Classe et déjanté, irrévérencieux et irrésistible, simple et original... Le nouveau film de Matthew Vaughn est plein de contradictions, prouvant que l'on peut encore adapter un comic book et partir d'une trame linéaire, sans pour autant servir du réchauffé. Kingsman - Services Secrets est mélange de genres explosif, entre divertissement jubilatoire et scènes d'actions ahurissantes, qui pourrait bien donner du fil à retordre aux prochains films de super héros... et au prochain James Bond. Enfant terrible du cinéma d'action moderne, Matthew Vaughn apporte une touche so british à un ensemble décomplexé et offre un Colin Firth en roue libre, tel qu'on l'a rarement vu auparavant, si bien que les petits défauts du film sont immédiatement pardonné tant le film est une pure tuerie. Foncez !
Catégorie : Comédie
[CRITIQUE] Réalité, de Quentin Dupieux
Bizarre, intriguant et décalé, le dernier film de Quentin Dupieux allie étrange et humour dans une comédie où l'absurde est maître. Entre conscient et inconscient, Réalité ressemble à des pièces de puzzle montées dans le désordre et trouve un semblant de sens dans l'incohérence et le laisser-aller. Inutile de couper les cheveux en quatre, Réalité est à prendre tel quel, dans toute sa bizarrerie et sa vision loufoque du monde.
[CRITIQUE] La Famille Bélier, d’Eric Lartigau
Grâce à une idée originale proposant l'histoire d'une adolescente entendante dans une famille sourde, La Famille Bélier a rapidement su capter l'attention, de la sortie du film aux récentes nominations aux César 2015. Le dernier film d'Eric Lartigau est-il si réussi que ça ? Derrière une comédie pétillante et chaleureuse, La Famille Bélier se révèle finalement très bancale et facile : la trame de l'ado qui se rêve chanteuse est simplette à souhait et sans surprise, tout comme l'intrigue amoureuse qui l'accompagne, tandis que la performance du casting adolescent à tendance à piquer les yeux. Heureusement, le film d'Eric Lartigau véhicule une ambiance sympathique et attachante qui aurait probablement dû se focaliser plus longtemps sur le point fort de cette famille atypique : la surdité. Si La Famille Bélier se rattrape in extremis grâce à un final émouvant et un duo Karine Viard / François Damiens en roue libre, on ne peut échapper à une caricature embarrassante de la communauté sourde et malentendante noyée dans une intrigue un peu trop sucrée pour être totalement réussie.
[CRITIQUE] Toute Première Fois, de Noémie Saglio et Maxime Govare
Sucré, mignonnet et faussement osé, Toute Première Fois joue la carte gay-friendly à travers les amours confuses d'un homme en couple avec un autre. Pour leur premier film, Noémie Saglio et Maxime Govare détournent l'image du couple "conventionnel" et propose une crise existentielle avenante et pêchue. Malheureusement, la limite est fine entre la comédie légère et la caricature pour beaufs : au-delà des travers hésitants ou commodes qui découlent souvent d'un premier film, Toute Première Fois laisse un goût amer avec ses faux airs de sitcom "gay mais pas trop", où l'idée originale (le coming-out à l'envers) est exploitée de façon finalement gênante. À quand un film populaire avec un couple gay et assumé ? Ce n'est pas pour tout de suite.
