[CRITIQUE] Séduis-Moi Si Tu peux, de Jonathan Levine

Ils ont toutes les différences du monde et pourtant ils sont fait l’un pour l’autre : ceci est le point de départ d’une bonne partie des comédies romantiques depuis la création du concept. Séduis-Moi Si Tu Peux s’en empare à bras le corps en associant deux acteurs ayant chacun un style et un registre bien marqués, la super-glamour et néanmoins glaciale Charlize Theron et le très potache Seth Rogen, dans une comédie plutôt sympathique, assumée et surtout surprenante.

[COUP DE CŒUR] BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan, de Spike Lee

Surprenant, féroce mais surtout plein d’humour et d’une ironie percutante, l’excellent BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan signe le retour inattendu de Spike Lee dans le cinéma de genre, à la fois pertinent, piquant et engagé. Sans détour, le film relie les ambitions du Ku Klux Klan des années 70 à l’Amérique de Trump de nos jours, dans le récit d’une histoire vraie et incroyable. Porté par John David Washington (fils de) et Adam Driver, BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan égratine, pardon, balance un coup de pied revendicateur et brutal dans une fourmilière trop occupée à se regarder le nombril pour voir l’histoire se répéter. Tonitruant, provocateur, brillant. Bon retour parmi nous, Spike !

[CRITIQUE] 120 Battements Par Minute, de Robin Campillo

Brut et douloureusement vivant, le nouveau film de Robin Campillo frappe juste et fort. Là où d’autres auraient opté pour un enrobage sucré à l’américaine, 120 Battements Par Minute choisit et dénonce un sujet qui dérange, avec un recul pragmatique qui évite les facilités du mélodrame pour narrer une vérité qui tâche. Prônant la vie et l’amour comme éternel rempart face à la mort, Robin Campillo parvient à jongler des émotions fortes contrastée par une indifférence indignée, en narrant un combat toujours d’actualité et pourtant trop silencieux. 120 Battements par Minute ébranle et fait partie de ces films qui ne sont pas là pour être aimés, mais pour faire réagir. Pari réussi.

[COUP DE CŒUR] Déesses Indiennes En Colère, de Pan Nalim

Je ne m’y attendais pas et le film Déesses Indiennes en Colère m’a coupé le souffle. Pan Nalim offre un portrait de femmes puissant, émouvant et enragé à la fois, une peinture vivante d’une Inde aussi belle que révoltante, qui dénonce un de ses fléaux ignobles qui perdure depuis trop longtemps. Dans un récit bouleversant qui touche en plein cœur, Déesses Indiennes en Colère est un hommage à la femme en général, aux femmes Indiennes en particulier, faisant passer du rire aux larmes grâce à des personnages fantastiques et entiers. Pan Nalim remet les pieds sur Terre, rappelant un combat qui reste encore à mener partout dans le monde et venant coller une claque aux revendications pseudo-féministes et le plus souvent abstraites. Brillant. Engagé. Magnifique. Bravo !

[CRITIQUE] A Perfect Day – Un Jour Comme Un Autre, de Fernando León de Aranoa

Derrière une ambiance sympathique et un humour efficace, A Perfect Day observe le quotidien d’un groupe d’humanitaire avec une amertume palpable. À l’image de son casting atypique, Fernando León de Aranoa livre un film plutôt insaisissable, entre admiration et fatalisme, tout en dressant un portrait d’hommes et de femmes aux problèmes ordinaires dans un contexte particulier. Le film évoque avec brio un sujet rarement abordé au cinéma (ou trop souvent romancé), opposant la noirceur de la guerre à la vie, imperturbable, qui suit son cours malgré tout. Intéressant.

[CRITIQUE] Free Love, de Peter Sollett

Au-delà de son engagement politique, Free Love est surtout un drame bouleversant, qui malgré son traitement prévisible, respire l’amour et le courage. Porté par un casting formidable, le film de Peter Sollett s’émancipe du drame pour transposer un récit solaire dans un contexte à la fois douloureux et nécessaire. Un beau film pour une belle cause.