Drame

[CRITIQUE] Everest, de Baltasar Kormákur

Le désavantage lorsqu'on propose l'adaptation d'une histoire vraie mettant en scène une telle aventure humaine, c'est le risque béant de proposer un film au scénario prévisible. Everest ne déroge pas à cette règle et livre une histoire peu novatrice et attendue, où les ficelles sont bien trop visibles pour susciter de l'émotion authentique. Résultat, si les plus sensibles seront touchés, voire émerveillés par le courage teinté de folie de ces hommes et femmes qui s'attaquent à l'Everest, les autres devront se contenter des plans magnifiques et intenses qui composent le film pour espérer un petit frisson. Dommage car le film de Baltasar Kormákur avait tous les atouts pour devenir un film grandiose.

Drame

[CRITIQUE] Much Loved, de Nabil Ayouch

Insolent et percutant, Much Loved est de ces films trop rares sur grands écrans qui osent jouer la carte de la franchise, avec un sujet aussi dérangeant que fascinant. Nabil Ayouch dresse le portrait de quatre femmes enragées, tranchées, sensibles, réalistes, belles... et prostituées dans un pays religieux. Much Loved a fait couler beaucoup d'encre et est interdit dans son pays d'origine, mais choisit d'illustrer un sujet tabou, avec une brutalité fracassante. Dommage qu'à travers cette rencontre surprenante, Nabil Ayouch n'emmène pas ses personnages plus loin, du coup, même si j'applaudis l'audace de ce film, il faut avouer qu'on s'ennuie un peu.

Biopic, Drame

[COUP DE CŒUR] NWA : Straight Outta Compton, de F. Gary Gray

Violent (très violent), tendu, intéressant... NWA - Straight Outta Compton est une très bonne surprise qui m'a collé des frissons du début à la fin. Je n'ai pas vu les 2h30 du film passer, même si certains aspects sont pas assez explorés à mon goût (notamment la vie à Compton et la rivalité entre gangs). Mais le film de F. Gary Gray prend aux tripes et décrypte la naissance du phénomène gangsta-rap, entre ghetto, rivalités et lyrics bien senties, sur fond de bande-originale survitaminée et affolante de coolitude. À ne pas manquer pour les amateurs de rap US et les curieux à l'esprit ouvert !

Comédie, Drame

[COUP DE CŒUR] Youth, de Paolo Sorrentino

Généreux, touchant et drôle, Youth déguise une comédie enjouée en constat profond aux accents amers sur la vie qui passe et ce qu'il en reste lorsque la dernière ligne droite est entamée. Paolo Sorrentino signe un film à l'opulence italienne pleine de charme et d'émotion, dont la légèreté camoufle l'observation tragi-comique de ses personnages, mené par un duo magistral. Magique !

Drame

[CRITIQUE] Au Plus Près Du Soleil, d’Yves Angelo

À la fois curieux et dérangeant, Yves Angelo livre un drame cousu autour d'un mensonge, dont le fil s'étire jusqu'au malaise. Au Plus Près Du Soleil est un enfer pavé de bonnes intentions, à la mise en scène atypique et nébuleuse qui intrigue, donnant du relief à un ensemble parfois traînant. Tragique et étrange, Au Plus Près Du Soleil laisse songeur et reste entêtant, longtemps après la séance. C'est dire : cela fait bien une semaine que je l'ai vu, je ne sais toujours pas si je l'ai aimé !

Drame, Romance

[CRITIQUE] La Belle Saison, de Catherine Corsini

Naturel et solaire, le film de Catherine Corsini séduit par sa simplicité et son authenticité à la fois déconcertante et touchante. La Belle Saison raconte un amour ordinaire et brûlante, entravé par les mœurs d'une époque marquée par le début d'un féminisme historique. À travers l'engagement visible de ses actrices, Catherine Corsini signe un film beau et sauvage, oscillant entre son contexte assez fort et ses personnages sensibles et sans fioriture. Formidable.

