que tout cela n'était qu'une excuse pour raconter une histoire d'amour à peine intéressante...
Yves Saint Laurent : Classe, élégant, barbant…
Lorsque Jalil Lespert s'attaque à une grande icône de la mode française, cela donne un biopic d'une classe folle, teinté de respect et d'élégance. Cependant, Yves Saint Laurent ne parvient pas à tenir sur la longueur car le film ne fait que survoler la vie tumultueuse du créateur pour ne s'attarder que sur ses excès et ses dérapages de manière observatrice. Malgré la performance époustouflante de Pierre Niney et un ensemble prestigieux, Yves Saint Laurent se révèle plutôt ennuyeux et un brin poussiéreux.
Rattrapage 2013 : Alabama Monroe [Coup de cœur]
Le pitch : Didier et Élise vivent une histoire d'amour passionnée et rythmée par la musique. Lui, joue du banjo dans un groupe de Bluegrass Country et vénère l'Amérique. Elle, tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Maybelle...
Rattrapage 2013 : Perfect Mothers
Le pitch : Inséparables depuis le premier âge, Lil et Roz vivent en parfaite osmose avec leurs deux enfants, deux jeunes garçons à la grâce singulière et qui semblent des prolongements d’elles-mêmes. Les maris sont absents. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle. A l’abri des regards, dans un Eden balnéaire presque surnaturel, le quatuor va vivre une histoire hors norme jusqu’à ce que l’âge vienne mettre un terme au désordre. En apparence, du moins...
[Coup de cœur] Le Loup de Wall Street : Le cadeau de fin d’année
Un Leonardo DiCaprio immense, du politiquement incorrect jubilatoire et un rythme de fou furieux... Le Loup de Wall Street est un shot explosif d'excès assumés et décomplexés, hautement impertinent et carrément grandiose ! Martin Scorsese livre un film quasiment parfait, revisitant le mythe de Wall Street à la sauce (sexe, drogue et) rock'n'roll. Complètement délirant, tapageur et déjanté, Le Loup de Wall Street s'impose déja comme une valeur sûre en cette fin d'année, mené par un Leonardo DiCaprio déchaîné. Seul mini-bémol, le film est un peu trop long, mais la barre est placée très haut. 71 ans et plus de 40 ans de carrière plus tard, Martin Scorsese réalise un film absolument génial et d'une jeunesse époustouflante. Qui dit mieux ?
Rattrapage 2013 : Le Majordome
Le pitch : Le jeune Cecil Gaines, en quête d'un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C'est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale...
La Reine des Neiges : Magique !
Magique, frais et époustouflant, la dernière œuvre de Disney est une véritable invitation au rêve et à la féerie. Chris Buck et Jennifer Lee nous entraîne dans une aventure glacée, idéale pour retomber avec joie en enfance, au rythme des chansons entraînantes et des personnages attachants. Subtil mélange des genres, La Reine des Neiges est le gros plaisir de cette fin d'année.
Hunger Games – L’embrasement : une suite réussie et prometteuse
Plus mature et plus sombre, Hunger Games : L'embrasement corrige les erreurs du premier opus en nous proposant une adaptation maîtrisée et nettement moins édulcorée. Francis Lawrence nous replonge dans les enjeux politiques de Panem, réussissant à les rendre intéressants et compréhensibles pour ceux qui n'auraient pas lu les livres, tout en débarrassant les personnages de leur mièvrerie initiale. Résultat, malgré un déroulement quasiment similaire au premier film et une fin plutôt frustrante, Hunger Games : L'embrasement dévoile enfin un véritable potentiel addictif grâce à une intrigue à double tranchant, oscillant entre une violence assumée et un triangle amoureux crédible. Si Hunger Games : L'embrasement ne déchaîne pas les foules, ce second film donne très envie de voir la suite !
Carrie, La Vengeance : Terrifiant… de nullité
Se reposant sur un scénario "clé-en-main", Kimberly Pierce propose une nouvelle adaptation du roman phare de Stephen King. Malheureusement, Carrie, La Vengeance réussit à réduire une histoire aussi brillante que palpitante en une banale histoire fadasse et complètement dénuée d'intérêt, voire comique à certains égards puisqu'en plus d'être très mauvais, il faut également se farcir la prestation médiocre des actrices principales. Quand on voit le résultat à la limite du pathétique de ce remake, autant revoir (ou découvrir) la version de Brian De Palma ou, mieux, (re)lire le livre qui n'a pas pris une ride.
Don Jon : Un premier film savoureux, osé et brillant
Drôle, fraîche et moderne, Don Jon est une comédie brillante et décomplexée sur les relations amoureuses, surfant sur les clichés et les fantasmes véhiculés aussi bien par les films pornos que par les comédies romantiques. Pour son premier film, Joseph Gordon-Levitt analyse des personnages hauts en couleurs, avec beaucoup de justesse et d'authenticité, de l'assurance exagérée du tombeur de ces dames aux exigences démesurées de la jolie princesse. Loin des clichés attendus, Don Jon crée la surprise, à travers un sujet risqué et un emballage sulfureux, démontrant un véritable talent d'écriture et de mise en scène, alors qu'il pose un œil amusé et mature sur l'amour, en opposant le fantasme à la réalité.
