Juste, sensible et poignant, le second film de Mélanie Laurent est d'un réalisme fulgurant, tant il capte à merveille les aléas de l'adolescence, marqués par une quête d'identité et de reconnaissance qui peut transformer une expérience formatrice en une relation tout aussi destructrice. Intimiste et douloureux, Respire narre les désillusions d'une adolescente dont l'univers bascule alors qu'elle est aux prises avec une amitié toxique. Entre amour et haine, Mélanie Laurent image une relation troublante et criante de vérité, qui ne manquera pas d'interpeller certain(e)s d'entre nous. Brillant.
Étiquette : avis
Quand Vient La Nuit : Un thriller poisseux et tendu
Lent, maîtrisé et efficace, Quand Vient La Nuit explore les bas-fonds de Brooklyn dans un thriller poisseux et tendu. À travers une intrigue originale au ton faussement détaché, le film Michael R. Roskam fait planer une atmosphère inquiétante et froide autour d'un petit monde trouble sur le point de basculer. L'attente est palpable tandis que Quand Vient La Nuit joue (longtemps) au chat et à la souris, aussi bien avec nos nerfs qu'avec ses personnages pris à la gorge.
Interstellar : Une aventure unique à la complexité déroutante
L'un des films les plus attendus cette année, Interstellar a le don de diviser. À la fois brillant et intense, Christopher Nolan aborde un sujet complexe, mêlant physique quantique et survie de l'homme dans une fable très dense et captivante. Cependant, à force de se focaliser sur le message qu'il cherche à faire passer, le réalisateur a tendance à délaisser pas mal de détails qui le font passer à coté du chef d'œuvre annoncé. Entre des (tas de) questions sans réponse et une esthétique souvent approximative, Interstellar réussit à se rattraper grâce à une réflexion brillante et une bande-originale sublime. Et cette fois, en étant bien attentif, on comprend tout du début à la fin... mais saurez-vous tenir jusqu'au bout ?
Paradise Lost : Un piège haletant, malgré une mise en scène abrupte
Tendu, sombre et haletant, Paradise Lost nous plonge dans l'univers haletant de Pablo Escobar. Pour son premier film, Andrea Di Stefano choisit de s'inspirer du plus légendaires des trafiquants de drogue pour dessiner un drame palpitant, mêlant une romance maudite et une confrontation de tous les instants entre le bien et le mal. Si Paradise Lost parvient à aller jusqu'au bout de ses idées et s'offre une performance superbe de Benicio Del Toro, la mise en scène maladroite et peu maîtrisée d'Andrea Di Stefano rend l'entrée en matière difficile tandis que le montage abrupt du film dérange. Une réussite mitigée, donc...
Grizzly : Une aventure dépaysante et chaleureuse
Une année de la vie d'une famille de grizzlys en Alaska, et leur interaction avec la faune voisine : loups, saumons, orques... Dans des paysages grandioses, on découvre la vie trépidante de ces animaux emblématiques, pour répondre à la question suivante : Comment le grizzly peut-il être, dans notre inconscient collectif, à la fois un animal féroce et le symbole de l'animal rassurant pour tous les enfants du monde ?
Et (beaucoup) Plus Si Affinités : Une ode à la friendzone naïve mais mignonne
Mignonne, attendrissante et dans l'air du temps, Et (beaucoup) Plus Si Affinités est une comédie romantique à la naïveté touchante, idéale pour les éternels romantiques et surtout les plus timides. Michael Dowse explore la fameuse friendzone à travers une romance impossible qui se mue en amitié par défaut. Le ton est juste, les acteurs sont parfaits et la mise en scène pop, girly et coloré colle avec l'humour presque british du film. Un peu plus d'originalité n'aurait pas fait de mal, mais globalement, on en ressort conquis.
The November Man : De l’action old school, alliant classe et glamour
Film d'action à l'ancienne, The November Man offre une intrigue simple, certes, mais divertissante et musclée, portée par un duo charismatique. En s'entourant d'un ex-James Bond et d'une ex-James Bond Girl, le film de Roger Donaldson n'évite pas la comparaison, mais réussit à trouver sa propre identité à travers un film surprenant, glamour et palpitant. Seul bémol, les ficelles sont parfois trop grosses, du coup on devine souvent les rebondissements à l'avance, ce qui crée quelques longueurs.
Le Juge : Un face-à-face réussi, mais un peu long
Délaissant ses habituelles comédies hollywoodiennes, David Dobkin revient avec un face-à-face plein d'émotions entre Robert Duvall et Robert Downey Jr dont les performances remarquables insufflent un véritable intérêt à une histoire peu originale. Parfois trop long, Le Juge a tendance à tirer sur la corde du mélodrame mais réussit à transformer une relation père-fils houleuse en un duel bouleversant et sincère.
Samba : Un drame réaliste et éprouvant, mais plein d’espoir
Drôle et pourtant douloureux, le nouveau film d'Éric Toledano et Olivier Nakache surprend avec une histoire bouleversante et authentique. Grâce à un réalisme brut et glaçant, Samba réussit à trouver de la joie et de l'espoir dans un drame social souvent éprouvant, notamment grâce à un joli casting et une dose maîtrisée entre l'émotion sincère et le rire. Bravo.
Papa Was Not A Rolling Stone : Horripilant
Grossier, laid et irritant, Papa Was Not A Rolling Stone se rêvait portrait nature et optimiste d'une jeunesse défavorisée mais pleine d'espoir. Se justifiant derrière une éventuelle inspiration d'une éventuelle histoire vraie (la vie ultra intéressante de la réalisatrice, donc), le film de Sylvie Ohayon est une caricature complaisante et souvent insupportable d'un certain milieu stigmatisé tant le trait y est épaissi et vulgarisé au maximum. Faussement choquant, vraiment antipathique, Papa Was Not A Rolling Stone multiplie les clichés les plus faciles dans un ensemble artificiel et bricolé, fleurant souvent bon le déjà vu et la facilité la plus creuse. Rédhibitoire.
White Bird : Décevant, malgré un casting remarquable
Une adolescente en proie à ses hormones et une mère destructrice qui disparaît du jour au lendemain, le nouveau film de Gregg Araki semblait prometteur, à la fois bouleversant et sensuel. Si White Bird s'offre un casting en or, le film ne fait qu'effleurer la surface d'un sujet multiple qui aurait pu être bien mieux exploité. Au lieu de cela, si Shailene Woodley se lâche enfin sur grand écran, son personnage reste malheureusement très plat, face à une Eva Green géniale. White Bird passe largement à coté de son potentiel dramatique pour proposer une histoire tiède, attendue et pas vraiment intéressante. Dommage.
Elle L’adore : Sandrine Kiberlain au top dans une intrigue non maîtrisée
Légèrement pop et rafraîchissante, Elle L'Adore est une comédie policière originale dans laquelle on y retrouve une Sandrine Kiberlain franchement marrante en groupie maligne et prise au piège. Cependant, pour son premier film, Jeanne Herry ampoule un trame sympathique en ajoutant une intrigue secondaire qui n'apporte rien au film, pire, qui finit par être encombrante. Du coup, malgré un ensemble dynamique et acidulé, Elle L'Adore botte en touche à la dernière minute en bâclant la fin de façon étrange et frustrante. Dommage.
