Plus qu'un coup de cœur, Birdman est une révélation fracassante, un de ces films qui décoche une énorme gifle (virtuelle), le genre de cinéma qui fait qu'on aime le cinéma. Ça fait beaucoup de compliments, je sais, et maintenant que Birdman a été sacré Meilleur Film aux Oscars, le dernier film d'Alejandro González Iñárritu, Meilleur Réalisateur aux Oscars, va devoir faire ses preuves auprès des sceptiques qui refusent d'être formatés par Hollywood. Etrangement et très justement, ce film est fait pour eux, pour vous et pour tous tant il offre une vision aboutie (Meilleur scénario original) de l'industrie du cinéma et de ses nombreux recoins. Réfléchi, envoutant, magistral... le réalisateur mexicain aurait-il réalisé sa pièce maîtresse ? Oh oui !
Catégorie : Drame
[CRITIQUE] Frank, de Lenny Abraham
Expérimental, drôle et déprimant, Frank est une comédie peu ordinaire hanté par des passages tout aussi particuliers. Entre musique d'un autre genre et conversations lunaires, le film de Lenny Abraham suit un groupe de musiciens atypiques et marginaux, réunit par leurs différences. Sous l’œil d'un héros "normal", Frank dissèque la folie libre avec un humour décalé bien venu mais oublie trop souvent de rendre ses personnages appréciables. Dommage.
Rattrapage 2014 : Hippocrate, de Thomas Lilti
Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.
[CRITIQUE] Whiplash, de Damien Chazelle
Intense et palpitant, Whiplash n'est pas qu'un simple film sur la musique, mais bel et bien un piège étourdissant, à la fois pervers et jubilatoire. Damien Chazelle signe un drame psychologique éprouvant et remarquable dans lequel Miles Teller transpire littéralement de talent, tandis que J. K. Simmons offre une performance inoubliable.
[CRITIQUE] Wild, de Jean-Marc Vallée
Impressionnant mais un peu plat, Wild retrace l'histoire vraie d'une jeune femme qui va soigner ses blessures et se redécouvrir à travers une aventure humaine et pleine de défis. Un an après Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée propose un autre personnage au parcours en dents de scie, entre dépassement de soi et rédemption. Cependant, si Reese Witherspoon livre une performance remarquable et incarne admirablement le courage un peu fou de son personnage, Wild ne fait que survoler ses épreuves et reste assez froid en édulcorant un peu trop le passé tourmenté de son personnage principal. Heureusement, le fond l'emporte sur la forme, à travers une quête spirituelle qui évite brillamment les pièges moralisateurs pour mettre en avant une réflexion à la fois sage et intéressante.
Rattrapage 2014 : Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako
Éparpillé mais bouleversant, le nouveau film d'Abderrahmane Sissako dénonce l'emprise djihadiste à travers une galerie de personnages émoussés, coincés dans une vie offrant peu de moments d'allégresse et pleine de contraintes. Timbuktu n'a rien d'un conte de fées mais propose l'histoire bien sombred'hommes et de femmes qui vivent sous le joug de lois intransigeantes et parfois meurtrières, dans un film poignant et inoubliable.
L’Affaire SK1 : Un polar glaçant, nerveux et captivant
Haletant, horrible et captivant, le nouveau film de Frédéric Tellier revient sur l'affaire Guy Georges, à travers un film noir, glaçant et maîtrisé. A travers le point de vue judiciaire, L'Affaire SK1 met en avant une enquête tantôt nerveuse, tantôt désespérée qui va bouleverser le 36, quai des Orfèvres. Frédéric Tellier signe un film éreintant, traversé par des personnages à vif et une tension extrême qui ne lâche rien jusqu'à la dernière minute. Âmes sensibles s'abstenir, car si les images restent plus ou moins choquantes, certains propos (et un échange en particulier) peuvent sacrément perturber.
Rattrapage 2014 : Deux Jours, Une Nuit
Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail.
Cold In July : Un thriller nerveux gâché par une trame fragile
Brut et amoral, Cold In July vient boucler cette fin d'année en proposant un thriller noir à la sauce redneck, à l'ensemble recherché malgré un résultat un poil mollasson. Entre quête de vérité et justice mal placée, Jim Mickle livre un film contrasté et étouffant, habité par un casting saisissant. Malheureusement, Cold In July mise bien plus sur le coté bad-ass et bourru de ses personnages, tandis que la trame du film s'essouffle entre manque de rythme et lenteur que même le dernier acte explosif ne parvient pas à relever.
Exodus – Gods And Kings : Un mythe dépoussiéré et convaincant
Après un Cartel décevant, Ridley Scott renoue avec le cinéma épique en proposant un péplum captivant, qui défroisse la légende de Moïse. Exodus - Gods And Kings ose s'éloigner de la dimension religieuse de son histoire pour explorer le conflit entre deux "frères", l'un dominé par sa soif de pouvoir et l'autre, devenant la voix du peuple et renouant avec ses racines. Malgré une introduction survolée à la va-vite et une fin expédiée, Ridley Scott dépoussière la légende à travers un film d'action rythmé et prenant, doté d'une bande originale superbe, bien que parfois envahissante, tout en imposant une approche plus réaliste. Exodus - Gods And Kings est bien plus actuel et divertissant, du coup on pardonne aisément les quelques couacs pour profiter du spectacle.
Rattrapage 2014 : Bande de filles
Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse.
Les Héritiers : Comme un air de déjà-vu (Écrire Pour Exister à la française ?)
Rares sont les films qui réussissent à dresser un portrait sur des jeunes de banlieue sans servir des clichés agaçants, tout en alliant une histoire convaincante et émouvante. Les Héritiers réussit presque à relever le défi haut la main, malgré une première partie un peu bancale. Le problème ? C'est simple : Richard LaGravenese a fait exactement le même film (à quelques détails près) il y a quelques années, Écrire Pour Exister. Ça et le fait que Marie-Castille Mention-Schaar puise dans les bons sentiments larmoyants pour toucher son public alors que son film est déjà bien chargé émotionnellement. Dommage.
