[CRITIQUE] 120 Battements Par Minute, de Robin Campillo

Brut et douloureusement vivant, le nouveau film de Robin Campillo frappe juste et fort. Là où d’autres auraient opté pour un enrobage sucré à l’américaine, 120 Battements Par Minute choisit et dénonce un sujet qui dérange, avec un recul pragmatique qui évite les facilités du mélodrame pour narrer une vérité qui tâche. Prônant la vie et l’amour comme éternel rempart face à la mort, Robin Campillo parvient à jongler des émotions fortes contrastée par une indifférence indignée, en narrant un combat toujours d’actualité et pourtant trop silencieux. 120 Battements par Minute ébranle et fait partie de ces films qui ne sont pas là pour être aimés, mais pour faire réagir. Pari réussi.

[CRITIQUE] Problemos, d’Eric Judor

Jeanne et Victor sont deux jeunes Parisiens de retour de vacances. En chemin, ils font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Le groupe lutte contre la construction d’un parc aquatique sur la dernière zone humide de la région, et plus généralement contre la société moderne, la grande Babylone. Séduits par une communauté qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Lorsqu’un beau matin la barrière de CRS qui leur fait face a disparu…la Communauté pense l’avoir emporté sur le monde moderne. Mais le plaisir est de courte durée… à l’exception de leur campement, la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie. Ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va-t-il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ?

[CRITIQUE] Free Love, de Peter Sollett

Au-delà de son engagement politique, Free Love est surtout un drame bouleversant, qui malgré son traitement prévisible, respire l’amour et le courage. Porté par un casting formidable, le film de Peter Sollett s’émancipe du drame pour transposer un récit solaire dans un contexte à la fois douloureux et nécessaire. Un beau film pour une belle cause.

[CRITIQUE] Green Inferno, d’Eli Roth

Tourné depuis 2013, Green Inferno aura mis du temps à arriver en salles… pour finalement être disponible en e-cinéma (depuis le 16 octobre). Officiellement, Eli Roth propose un hommage au film culte Cannibal Holocaust (1981) de Ruggero Deodato, mais en réalité, le réalisateur balance un film pâlement gore, gratuit et grossier. Si Green Inferno pointe du doigt les vocations humanistes éphémères d’une génération boulottée par l’information instantanée, plus bruyante qu’efficace, le réalisateur se fourvoie dans une débauche absurde et grotesque d’hémoglobine peu ragoûtante, d’absurdités et de bidoches en plastique. Grosse plantade.

[COUP DE CŒUR] Pride : Excellent !

Colorée et lumineuse, Pride est le genre de comédie enlevée dont seuls les Britanniques ont le secret. Derrière un contexte social bouleversé par l’intolérance et une politique froide, le film de Matthew Warchus propose une galerie de personnages géniaux et touchants. Pride s’inspire de faits réels, pourtant dramatiques et douloureux, mais s’attache à dépeindre l’esprit positif et courageux de ses protagonistes. Excellent, vivant et réussi, Pride se hisse sans effort parmi les meilleurs feel-good movies anglais, tant le film donne le sourire et véhicule une bonne humeur communicative !