Comédie

[CRITIQUE] Rosalie Blum, de Julien Rappeneau

Mignon et sans prétention, Rosalie Blum est une histoire de rencontres et d'actes manqués, un chassé-croisé entre des personnages à la bonhomie attachante. Julien Rappeneau narre des tranches de vie aux apparences banales, livrant un film accessible et frais, qui donne le sourire et permet de passer un bon moment. Néanmoins, à cause d'un manque de piquant et d'un traitement sans risque, Rosalie Blum frôle de peu le téléfilm.

Drame

[CRITIQUE] Carol, de Todd Haynes

Encensé par la critique américaine et porté par deux actrices talentueuses, Carol semblait réunir tous les critères pour être un de ses films sensibles et envoûtants narrant l'histoire d'un couple homosexuel dans une époque conformiste. À l'arrivée, le film de Todd Haynes propose bien plus ce que cela, mais finit tout de même par décevoir tant il manque cruellement d'émotion. Taillé pour les Oscars, Carol mise tant sur les deux stars du film qu'il oublie finalement de parler d'amour ou d'exprimer une quelconque passion, faisant de l'ensemble un film longuet, beau et... comment dire... ennuyeux. Dommage.

Drame, Gangster

[CRITIQUE] Legend, de Brian Helgeland

Vous savez ce qu'on ressent lorsqu'on voit un de ses acteurs favoris se perdre dans un mauvais film ? De la profonde tristesse. Quand Tom Hardy tient un premier (double) rôle, sa performance est noyée dans un film plat et sans saveur. Le film de Brian Helgeland part dans tous les sens, le scénario est clairement mal écrit et la mise en scène pèche tout du long, si bien qu'on finit par se demander en quoi les frères Kray étaient des Legend au final. Dommage.

Comédie

Rattrapage 2015 : Le Tout Nouveau Testament, de Jaco Van Dormael

Le pitch : Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Comédie, Drame

[CRITIQUE] Asphalte, de Samuel Benchetrit

Particulier et étrange, Asphalte semble aussi dépouillé que les portraits qu'il présente. De ces tranches de vie décalées, Samuel Benchetrit cadre un quotidien brut et isolé, dans un décor qui emprisonne les émotions jusqu'à confondre le rêve et la réalité. Improbable, mais étrangement satisfaisant, Asphalte se distingue à travers ses duos surprenants auxquels on s'attache presque malgré eux.

Drame

[CRITIQUE] Every Thing Will Be Fine, de Wim Wenders

Fade et ennuyeux, le nouveau film de Win Wenders s'étire autour d'une tranche de vie interminable, teintée par un mélodrame apathique. Every Thing Will Be Fine est un exercice périlleux où le réalisateur tente de capter la dramaturgie d'un quotidien trop ordinaire et une vague corrélation sur la façon dont les actes commis par les personnages influent sur le cours de leur vie. Malheureusement, le film est ampoulé par une trame plutôt mince qui s'effiloche au fur et à mesure que le film cumule les bonds en avant, maltraitant son spectateur qui attend, en vain, le moment où Wim Wenders donnera enfin un sens à cet ensemble éteint.

Biopic, Drame

Rattrapage 2014 : Saint Laurent, de Bertrand Bonello

1967 - 1976. La rencontre de l'un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact.

Épouvante-horreur

Délivre-nous du mal : Et de l’ennui ?

Ambiance nocturne, bruits inquiétants et comportements étranges... Scott Derrickson semble avoir méthodiquement consulté l'Abécédaire de l'horreur tandis qu'il concoctait son dernier film. Gonflé par un casting solide, Délivre-Nous Du Mal propose une histoire alléchante où le frisson n'est jamais loin. Et pourtant, à cause d'un certain manque d'enjeu dramatique et d'ambition autour des personnages, le film surfe sur du vide, ne parvenant jamais à franchir la frontière de l'épouvante. Entre mysticisme et pragmatisme, Scott Derrickson tente de maintenir une tension oppressante tout au long du film en confrontant le normal au paranormal, avant de tout simplement pomper un de ces précédents films, L'Exorcisme d'Emily Rose, allant jusqu'à calquer la fameuse scène d'exorcisme, avec beaucoup moins de panache. Bref, malgré beaucoup d'efforts, le trouillomètre reste à plat.

Sci-fi

Transcendance : Transcendé par l’ennui

Plus fantasmé que fantastique, Transcendance était ambitieux à défaut de proposer quelque chose de nouveau. Si visuellement, le film de Wally Pfister est plutôt correct, sans être vraiment plaisant, le scénario peine à tenir la route. Long et mollasson, Transcendance se révèle assez plat et plutôt pénible, à travers une romance tiède, des incohérences grotesques et des ellipses temporelles douteuses. Si le nom de Johnny Depp continue d'attirer du monde en salles, ce film est à l'image de sa performance : fainéant.

Drame

Palo Alto : Déprimant et vide, malgré un potentiel bien présent

Troublant mais beaucoup trop lunaire, le premier film de Gia Coppola s'intéresse à la langueur adolescente et observe un quatuor indécis et paumé entre l'enfance et le monde adulte. Autour de ces destins croisés, Palo Alto se perd dans la contemplation passive, laissant filer ses bonnes idées à peine percevables gâchées par les nombreux effets de style inutiles qui viennent alourdir et étirer la trame jusqu'à l'ennui. Clairement inspirée par le cinéma de sa tante, Gia Coppola se perd dans l'evanescence trop vague et non aboutie de son film, pourtant agréable, mais vide de substance.

Drame, Thriller

Dans la maison : le voyeurisme selon Ozon

Deux ans après le joyeux Potiche, François Ozon nous revient avec un drame captivant adapté d’une pièce espagnole “Le garçon du dernier rang”. C’est l’histoire d’une rencontre étrange entre un professeur de français blasé et un élève à la plume sardonique et efficace qui, dans ses devoirs, dévoile une fascination plutôt malsaine envers la maison et la famille d’un de ses camarades de classe.