Drame

[CRITIQUE] La Face Cachée de Margo, de Jack Shreier

Porté par le succès de Nos Étoiles Contraires sorti un an plus tôt, un autre livre de John Green se retrouve propulsé sur grand écran. La Face Cachée de Margo a beau conserver une identité adolescente, à travers une quête mystérieuse et teintée d'humour. Malheureusement, le film de Jack Shreier dépeint des personnages naïfs et transparents, mus par des micro-drames superficiels singeant le passage à l'âge adulte. Maladroit, La Face Cachée de Margo plaira sans doute aux plus jeunes mais laissera de marbre ceux qui, à l'an passé, avaient été convaincus par la fraîcheur et la subtilité de Nos Étoiles Contraires.

Drame

[CRITIQUE] La Rage Au Ventre, d’Antoine Fuqua

Très attendu, le dernier film d'Antoine Fuqua ne déçoit pas. Tendu et émouvant, La Rage Au Ventre porte pour une fois bien son nom français, mettant en scène un personnage enragé, habité par une volonté proche de la folie, tandis que le film équilibre habilement une trame trop prévisible et un univers violent. Si on est finalement bien en dessous de la puissance d'un Fighter (David O. Russell, 2010) et autre Warrior (Gavin O'Connor, 2011), La Rage Au Ventre prend aux tripes dès qu'on accroche à la performance remarquable d'un Jake Gyllenhaal transformé et impressionnant.

Comédie, Drame

[CRITIQUE] Nos Futurs, de Rémi Bezançon

Sympathique mais maladroit, Nos Futurs est une comédie pétrie de bonnes intentions avec un twist final bien trouvé. Cependant, les retrouvailles et le road trip festif entre potes ne parviennent pas à camoufler l'impression de déjà-vu qui flotte autour du film de Rémi Bezançon, ni à faire oublier le manque de fluidité du scénario et de ses dialogues. Si l'envie de prendre la route avec Pio Marmai et Pierre Rochefort est présente, le manque de complicité et de naturel du duo nuit à sa crédibilité, faisant de Nos Futurs un film plutôt long au rythme trop plat.

Comédie, Drame

[CRITIQUE] Pitch Perfect 2, de Elizabeth Banks

Bruyant et cousu de fil blanc, la suite de Hit Girls (titre francisé du premier Pitch Perfect) débarque sur nos écrans avec plus de chant, plus de compétition, plus de clichés mal placés et plus d'hystérie. En tout objectivité (et en assumant mon avis), je préférais la fraîcheur du premier face à cet ensemble poussif et criard qui tient à peine debout à cause d'un scénario écrit à la truelle. Même le spectacle final n'est pas à la hauteur du premier, Pitch Perfect 2 prouve ainsi que le concept hystérico-pop à ses propres limites.

Drame

[CRITIQUE] Mustang, de Deniz Gamze Ergüven

Éprouvant, sensible et d'une beauté douloureuse, Mustang est un drame solaire, nécessaire et superbe à la fois. Ce « Virgin Suicides Turc » n'a presque rien à envier au film de Sofia Coppola puisqu'il remplace la tension palpable du premier film par le poids de traditions révoltantes et une soif de liberté plus lourde de sens. Deniz Gamze Ergüven ne propose peut- être pas un sujet neuf, mais la forme est extraordinaire, aussi bien dans l'interprétation que dans les émotions qui traversent le film du début à la fin.

Drame

[CRITIQUE] Tale of Tales, de Matteo Garrone

Étrange et déroutant, Tale of Tales est un mélange de contes noirs et envoûtants, faisant basculer d'une émotion à une autre. Du dégoût à la fascination, de la beauté à la franche laideur, le film de Matteo Garrone sonde l'âme humaine à travers un univers théâtral, excentrique et ouvertement étrange. Les décors sont somptueux, les acteurs excellent et Tale Of Tales ne laisse pas indifférents, avec cet ensemble faussement fouilli ayant pour seule règle : l'équilibre.