Comment Tuer Son Boss 2 : Very Bad Suite
Trois ans après le premier film, Nick, Kurt et Dale, trois amis aux pulsions criminelles, s'essaient au kidnapping catastrophe dans Comment Tuer Son Boss 2. Loin de faire dans la nouveauté, le film de Sean Anders reprend les codes du premier film et les étirent dans une comédie farfelue, drôle certes, mais pas aussi fraîche que le premier opus. Du coup, Comment Tuer Son Boss 2 devient rapidement bavard et bruyant, tandis que le coté crétin des trois héros, si charmant au début, devient peu à peu irritant. Autrement dit : ça se regarde, mais "c'est pas ouf". 😀
Paddington : Une vraie comédie familiale mignonne et chaleureuse
Alors que les fêtes de fin d'année arrivent, que demander de plus qu'une comédie familiale toute mignonne et pleine de magie ? Chaleureux et attendrissant, Paddington narre la rencontre entre une famille anglaise et un ourson gaffeur et amateur de marmelade, qui va les entraîner dans une série de péripéties amusantes qui se savoure sans effort. Bien que le film de Paul King soit calibré pour plaire aux plus jeunes, tout le monde peut agréablement retomber en enfance grâce à cette comédie pétillante et malicieuse, qui sous ses faux airs de téléfilms traditionnels de Noël, réussira à conquérir même les plus sceptiques. La preuve, j'ai adoré.
Et (beaucoup) Plus Si Affinités : Une ode à la friendzone naïve mais mignonne
Mignonne, attendrissante et dans l'air du temps, Et (beaucoup) Plus Si Affinités est une comédie romantique à la naïveté touchante, idéale pour les éternels romantiques et surtout les plus timides. Michael Dowse explore la fameuse friendzone à travers une romance impossible qui se mue en amitié par défaut. Le ton est juste, les acteurs sont parfaits et la mise en scène pop, girly et coloré colle avec l'humour presque british du film. Un peu plus d'originalité n'aurait pas fait de mal, mais globalement, on en ressort conquis.
Samba : Un drame réaliste et éprouvant, mais plein d’espoir
Drôle et pourtant douloureux, le nouveau film d'Éric Toledano et Olivier Nakache surprend avec une histoire bouleversante et authentique. Grâce à un réalisme brut et glaçant, Samba réussit à trouver de la joie et de l'espoir dans un drame social souvent éprouvant, notamment grâce à un joli casting et une dose maîtrisée entre l'émotion sincère et le rire. Bravo.
Papa Was Not A Rolling Stone : Horripilant
Grossier, laid et irritant, Papa Was Not A Rolling Stone se rêvait portrait nature et optimiste d'une jeunesse défavorisée mais pleine d'espoir. Se justifiant derrière une éventuelle inspiration d'une éventuelle histoire vraie (la vie ultra intéressante de la réalisatrice, donc), le film de Sylvie Ohayon est une caricature complaisante et souvent insupportable d'un certain milieu stigmatisé tant le trait y est épaissi et vulgarisé au maximum. Faussement choquant, vraiment antipathique, Papa Was Not A Rolling Stone multiplie les clichés les plus faciles dans un ensemble artificiel et bricolé, fleurant souvent bon le déjà vu et la facilité la plus creuse. Rédhibitoire.
Elle L’adore : Sandrine Kiberlain au top dans une intrigue non maîtrisée
Légèrement pop et rafraîchissante, Elle L'Adore est une comédie policière originale dans laquelle on y retrouve une Sandrine Kiberlain franchement marrante en groupie maligne et prise au piège. Cependant, pour son premier film, Jeanne Herry ampoule un trame sympathique en ajoutant une intrigue secondaire qui n'apporte rien au film, pire, qui finit par être encombrante. Du coup, malgré un ensemble dynamique et acidulé, Elle L'Adore botte en touche à la dernière minute en bâclant la fin de façon étrange et frustrante. Dommage.
[COUP DE CŒUR] Une Nouvelle Amie : Magnétique, sensuel et troublant
Troublant, brûlant de sensualité et étonnamment drôle, Une Nouvelle Amie se joue de la confusion des genres avec espièglerie et délectation pour notre plus grand bonheur. Pour son dernier film, François Ozon ose frôler la perfection en livrant une oeuvre exceptionnelle et enthousiasmante à tout point de vue, offrant à Romain Duris un des meilleurs rôles de sa carrière. Brillant, tout simplement brillant !
